Le lézard vert : un allié impressionnant mais totalement inoffensif

Avec son corps robuste, sa longue queue et sa couleur vert vif, le Lézard vert occidental peut surprendre lorsqu’il surgit d’une haie ou disparaît brusquement sous un tas de pierres.

Son apparence spectaculaire contribue encore aujourd’hui à quelques légendes. Certains le pensent agressif, dangereux ou même venimeux.

La réalité est beaucoup plus simple.

Le Lézard vert occidental, Lacerta bilineata, également appelé Lézard à deux raies, est un reptile sauvage qui cherche avant tout à fuir lorsqu’il rencontre un humain. La LPO le décrit comme un grand lézard robuste fréquentant les endroits chauds et ensoleillés tels que lisières, broussailles, prairies et bords de chemins.

Au jardin, sa présence est généralement une bonne nouvelle.

Il chasse de nombreux arthropodes et utilise volontiers les endroits où chaleur, refuges et végétation se trouvent à faible distance les uns des autres. Une haie dense peut servir de refuge, tandis qu’un muret ou une pierre exposée au soleil devient un poste de thermorégulation.

Mais accueillir un lézard vert ne consiste pas à le capturer pour l’installer chez soi.

L’espèce est protégée en France. La meilleure stratégie consiste donc à créer un habitat favorable et à laisser les animaux coloniser naturellement le jardin.

Sommaire

  1. Quel est exactement le « lézard vert » de nos jardins ?
  2. Comment reconnaître le Lézard vert occidental ?
  3. Pourquoi recherche-t-il autant le soleil ?
  4. Quels habitats préfère-t-il ?
  5. Que mange le Lézard vert ?
  6. Est-il vraiment utile au jardin ?
  7. Est-il dangereux pour l’être humain ?
  8. Comment se reproduit-il ?
  9. Où passe-t-il l’hiver ?
  10. Quel est son statut de protection ?
  11. Comment aménager un jardin favorable ?
  12. Pourquoi les murets et tas de pierres sont-ils si utiles ?
  13. Les principales menaces au jardin
  14. Idées reçues
  15. FAQ
  16. Conclusion

Quel est exactement le « lézard vert » de nos jardins ?

Le nom vernaculaire peut prêter à confusion.

L’espèce dont il est question ici est Lacerta bilineata, appelée officiellement Lézard à deux raies ou Lézard vert occidental dans l’arrêté français de protection.

Elle appartient à la famille des Lacertidés.

Le terme « lézard vert » est encore très couramment utilisé, notamment dans le langage quotidien et dans plusieurs publications naturalistes.

Il ne faut cependant pas le confondre avec d’autres reptiles verdâtres présents en Europe.

Pour un article destiné au public français, employer « Lézard vert occidental » ou « Lézard à deux raies » est donc plus précis.

Comment reconnaître le Lézard vert occidental ?

Chez les adultes, le vert peut être particulièrement intense.

La coloration varie toutefois selon le sexe, l’âge et la période de l’année.

Les mâles adultes peuvent présenter un vert très vif. Pendant la période reproductrice, leur gorge peut prendre une coloration bleu turquoise particulièrement remarquable.

Les femelles sont plus variables et peuvent présenter davantage de marques ou de lignes claires.

Les jeunes ne ressemblent pas forcément immédiatement aux adultes.

Il est donc préférable de ne pas identifier une espèce uniquement à partir de la couleur.

La LPO décrit Lacerta bilineata comme un lézard de grande taille au corps robuste et rappelle que la coloration et les motifs peuvent varier.

Un reptile impressionnant surtout parce qu’il est grand

Comparé au petit Lézard des murailles que l’on voit courir sur les façades, le Lézard vert occidental paraît massif.

Sa longue queue renforce encore cette impression.

Mais grande taille ne signifie pas comportement agressif.

Lorsqu’un individu est surpris, sa stratégie habituelle consiste à gagner rapidement un couvert végétal, un buisson, une haie, une cavité ou un tas de pierres.

Cette combinaison entre zone ouverte et refuge proche constitue justement l’un des éléments caractéristiques de son habitat.

Pourquoi le Lézard vert recherche-t-il le soleil ?

Comme les autres reptiles, le Lézard vert est ectotherme.

Il ne maintient pas une température corporelle élevée en produisant continuellement de la chaleur métabolique comme le font les mammifères ou les oiseaux.

Il utilise largement les conditions de son environnement.

Au matin ou après une période fraîche, on peut donc le voir exposé au soleil.

Lorsque sa température corporelle augmente suffisamment, son activité devient plus efficace.

Il peut alors :

  • se déplacer ;
  • chasser ;
  • défendre un territoire ;
  • rechercher un partenaire ;
  • digérer ses proies.

Cette dépendance thermique explique son attirance pour les interfaces entre soleil et végétation.

Un jardin comportant uniquement une immense pelouse nue offre peu de refuges.

Une haie extrêmement dense sans aucun emplacement ensoleillé n’est pas idéale non plus.

Ce que recherche le lézard est une mosaïque.

Quels habitats préfère-t-il ?

La LPO cite comme habitats caractéristiques les endroits chauds et ensoleillés, notamment :

  • bords de chemins ;
  • lisières ;
  • taillis ;
  • prairies ;
  • broussailles.

Les observations publiées par la Société Herpétologique de France montrent également sa présence dans des paysages bocagers.

Au jardin, on peut reproduire une partie de cette structure avec :

  • haies ;
  • bandes d’herbe haute ;
  • murets ;
  • pierres ;
  • tas de branches ;
  • massifs arbustifs ;
  • bordures ensoleillées.

L’important est de maintenir des transitions.

Un lézard peut ainsi prendre le soleil sur une pierre tout en restant à quelques mètres seulement d’une végétation dense où il pourra disparaître à la moindre alerte.

Pourquoi les haies sont-elles si importantes ?

Une haie vivante offre plusieurs fonctions simultanément.

Elle constitue un refuge.

Elle crée de l’ombre pendant les heures chaudes.

Elle abrite de nombreux invertébrés.

Elle permet également au lézard de circuler dans un environnement relativement protégé.

Les travaux de conservation dans les paysages bocagers soulignent justement l’importance du maintien et de la restauration des haies pour le Lézard vert occidental.

Une haie composée de plusieurs essences et accompagnée d’une bordure herbacée est généralement plus intéressante qu’une clôture complètement minérale.

Les murets sont-ils vraiment utiles ?

Oui, surtout lorsqu’ils comportent des cavités.

Un muret de pierres sèches peut offrir :

  • zones chaudes exposées au soleil ;
  • fissures fraîches ;
  • cachettes ;
  • sites protégés contre certains prédateurs.

Les pierres emmagasinent également une partie de la chaleur reçue pendant la journée.

La valeur du muret dépend cependant de sa construction.

Un mur parfaitement jointoyé avec presque aucune cavité offre moins de refuges qu’un ouvrage comportant naturellement différents interstices.

Cela ne signifie pas qu’il faut fragiliser un mur existant.

On peut simplement créer ailleurs un petit tas de pierres stable et sûr.

Que mange le Lézard vert ?

Le Lézard vert occidental est essentiellement prédateur de petits animaux.

Son régime repose largement sur les arthropodes.

Des sources naturalistes et herpétologiques décrivent une alimentation composée principalement d’insectes et d’autres invertébrés.

Il peut notamment rechercher :

  • coléoptères ;
  • orthoptères ;
  • chenilles ;
  • araignées ;
  • larves ;
  • autres petits invertébrés disponibles.

La composition varie évidemment avec l’habitat et la saison.

Le lézard ne choisit pas ses proies selon ce que le jardinier classe comme « nuisible » ou « utile ».

Il chasse simplement des animaux qu’il est capable de capturer.

Un allié, mais pas un exterminateur de ravageurs

Il peut consommer certains insectes qui s’attaquent aux cultures.

Cela lui donne un rôle intéressant dans les réseaux alimentaires du jardin.

Mais promettre qu’un Lézard vert fera disparaître les ravageurs serait exagéré.

Il consomme également des arthropodes parfaitement neutres du point de vue du jardinier.

Son intérêt repose surtout sur sa participation à une biodiversité fonctionnelle.

Un jardin qui possède reptiles, oiseaux insectivores, araignées, guêpes prédatrices et autres chasseurs naturels comporte plusieurs niveaux de prédation.

C’est beaucoup plus réaliste que de chercher un seul « animal miracle ».

Le Lézard vert mange-t-il les limaces ?

Il peut consommer différents invertébrés, mais il ne faut pas en faire un spécialiste des limaces.

Son régime est diversifié.

L’intérêt de sa présence est donc davantage écologique qu’utilitaire.

Si un jardin présente une forte pullulation de limaces, accueillir un lézard ne remplacera pas une gestion adaptée de l’humidité, des refuges et des cultures.

Est-il dangereux pour l’être humain ?

Non dans les conditions normales de cohabitation.

Le Lézard vert occidental n’est pas venimeux.

Il ne poursuit pas les humains et cherche normalement à fuir.

Son allure robuste et son intense coloration verte ont cependant nourri différentes légendes.

Le bon comportement consiste simplement à ne pas l’attraper.

Un animal saisi peut se défendre et tenter de mordre, comme beaucoup d’animaux sauvages.

La morsure potentielle n’a rien à voir avec une attaque volontaire d’un humain rencontré dans le jardin.

Laissez quelques mètres de distance et l’animal repartira généralement de lui-même.

Pourquoi ne faut-il surtout pas l’attraper ?

Il y a deux raisons.

La première est biologique.

Manipuler un animal sauvage lui impose un stress inutile et peut provoquer une blessure.

La seconde est réglementaire.

Le Lézard vert occidental figure à l’article 2 de l’arrêté français du 8 janvier 2021. Sa capture, son enlèvement, sa destruction et certaines perturbations intentionnelles sont interdits.

Il ne faut donc jamais capturer un Lézard vert rencontré dans la nature pour le déplacer vers son jardin.

Comment se reproduit-il ?

Avec le retour des conditions favorables au printemps, l’activité augmente.

La période de reproduction est particulièrement visible chez les mâles.

La LPO signale notamment des combats entre mâles au printemps pour l’accès aux femelles.

C’est aussi durant cette période que certaines colorations deviennent particulièrement intenses.

Après l’accouplement, la femelle pond dans un emplacement adapté.

Comme chez de nombreux reptiles terrestres, la réussite dépend notamment de conditions thermiques et d’un substrat approprié.

Pour un jardinier, il n’est pas nécessaire de rechercher ou de manipuler les pontes.

Le meilleur moyen d’aider l’espèce consiste à préserver les habitats.

Où passe-t-il l’hiver ?

Lorsque les températures diminuent fortement, l’activité du Lézard vert ralentit puis cesse pendant une partie de l’hiver.

Il recherche alors des refuges suffisamment protégés.

Des cavités dans le sol, des terriers, des interstices entre des pierres ou d’autres abris peuvent jouer ce rôle.

C’est une raison supplémentaire pour ne pas retourner brutalement chaque tas de pierres ou souche pendant la mauvaise saison.

Un jardin favorable aux reptiles conserve des refuges permanents.

Quel est son statut de protection en France ?

Le statut est très clair.

Lacerta bilineata figure parmi les reptiles listés à l’article 2 de l’arrêté du 8 janvier 2021 relatif aux amphibiens et reptiles protégés.

Sont notamment interdits :

  • destruction ou enlèvement des œufs ;
  • destruction, mutilation, capture ou enlèvement des animaux ;
  • perturbation intentionnelle lorsqu’elle compromet le bon accomplissement du cycle biologique.

Le texte protège aussi les sites de reproduction et aires de repos dans les parties du territoire où l’espèce est présente et dans les conditions précises prévues par l’arrêté.

La règle pratique pour un jardinier est donc simple :

observez, protégez l’habitat, ne capturez pas.

Comment accueillir le Lézard vert au jardin ?

Vous ne pouvez pas garantir son arrivée.

Si l’espèce n’existe pas dans le paysage environnant ou si votre jardin est totalement isolé, créer un tas de pierres ne fera pas apparaître magiquement un individu.

En revanche, dans les secteurs où il est présent, plusieurs aménagements augmentent la qualité de l’habitat.

1. Conserver une haie dense

Une haie doit pouvoir servir de refuge.

Évitez de la tailler continuellement en une paroi extrêmement fine et sans végétation à sa base.

Conservez si possible :

  • feuilles mortes ;
  • quelques herbes ;
  • branches basses ;
  • végétation diversifiée.

Une gestion favorisant le bocage et les haies est reconnue comme favorable au Lézard vert occidental.

2. Créer un tas de pierres stable

Choisissez une zone calme et partiellement ensoleillée.

Utilisez des pierres de tailles différentes.

Laissez volontairement quelques interstices.

Le tas doit cependant rester stable : un refuge écologique ne doit pas devenir un danger pour les enfants ou les personnes circulant dans le jardin.

Une partie exposée au soleil et une autre plus végétalisée créent des microclimats différents.

3. Conserver un muret en pierres sèches

Si vous en possédez déjà un, évitez de combler systématiquement chaque petite fissure lorsqu’il ne présente aucun problème structurel.

Ces cavités peuvent être utilisées par de nombreux animaux.

Les murs et amas de pierres offrent aussi un gradient thermique particulièrement intéressant pour les reptiles.

4. Laisser quelques zones d’herbe haute

Une tonte intégrale et très fréquente réduit les possibilités de refuge et la diversité des insectes.

Vous pouvez conserver :

  • bordure de haie non tondue ;
  • petite prairie ;
  • zone naturelle dans un coin du jardin.

L’OFB recommande plus largement une gestion des jardins favorisant les plantes locales et la biodiversité plutôt qu’une artificialisation excessive.

5. Garder aussi des endroits ensoleillés

Un jardin entièrement fermé par une végétation très dense peut manquer de sites permettant au lézard de se réchauffer.

Conservez quelques secteurs ouverts.

Une pierre plate ou un bord de muret bien exposé peut devenir un poste de thermorégulation.

L’habitat idéal associe donc refuge et soleil.

6. Réduire les pesticides

Le Lézard vert dépend largement d’arthropodes.

Un jardin où les insectes sont systématiquement éliminés offre moins de ressources.

Les politiques de conservation du bocage associant haies et réduction des produits phytosanitaires sont considérées comme favorables à l’espèce.

Réduire les traitements aide également de nombreux oiseaux et autres insectivores.

7. Éviter les pièges involontaires

Certains objets peuvent devenir dangereux :

  • seaux profonds laissés ouverts ;
  • regards sans sortie ;
  • réservoirs à parois lisses ;
  • filets traînant au sol.

Inspectez régulièrement ces installations.

Une petite branche ou une rampe rugueuse peut permettre à différents animaux de sortir d’un récipient dont les parois seraient autrement infranchissables.

8. Protéger les refuges pendant les travaux

Avant de déplacer un vieux tas de pierres ou d’arracher une haie, vérifiez la présence éventuelle de faune.

Ne démontez pas brutalement un refuge occupé.

La protection réglementaire de l’espèce inclut aussi, dans les conditions prévues par le droit français, ses sites de reproduction et aires de repos.

Le chat domestique peut-il poser problème ?

Comme de nombreux petits vertébrés, les lézards peuvent être capturés par des chats.

Il est difficile de supprimer totalement ce risque dans un jardin habité.

On peut cependant améliorer les chances du reptile en maintenant de nombreux refuges où il peut rapidement disparaître :

  • végétation dense ;
  • cavités ;
  • pierres ;
  • branches ;
  • haies.

Une grande surface totalement dégagée laisse davantage l’animal exposé.

Les erreurs à éviter

Transformer tout le jardin en pelouse rase

Le Lézard vert a besoin de refuges à proximité des secteurs chauds.

Solution : conserver haies, bordures et végétation structurée.

Capturer un individu pour le déplacer

C’est mauvais pour l’animal et interdit par la réglementation.

Solution : laissez-le se déplacer naturellement.

Utiliser des insecticides tout en voulant attirer des insectivores

Vous réduisez leurs ressources alimentaires.

Solution : adopter une gestion plus écologique.

Démonter chaque tas de pierres

Vous supprimez des refuges thermiques et physiques.

Solution : maintenir quelques structures permanentes et sûres.

Croire qu’il va attaquer les enfants

Le Lézard vert cherche à fuir l’être humain.

Solution : apprendre à l’observer sans le saisir.

Le confondre avec un animal venimeux

Le Lézard vert occidental n’est pas un reptile venimeux.

Solution : le laisser tranquille et profiter de l’observation.

Idées reçues sur le Lézard vert

« Il est dangereux parce qu’il est grand »

Faux.

La taille ne détermine pas le danger pour l’être humain.

Sa première stratégie consiste à fuir.

« Il est venimeux »

Faux.

Le Lézard vert occidental n’est pas venimeux.

« Il mord spontanément les humains »

Non.

Un animal peut se défendre s’il est capturé, mais ce comportement n’a rien à voir avec une attaque volontaire dans le jardin.

« On peut le prendre pour le montrer aux enfants »

Non.

L’observation à distance est préférable et la capture est interdite.

« Il vit uniquement dans les murs »

Faux.

Il utilise une grande diversité d’habitats ensoleillés comprenant broussailles, prairies, lisières et bords de chemins.

« Il suffit d’un tas de pierres pour en avoir »

Faux.

La qualité du paysage entier compte : végétation, refuges, nourriture, connectivité et présence de l’espèce dans les environs.

« Il ne mange que des ravageurs »

Faux.

Il consomme différents arthropodes en fonction de leur disponibilité.

FAQ sur le Lézard vert au jardin

Le Lézard vert est-il dangereux ?

Non dans une situation normale. Il cherche généralement à fuir. Il ne faut simplement pas le saisir ou l’acculer.

Est-il venimeux ?

Non. Lacerta bilineata n’est pas un lézard venimeux.

Que mange-t-il ?

Son régime est largement constitué d’arthropodes, notamment différents insectes et araignées selon les ressources disponibles.

Où aime-t-il vivre ?

Il fréquente les secteurs chauds et ensoleillés associés à des refuges : lisières, broussailles, prairies, bords de chemins, haies et paysages bocagers.

Comment attirer un Lézard vert au jardin ?

Préservez une mosaïque de haies, végétation haute, zones ensoleillées, murets ou tas de pierres, tout en réduisant les pesticides. L’animal doit ensuite arriver naturellement.

Peut-on déplacer un Lézard vert trouvé ailleurs ?

Non. Le Lézard vert occidental est protégé et sa capture ou son enlèvement sont interdits hors régimes dérogatoires prévus par la réglementation.

Conclusion

Le lézard vert jardin peut sembler impressionnant lorsqu’il apparaît brusquement entre les herbes.

Son corps robuste, sa longue queue et la coloration spectaculaire des adultes lui donnent une allure très différente des petits lézards gris observés sur les murs.

Pourtant, il ne représente pas une menace pour les personnes.

Le Lézard vert occidental cherche surtout à fuir et à retrouver rapidement la végétation ou une cavité lorsqu’il se sent menacé.

Son véritable intérêt se trouve dans son écologie.

C’est un prédateur de nombreux arthropodes et un élément naturel des réseaux alimentaires.

Pour vivre dans un jardin, il lui faut surtout une mosaïque d’habitats.

Une zone exposée au soleil lui permet de se réchauffer.

Une haie lui offre une fuite immédiate.

Un muret ou un tas de pierres apporte des cavités.

Une bande d’herbe haute protège ses déplacements.

Et une abondance suffisante d’invertébrés lui fournit de la nourriture.

Cette combinaison ressemble beaucoup aux habitats ensoleillés, broussailleux et bocagers auxquels l’espèce est naturellement associée.

Le meilleur jardin pour le Lézard vert n’est donc ni un espace totalement sauvage ni une surface parfaitement nettoyée.

C’est un jardin structuré.

On y trouve des zones ouvertes et chaudes, mais toujours proches d’un couvert végétal.

Des pierres restent en place.

Les haies sont conservées.

Les pesticides sont limités.

Et quelques secteurs ne sont pas tondus continuellement.

Il faut enfin respecter un principe fondamental : ne jamais déplacer les animaux pour peupler artificiellement un terrain.

En France, Lacerta bilineata bénéficie d’une protection réglementaire qui interdit notamment sa capture et son enlèvement et protège également certains habitats essentiels dans les conditions fixées par l’arrêté.

Si un Lézard vert choisit spontanément votre jardin, le meilleur geste consiste donc à ne presque rien faire avec l’animal lui-même.

Laissez-le prendre le soleil.

Laissez-lui une voie de fuite.

Et concentrez vos efforts sur l’habitat qui lui permet de rester.

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