Campagnol roussâtre : comment fonctionne son réseau de galeries souterraines

Sous les feuilles mortes d’un sous-bois, tout un réseau de passages peut rester invisible depuis la surface. Le campagnol roussâtre galeries est un bon exemple de cette vie discrète : ce petit rongeur forestier aménage des terriers peu profonds, utilise des passages sous la litière et dispose ainsi d’un véritable réseau protégé pour circuler, se reposer et conserver de la nourriture.

Pourtant, le campagnol roussâtre (Myodes glareolus, également classé Clethrionomys glareolus dans certaines publications) n’est pas un animal exclusivement souterrain. Il évolue constamment entre galeries, litière forestière et végétation, et peut même grimper. Son mode de vie repose donc sur une utilisation très efficace de plusieurs étages du sous-bois.

Table des Matières

  1. Qui est le campagnol roussâtre ?
  2. Campagnol roussâtre galeries : à quoi ressemble son réseau ?
  3. Pourquoi ses galeries restent-elles proches de la surface ?
  4. Un réseau caché sous la litière
  5. À quoi servent les chambres du terrier ?
  6. Des réserves alimentaires sous terre
  7. Une protection contre les prédateurs
  8. Comment vit-il en hiver ?
  9. Sort-il souvent de ses galeries ?
  10. Que mange le campagnol roussâtre ?
  11. Un animal important pour la forêt
  12. Comment reconnaître sa présence ?
  13. Questions fréquentes
  14. Conclusion

Qui est le campagnol roussâtre ?

Le campagnol roussâtre est un petit rongeur largement répandu en Europe. Il fréquente principalement les forêts, les boisements, les haies, les lisières et les secteurs possédant une végétation suffisamment dense pour lui fournir un couvert.

Son pelage dorsal brun à brun-roux explique son nom français. Sa queue relativement développée, ses oreilles visibles et ses yeux assez grands permettent également de le distinguer de plusieurs autres campagnols européens.

Il affectionne particulièrement les environnements où le sol est recouvert de feuilles mortes, de mousses, de racines, de branches et de végétation basse. Ce désordre végétal lui offre précisément ce dont il a besoin pour se déplacer discrètement.

Contrairement à l’image classique du campagnol vivant uniquement sous terre, il utilise donc aussi énormément la surface.

Campagnol roussâtre galeries : à quoi ressemble son réseau ?

Le système campagnol roussâtre galeries est généralement constitué de terriers relativement superficiels et ramifiés.

Une synthèse scientifique publiée dans Frontiers in Zoology décrit de longs terriers comportant plusieurs ramifications et de nombreuses sorties. Certains passages se prolongent directement sous la couche de feuilles mortes qui recouvre le sol forestier.

Cette organisation produit une transition presque continue entre véritable tunnel souterrain et passage simplement dissimulé sous la végétation.

Le campagnol peut ainsi sortir d’une galerie, parcourir quelques mètres sous les feuilles, rejoindre une souche ou des racines, puis disparaître à nouveau.

Il ne faut donc pas imaginer une construction géométrique identique chez tous les individus. La structure disponible dans le milieu influence fortement les possibilités de circulation.

Racines, pierres, souches et épaisseur de la litière participent naturellement à la création de ces voies protégées.

Une synthèse détaillée consacrée à la biologie de l’espèce est disponible dans la revue scientifique Frontiers in Zoology :
https://doi.org/10.1186/s12983-025-00578-y

campagnol roussâtre galeries souterraines sous la litière forestière

Pourquoi ses galeries restent-elles proches de la surface ?

Creuser profondément coûte de l’énergie.

Or une grande partie de la nourriture recherchée par le campagnol roussâtre se trouve à proximité immédiate de la surface : graines, fruits, baies, parties vertes des plantes, champignons ou jeunes tissus végétaux.

Un système superficiel permet donc d’accéder rapidement aux ressources.

La couche de feuilles mortes joue également un rôle essentiel. Elle forme déjà une couverture naturelle sous laquelle le petit rongeur peut circuler sans nécessairement creuser un véritable tunnel à chaque déplacement.

Les racines fournissent d’autres structures utilisables.

Dans une berge, sous une souche ou autour d’un réseau racinaire, les cavités existantes peuvent être intégrées au système de déplacement.

Le campagnol roussâtre galeries exploite ainsi la structure du sol autant qu’il la transforme.

Un réseau caché sous la litière

La frontière entre galerie et chemin de surface devient parfois difficile à distinguer.

Sous une épaisse couverture végétale, le campagnol peut aménager des voies de circulation presque invisibles. Ces passages relient les endroits où il se nourrit aux zones de repos et aux entrées du terrier.

Cette particularité correspond parfaitement à son habitat forestier.

Dans un sous-bois intact, la surface n’est jamais réellement nue. Feuilles, herbes, mousses, ronces, branches et racines produisent une multitude de micro-abris.

Le campagnol peut exploiter cette architecture naturelle.

Cela lui permet de réduire le temps passé à découvert, situation particulièrement importante pour un petit mammifère recherché par de nombreux prédateurs.

À quoi servent les chambres du terrier ?

Un terrier n’est pas uniquement un ensemble de couloirs.

Certaines parties élargies servent de zones de repos ou accueillent le nid. Celui-ci peut être garni de matières végétales sèches qui assurent une meilleure isolation.

Le nid n’est toutefois pas obligatoirement profondément enterré.

Selon les conditions locales, il peut se trouver très près de la surface et certaines structures peuvent même être installées au-dessus du sol dans un emplacement suffisamment protégé.

D’autres zones peuvent servir au stockage.

Cette organisation permet au rongeur de disposer d’un refuge relativement proche de ses ressources alimentaires sans devoir parcourir constamment de longues distances à découvert.

Les femelles utilisent également des espaces protégés pour mettre bas et élever leurs jeunes.

Le réseau possède donc plusieurs fonctions simultanées : circulation, protection, repos, reproduction et stockage.

Des réserves alimentaires sous terre

L’une des fonctions les plus intéressantes du campagnol roussâtre galeries apparaît à l’approche de la mauvaise saison.

Le campagnol roussâtre peut transporter et stocker de la nourriture. Les réserves sont particulièrement utiles lorsque les ressources deviennent plus difficiles à trouver.

Graines et autres aliments énergétiques peuvent ainsi être conservés dans des zones protégées.

Cette stratégie ne signifie pas que l’animal passe ensuite tout l’hiver enfermé dans son terrier. Elle lui permet plutôt de disposer d’une ressource complémentaire lorsqu’une recherche en surface devient plus coûteuse.

Le stockage réduit également certains déplacements.

Une nourriture déjà transportée jusqu’au refuge peut être consommée dans un environnement où l’exposition aux prédateurs est beaucoup plus faible.

Une protection contre les prédateurs

Pour comprendre l’intérêt des galeries, il faut regarder ce qui se passe au-dessus.

Le campagnol roussâtre constitue une proie pour de nombreux carnivores et rapaces. Belettes, hermines, renards et plusieurs oiseaux prédateurs peuvent l’intégrer à leur régime alimentaire.

Rester sous une couverture végétale réduit donc son exposition.

Animal Diversity Web indique notamment que les campagnols roussâtres limitent en partie la prédation en restant protégés dans des tunnels souterrains ou des voies de circulation dissimulées dans la végétation.

Mais ces refuges ne garantissent évidemment pas une sécurité totale.

Certains prédateurs sont eux-mêmes adaptés à la poursuite des rongeurs dans les passages étroits. La belette, par exemple, possède un corps suffisamment fin pour explorer certains réseaux utilisés par ses proies.

Le terrier représente donc une protection importante, mais pas une forteresse inaccessible.

Pour mieux comprendre cette relation prédateur-proie, découvrez également sur jardinruse.com notre article consacré à la technique de chasse de la belette, l’un des petits carnivores capables de poursuivre les rongeurs jusque dans leurs refuges.

Comment vit-il en hiver ?

Le campagnol roussâtre n’hiberne pas.

Il reste actif pendant la saison froide, même lorsque la végétation disponible et les conditions météorologiques changent considérablement.

Les réserves souterraines prennent alors davantage d’intérêt.

L’utilisation des campagnol roussâtre galeries permet aussi de circuler sous une couche protectrice de végétation et, lorsque les conditions s’y prêtent, sous la neige.

La neige peut d’ailleurs créer un environnement particulier au niveau du sol.

L’espace situé entre le sol et la couverture neigeuse offre à de nombreux petits mammifères une certaine protection contre le froid extérieur et contre plusieurs prédateurs aériens.

Le campagnol continue cependant à rechercher de la nourriture.

En hiver, son alimentation peut davantage inclure certaines écorces et autres parties végétales disponibles lorsque les ressources estivales ont disparu.

Sort-il souvent de ses galeries ?

Oui, et c’est une précision essentielle.

Qualifier le campagnol roussâtre d’animal « souterrain » ne signifie pas qu’il passe toute son existence sous terre. Il peut être actif aussi bien de jour que de nuit, avec des rythmes variables selon la saison et les conditions locales.

La synthèse publiée dans Frontiers in Zoology signale notamment une activité diurne et nocturne avec un pic généralement crépusculaire, tandis que l’activité peut devenir davantage nocturne en été.

Le campagnol se déplace donc régulièrement en surface.

Il cherche de la nourriture, explore son territoire et se reproduit tout en utilisant la couverture végétale disponible.

Il possède même une aptitude parfois surprenante pour un campagnol : il sait grimper.

Cette capacité lui permet d’exploiter des ressources situées au-dessus du niveau du sol. Son monde ne se limite donc absolument pas aux tunnels.

Que mange le campagnol roussâtre ?

Son alimentation varie selon les saisons et les ressources disponibles.

Les parties vertes des plantes, graines, fruits, baies et écorces peuvent représenter des composantes importantes de son régime. Les champignons peuvent également jouer un rôle notable dans certaines régions.

Le régime n’est cependant pas exclusivement végétal.

Des insectes, vers et autres petits invertébrés peuvent être consommés occasionnellement. Une synthèse récente décrit ainsi le campagnol roussâtre comme essentiellement herbivore, mais capable d’enrichir son alimentation avec des ressources animales.

Cette flexibilité est importante.

Un petit mammifère actif toute l’année doit pouvoir exploiter ce que chaque saison lui offre.

Au printemps et en été, végétation et invertébrés deviennent abondants. En automne, graines, fruits et baies représentent d’autres ressources, tandis que l’hiver impose une alimentation adaptée à ce qui reste disponible.

Un animal important pour la forêt

Un réseau de campagnol roussâtre galeries ne représente qu’une petite partie du fonctionnement complexe d’un sol forestier.

L’animal consomme des végétaux, transporte des aliments et sert lui-même de nourriture à de nombreuses espèces. Il participe ainsi aux réseaux trophiques du sous-bois.

Ses populations peuvent connaître d’importantes variations.

Les effectifs augmentent généralement pendant la période de reproduction et peuvent culminer vers la fin de l’été ou le début de l’automne. Des fluctuations sur plusieurs années sont également observées dans certaines populations.

Lorsque les campagnols deviennent très nombreux, leur consommation d’écorces ou de jeunes plants peut localement devenir importante.

Mais il serait trompeur de réduire l’espèce à un « nuisible ».

Dans un écosystème forestier, elle représente aussi une ressource alimentaire essentielle pour plusieurs prédateurs et participe au transfert de matière et d’énergie entre végétaux et carnivores.

Comment reconnaître sa présence ?

Observer directement un campagnol roussâtre n’est pas toujours facile.

Ses voies de circulation peuvent cependant devenir visibles lorsque la végétation est déplacée. De petits passages sous les feuilles ou entre les herbes peuvent révéler l’activité d’un micromammifère.

Des ouvertures de terriers peuvent également apparaître près des racines, sous une végétation dense ou dans des talus.

Ces indices doivent néanmoins être interprétés avec prudence.

Plusieurs petits rongeurs créent des passages similaires et une entrée de galerie ne suffit généralement pas à identifier avec certitude l’espèce responsable.

Le contexte écologique apporte alors des informations supplémentaires.

Une forêt ou une haie riche en végétation basse correspond davantage aux préférences du campagnol roussâtre qu’une grande prairie ouverte, habitat davantage associé à d’autres espèces de campagnols.

Un monde situé entre deux niveaux

La caractéristique la plus intéressante du campagnol roussâtre est finalement qu’il ne choisit pas réellement entre la surface et le sous-sol.

Il exploite les deux.

Son terrier fournit des refuges, des passages et des zones de stockage. La litière prolonge ces voies sans nécessiter de creusement profond, tandis que la végétation de surface fournit une grande partie de la nourriture.

Même les branches basses peuvent être utilisées lorsqu’il grimpe.

Le campagnol roussâtre galeries doit donc être compris comme un système intégré au sous-bois plutôt que comme un terrier isolé.

Le paysage vu par cet animal est très différent du nôtre.

Une racine devient un toit, une couche de feuilles forme un tunnel, une souche fournit un refuge et quelques mètres de végétation dense peuvent constituer un corridor relativement sûr.

Questions fréquentes

Le campagnol roussâtre vit-il toujours sous terre ?

Non. Il utilise beaucoup les galeries et les passages protégés, mais recherche également sa nourriture à la surface et peut grimper dans la végétation.

Il serait donc plus juste de parler d’un mode de vie semi-souterrain.

Les galeries du campagnol roussâtre sont-elles profondes ?

Elles sont généralement décrites comme relativement superficielles.

L’animal utilise aussi des tunnels immédiatement sous la litière, ce qui lui permet de circuler sans devoir construire partout des galeries profondes.

Pourquoi possède-t-il plusieurs sorties ?

Un réseau ramifié comportant plusieurs ouvertures facilite les déplacements entre différentes zones du territoire.

Cette configuration peut également multiplier les possibilités de fuite lorsqu’un danger apparaît.

Le campagnol roussâtre hiberne-t-il ?

Non.

Il reste actif pendant l’hiver et peut utiliser des réserves de nourriture conservées sous terre pour compléter les ressources qu’il continue à rechercher dans son environnement.

Que stocke-t-il dans son terrier ?

Il peut mettre en réserve certains aliments, notamment des ressources végétales énergétiques disponibles au cours de l’année.

Ce comportement est particulièrement utile avant et pendant les périodes où la nourriture devient moins accessible.

Une belette peut-elle entrer dans ses galeries ?

Certaines galeries de petits rongeurs peuvent être explorées par des prédateurs au corps particulièrement étroit comme les belettes.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le refuge souterrain réduit le risque de prédation sans le supprimer complètement.

Conclusion

Sous la végétation d’une forêt se cache un paysage miniature que nous remarquons rarement. Le campagnol roussâtre galeries y aménage et utilise un ensemble de terriers superficiels, de passages sous les feuilles, de refuges et de zones de stockage qui lui permettent de circuler avec davantage de discrétion.

Ces structures le protègent partiellement des prédateurs, accueillent ses zones de repos et lui permettent de conserver certaines ressources alimentaires. Elles jouent également un rôle important pendant l’hiver puisque l’espèce reste active toute l’année et n’hiberne pas.

Mais le campagnol roussâtre n’est pas prisonnier de son terrier. Il explore la surface, se nourrit dans le sous-bois et peut même grimper pour atteindre certaines ressources.

Son véritable domaine se situe donc à la frontière entre deux mondes : quelques centimètres sous nos pieds et juste au-dessus du sol, dans cette couche de feuilles, de racines et de végétation où un petit rongeur peut parcourir une grande partie de sa vie presque sans être vu.

2 suggestions de liens internes :

  1. Article sur la technique de chasse de la belette — ancre : technique de chasse de la belette
  2. Article sur la technique de chasse de l’hermine — ancre : comment l’hermine chasse ses proies

3 sources externes dofollow :

  1. Frontiers in Zoology — Beyond the laboratory: the bank vole (Clethrionomys glareolus) as a novel model organism in biological research
    https://doi.org/10.1186/s12983-025-00578-y
  2. Animal Diversity Web — Myodes glareolus
    https://animaldiversity.org/accounts/Myodes_glareolus/
  3. FEMS Microbiology Ecology — Seasonal shifts and land-use impact: unveiling the gut microbiomes of bank voles (Myodes glareolus) and common voles
    https://doi.org/10.1093/femsec/fiae159