À la fin de l’été, le lézard vert, plus précisément le Lézard à deux raies (Lacerta bilineata), entre progressivement dans une phase très différente de l’effervescence printanière. Les accouplements sont terminés, les premières éclosions peuvent avoir lieu et l’approche des températures automnales réduit peu à peu les possibilités d’activité.
Comme les autres reptiles, il dépend des conditions extérieures pour atteindre une température corporelle compatible avec son activité. La fin de saison n’est donc pas déterminée par une date fixe : météo, région, exposition et âge des individus peuvent modifier sensiblement le calendrier.
Pour le jardinier, cette période demande surtout une chose : préserver les refuges au sol dans lesquels le lézard peut disparaître pendant la mauvaise saison.
Sommaire
- Quel est réellement le « lézard vert » de France ?
- Que fait-il à la fin de l’été ?
- Pourquoi le soleil reste-t-il essentiel ?
- Les jeunes apparaissent en fin de saison
- Quand commence l’hivernage ?
- Où passe-t-il l’hiver ?
- Comment préserver ses refuges au jardin ?
- FAQ
- Conclusion
Quel est réellement le « lézard vert » de nos jardins ?
Avant de parler d’hivernage, une précision taxonomique est nécessaire.
Le grand lézard vert observé dans une large partie de la France est aujourd’hui appelé Lézard à deux raies, ou Lacerta bilineata. La Société herpétologique de France utilise bien ce nom dans son Atlas des reptiles et amphibiens de France.
Il s’agit d’un grand lacertidé diurne, agile et excellent grimpeur. Il apprécie particulièrement les habitats chauds combinant des secteurs ensoleillés et une végétation suffisamment structurée pour fournir rapidement un refuge.
On peut notamment le rencontrer dans les lisières, haies, fourrés, pelouses sèches, vergers et bordures de vignobles. Les ronciers, tas de pierres, branches mortes et autres abris disponibles jouent également un rôle important dans son habitat.
Cette combinaison est fondamentale : le lézard a besoin à la fois de soleil et de cachettes.
Que fait le lézard vert à la fin de l’été ?
Le printemps représente la période la plus spectaculaire.
Après la sortie d’hivernage, l’activité augmente et la reproduction occupe une place importante. Les mâles adultes peuvent alors présenter une gorge bleue particulièrement visible.
En fin d’été, cette phase est largement derrière eux.
L’activité se poursuit néanmoins tant que les conditions thermiques le permettent. Une étude menée notamment sur une population française de Lacerta bilineata a enregistré des observations entre avril et octobre, ce qui montre qu’il serait incorrect de fixer une date unique à laquelle tous les individus disparaissent.
C’est l’un des points essentiels pour comprendre cette période : l’entrée en hivernage est progressive et variable.
Une activité de plus en plus dépendante de la météo
Un reptile ne produit pas sa chaleur corporelle de la même manière qu’un mammifère ou un oiseau.
Pour devenir actif, le Lézard à deux raies exploite donc son environnement thermique.
Une surface chauffée par le soleil peut lui permettre d’augmenter rapidement sa température corporelle. À l’inverse, lorsque les journées deviennent froides, humides ou peu ensoleillées, les possibilités de thermorégulation diminuent.
Cette dépendance explique pourquoi deux journées d’automne peuvent produire des situations complètement différentes.
Après une période fraîche, une belle journée ensoleillée peut encore permettre une observation alors que l’animal semblait avoir disparu.
Pourquoi le soleil reste-t-il essentiel avant l’hiver ?
Le mot « lézarder » décrit parfaitement une partie du comportement des reptiles.
Mais il ne faut pas imaginer un animal recherchant systématiquement la température la plus élevée possible.
Les méthodes d’inventaire utilisées pour les reptiles montrent même que des températures trop fortes au niveau du sol peuvent réduire leur visibilité : lorsque le substrat devient très chaud, les animaux gagnent des secteurs protégés plutôt que de rester exposés.
En été, le Lézard à deux raies peut donc exploiter le soleil le matin ou en fin de journée et rechercher un abri pendant les périodes excessivement chaudes.
À mesure que l’automne approche, l’équilibre change.
Les périodes favorables à l’exposition deviennent progressivement moins nombreuses. Un emplacement combinant une zone rapidement réchauffée par le soleil et un refuge immédiatement accessible devient particulièrement intéressant.
C’est précisément ce que fournissent une lisière, un vieux mur, un tas de pierres stable ou une haie bien structurée.
La fin de l’été correspond aussi à l’apparition des jeunes
Cette partie du cycle annuel est facile à oublier.
Alors que certains adultes deviennent progressivement moins visibles, de très jeunes lézards peuvent apparaître.
Les données naturalistes régionales indiquent que les pontes du Lézard à deux raies ont lieu au printemps et au début de l’été et que les éclosions peuvent commencer dès le mois d’août.
Un minuscule lézard aperçu à cette période ne doit donc pas être automatiquement identifié comme une petite espèce différente.
Pourquoi les jeunes sont particulièrement discrets
Les juvéniles sont évidemment beaucoup plus petits que les adultes.
Ils exploitent les microhabitats et la végétation basse tout en devant éviter de nombreux prédateurs.
La fin d’été devient ainsi une période où la prudence du jardinier prend tout son sens.
Déplacer brutalement un tas de pierres, faucher très ras une bordure ou nettoyer complètement une zone de végétation peut modifier des refuges utilisés par des reptiles sans que leur présence soit immédiatement visible.
Il ne s’agit pas d’interdire tout entretien du jardin, mais d’éviter le grand nettoyage uniforme.

Quand le lézard vert commence-t-il son hivernage ?
Il n’existe pas de réponse valable au jour près.
Les calendriers publiés varient selon les régions et les conditions locales. Un atlas régional français indique par exemple un début d’hivernage vers novembre, avec une reprise en fin d’hiver, tandis que des observations scientifiques montrent que l’espèce peut encore être détectée en octobre dans certaines populations.
Cette variabilité est normale.
La température, l’altitude, l’exposition du site et les conditions météorologiques de l’année influencent la durée de la saison active.
C’est pourquoi il vaut mieux écrire que le lézard entre progressivement en hivernage lorsque les conditions automnales ne permettent plus une activité régulière, plutôt que d’annoncer une date fixe.
Hibernation ou hivernage ?
Dans le langage naturaliste consacré aux reptiles, le terme hivernage est souvent utilisé.
L’activité métabolique est fortement réduite et l’animal demeure protégé dans un refuge pendant les périodes défavorables.
Il ne faut cependant pas transposer exactement au lézard le modèle d’hibernation d’un mammifère comme la marmotte. Les mécanismes physiologiques ne sont pas identiques.
Où le lézard vert passe-t-il l’hiver ?
Le choix du refuge est essentiel.
Les descriptions naturalistes mentionnent notamment des trous de rongeurs, cachettes rocheuses et accumulations végétales parmi les refuges pouvant être utilisés pendant l’hiver.
Dans son habitat, les tas de pierres, branches, bois mort, ronciers et autres structures offrant des cavités constituent également des éléments importants pour se cacher.
Le refuge doit avant tout protéger l’animal des conditions extérieures.
C’est pourquoi un jardin excessivement « propre » peut paradoxalement devenir moins favorable aux reptiles.
Une bordure de pierres, quelques zones de végétation dense et certains refuges laissés tranquilles offrent davantage de possibilités qu’une parcelle uniformément tondue et débarrassée de toute matière végétale.
Que faire au jardin avant son hivernage ?
La mesure la plus utile consiste à ne pas détruire tous les refuges simultanément.
Si un tas de pierres ancien est stable et ne présente aucun problème de sécurité, évitez de le démonter inutilement.
Conservez également certaines zones végétalisées, particulièrement lorsqu’elles se trouvent près d’une haie, d’une lisière ou d’un mur exposé au soleil.
Le bois mort placé dans un secteur adapté peut compléter cette mosaïque d’habitats.
La végétation dense possède également son importance. Les données naturalistes consacrées à l’espèce citent les buissons, ronciers, haies et fourrés parmi les éléments caractéristiques de ses habitats.
Attention aux travaux de fin de saison
La fin d’été est justement une période où beaucoup de jardiniers commencent à « remettre le jardin en ordre ».
Débroussaillage, tonte, déplacement des pierres et nettoyage des bordures peuvent alors se cumuler.
Or, les sources naturalistes signalent le fauchage et la tonte parmi les causes possibles de mortalité des lézards dans les espaces proches des activités humaines.
Une approche plus favorable consiste à intervenir progressivement et à conserver des zones refuges permanentes.
Le jardin reste entretenu, mais il ne devient pas totalement uniforme.
FAQ
Le lézard vert reste-t-il actif tout l’automne ?
Pas nécessairement. Son activité diminue avec la dégradation des conditions thermiques. Selon la région et la météo, des individus peuvent néanmoins être observés relativement tard dans la saison.
Où se cache-t-il pendant l’hiver ?
Il utilise des refuges protégés, par exemple des cavités du sol, cachettes entre les pierres ou autres abris appropriés. Des observations naturalistes mentionnent notamment trous de rongeurs, caches rocheuses et amas végétaux.
Les jeunes lézards apparaissent-ils à la fin de l’été ?
Oui. Chez le Lézard à deux raies, les premières éclosions peuvent commencer dès août selon les conditions.
Faut-il nourrir un lézard avant l’hiver ?
Non. Un lézard sauvage doit rechercher naturellement sa nourriture. Le Lézard à deux raies consomme principalement divers invertébrés, notamment insectes et araignées.
Peut-on déplacer un lézard vers un meilleur refuge ?
Il vaut mieux éviter de manipuler ou déplacer inutilement un animal sauvage. La stratégie la plus utile consiste à préserver les habitats et refuges qu’il peut choisir lui-même.
Un lézard immobile au soleil est-il malade ?
Pas nécessairement. L’exposition au soleil fait partie de la thermorégulation normale des reptiles. Observez à distance et évitez de le manipuler.
Le lézard vert français porte-t-il un autre nom ?
Oui. Le nom actuellement utilisé par la Société herpétologique de France est Lézard à deux raies, Lacerta bilineata.
Conclusion
La fin de l’été n’est pas simplement le moment où le lézard vert disparaît avant l’hiver. C’est une transition progressive entre sa saison active et plusieurs mois passés dans un refuge.
Chez le Lézard à deux raies, les adultes deviennent progressivement moins visibles tandis que les jeunes issus des pontes de la saison peuvent commencer à apparaître dès août. L’activité dépend ensuite fortement de la météo : quelques périodes ensoleillées peuvent encore permettre au reptile de se thermoréguler avant que les conditions automnales ne conduisent à l’hivernage.
Pour le jardinier, aucune intervention complexe n’est nécessaire. Le geste le plus utile consiste souvent à préserver ce qui existe déjà : haies, fourrés, pierres, branches, végétation et autres refuges protégés.
Cette mosaïque lui fournit à la fois des zones d’exposition, des terrains de chasse et des cachettes. Et lorsque le lézard disparaît finalement à l’approche de l’hiver, mieux vaut laisser ces refuges tranquilles jusqu’à son retour aux beaux jours.