Lierre en automne : pourquoi cette plante est si précieuse pour la biodiversité

Souvent accusé d’étouffer les arbres, le lierre mérite une réputation bien différente. Le lierre floraison automne pollinisateurs forme une association particulièrement importante lorsque les autres ressources florales deviennent rares : ses fleurs tardives nourrissent de nombreux insectes, puis ses fruits offrent une ressource aux oiseaux pendant la mauvaise saison.

Le lierre commun (Hedera helix) n’est par ailleurs pas un parasite au sens botanique. Ses racines-crampons lui permettent de s’accrocher à un support, mais elles ne prélèvent pas la sève de l’arbre. Sur un arbre sain et suffisamment robuste, sa présence peut même multiplier les microhabitats disponibles.

Table des Matières

  1. Le lierre n’est pas un parasite
  2. Comment grimpe-t-il sans voler la sève de l’arbre ?
  3. Une floraison inhabituelle en automne
  4. Pourquoi ses fleurs sont importantes pour les pollinisateurs
  5. Quels insectes visitent le lierre ?
  6. Des baies disponibles pendant la mauvaise saison
  7. Quels oiseaux profitent des fruits ?
  8. Un feuillage persistant qui sert de refuge
  9. Le lierre peut-il malgré tout poser problème à un arbre ?
  10. Faut-il couper le lierre sur les troncs ?
  11. Le rôle du lierre dans les haies et les jardins
  12. Comment conserver le lierre sans le laisser tout envahir
  13. Une plante complète pour la biodiversité

Le lierre n’est pas un parasite des arbres sains

Voir un tronc entièrement recouvert de lierre donne facilement l’impression que la plante est en train de « boire » la sève de l’arbre. Cette idée est pourtant trompeuse.

Le lierre commun possède son propre système racinaire dans le sol. C’est grâce à ces racines qu’il absorbe l’eau et les éléments minéraux nécessaires à son développement.

Les petites structures qui apparaissent sur ses tiges grimpantes ont une autre fonction. Ces racines adventives ou crampons servent principalement à fixer la plante sur l’écorce, un mur ou un autre support.

Le lierre utilise donc l’arbre comme support pour atteindre la lumière, mais il ne fonctionne pas comme le gui, qui est un hémiparasite capable de prélever eau et sels minéraux dans les tissus conducteurs de son hôte.

Cette distinction est essentielle pour comprendre le rôle du lierre floraison automne pollinisateurs dans un jardin naturel.

Comment le lierre grimpe-t-il sur un arbre ?

Le lierre commence souvent sa vie au niveau du sol, où ses jeunes tiges progressent dans les zones ombragées.

Lorsqu’elles rencontrent un support adapté, elles peuvent grimper grâce à leurs nombreuses petites racines d’accrochage. L’écorce rugueuse d’un arbre constitue évidemment une excellente surface.

Cette ascension permet au lierre d’accéder progressivement à davantage de lumière.

Un phénomène intéressant apparaît alors : les rameaux adultes exposés à une lumière suffisante changent d’aspect. Les feuilles deviennent généralement moins lobées et c’est sur ces parties adultes que se développent les fleurs puis les fruits.

Un vieux lierre grimpant peut donc offrir des ressources écologiques qu’un jeune tapis rampant ne fournit pas encore.

Lierre floraison automne pollinisateurs : une combinaison exceptionnelle

La plupart des plantes de nos jardins concentrent leur floraison au printemps ou en été.

Le lierre adopte une stratégie très différente. Il fleurit généralement à la fin de l’été et en automne, avec des variations selon le climat, l’exposition et la région.

Ses petites fleurs verdâtres réunies en ombelles peuvent sembler modestes. Pourtant, elles arrivent précisément au moment où de nombreuses floraisons estivales commencent à disparaître.

C’est ce calendrier qui rend le lierre floraison automne pollinisateurs particulièrement intéressant.

Le nectar et le pollen restent indispensables aux insectes encore actifs. Lorsque les autres fleurs deviennent moins nombreuses, un grand lierre mature couvert d’inflorescences peut devenir un véritable point de rassemblement.

Le Royal Horticultural Society souligne d’ailleurs l’intérêt du lierre pour la faune, notamment grâce à ses fleurs riches en nectar et à ses fruits consommés par les oiseaux.

Une floraison tardive qui tombe au bon moment

L’intérêt écologique d’une plante ne dépend pas uniquement de la quantité de nectar qu’elle produit.

Le moment auquel cette ressource devient disponible compte tout autant.

Imaginez un jardin extrêmement fleuri en mai mais presque dépourvu de fleurs en septembre et octobre. Pour les insectes actifs tard dans la saison, l’abondance printanière ne résout pas le manque de nourriture automnal.

Le lierre contribue précisément à combler cette période.

Ses nombreuses petites fleurs forment des plateformes accessibles à différents visiteurs. Lors d’une journée automnale douce et ensoleillée, une façade ou un arbre couvert de lierre en fleurs peut présenter une activité étonnante.

lierre floraison automne pollinisateurs avec abeilles et syrphes sur les fleurs

Quels pollinisateurs visitent les fleurs de lierre ?

Les fleurs du lierre ne sont pas réservées à une seule catégorie d’insectes.

On peut notamment y observer des abeilles, des bourdons, différentes mouches, des syrphes, des guêpes et certains papillons. La composition exacte des visiteurs dépend évidemment du lieu et de la période.

Parmi eux figure une abeille particulièrement associée au lierre : la collète du lierre (Colletes hederae). Décrite scientifiquement relativement récemment, cette abeille solitaire est fréquemment observée lorsque le lierre fleurit.

Les syrphes constituent également des visiteurs intéressants. Ces mouches, parfois confondues avec des guêpes à cause de leurs couleurs, participent elles aussi à la pollinisation.

Cette diversité montre pourquoi l’association lierre floraison automne pollinisateurs mérite d’être prise en compte lorsqu’on souhaite maintenir des ressources florales sur une longue période.

Nectar, pollen et activité automnale

Une fleur peut offrir deux ressources principales aux insectes : le nectar et le pollen.

Le nectar constitue une source énergétique riche en sucres. Le pollen apporte notamment des protéines et d’autres nutriments essentiels à de nombreux insectes.

Chez les abeilles sociales, les besoins de la colonie continuent tant que l’activité extérieure reste possible. Les abeilles solitaires possèdent des cycles différents, mais certaines espèces actives tardivement dépendent également des ressources disponibles en automne.

Les mouches floricoles, dont de nombreux syrphes, exploitent elles aussi les fleurs.

C’est pourquoi supprimer systématiquement le lierre mature au moment où il atteint son stade florifère peut supprimer une ressource alimentaire importante.

Après les fleurs arrivent les baies

L’intérêt du lierre ne s’arrête pas lorsque les derniers insectes disparaissent.

Après pollinisation, les fleurs donnent progressivement naissance à des fruits sphériques qui mûrissent plus tard. Ces baies prennent généralement une coloration sombre, bleu-noir à maturité.

Le décalage saisonnier est une nouvelle fois important.

Alors que de nombreux fruits sauvages ont déjà été consommés ou sont tombés, ceux du lierre peuvent rester disponibles pendant une partie de l’hiver et jusqu’au début du printemps selon les conditions.

Le lierre floraison automne pollinisateurs devient ainsi successivement une ressource pour les insectes puis pour les oiseaux.

Attention toutefois : les baies de lierre ne sont pas destinées à la consommation humaine. Elles doivent être considérées comme toxiques pour l’être humain.

Les oiseaux profitent des fruits en hiver

Plusieurs oiseaux peuvent consommer les fruits du lierre.

Les merles et différentes grives figurent parmi les visiteurs susceptibles de s’y nourrir. D’autres espèces frugivores peuvent également exploiter cette ressource selon les régions.

Cette nourriture devient particulièrement intéressante pendant les périodes où les invertébrés sont moins accessibles et où les autres fruits sauvages se raréfient.

En consommant les baies, les oiseaux participent aussi à la dispersion des graines.

Le lierre s’insère donc dans une relation écologique qui dépasse largement le seul arbre sur lequel il grimpe : insectes pollinisateurs, oiseaux frugivores et autres organismes profitent successivement de la même plante.

Un feuillage persistant qui forme un abri

Les fleurs et les fruits sont les aspects les plus visibles de son intérêt écologique, mais le feuillage joue également un rôle important.

Le lierre reste vert toute l’année. Lorsqu’il forme une masse dense contre un tronc, une haie ou un mur, il crée un environnement protégé du vent et relativement stable.

De petits animaux peuvent y trouver refuge.

Les oiseaux peuvent utiliser les masses épaisses de végétation pour se dissimuler et certaines espèces peuvent y installer leur nid. De nombreux invertébrés trouvent également des abris entre les feuilles, les tiges et l’écorce.

Un vieux lierre constitue ainsi une structure tridimensionnelle complexe.

Pour un jardinier souhaitant favoriser la vie sauvage, cette complexité est généralement beaucoup plus intéressante qu’une surface entièrement nue.

Le lierre peut-il malgré tout gêner un arbre ?

Dire que le lierre n’est pas un parasite ne signifie pas qu’il ne puisse jamais poser de problème.

Sur un arbre sain, mature et vigoureux, la présence de lierre n’implique pas automatiquement que celui-ci soit en danger. Le lierre ne perce pas le tronc pour en aspirer la sève.

La situation doit cependant être évaluée différemment lorsqu’un arbre est jeune, affaibli, endommagé ou déjà dépérissant.

Une masse importante de lierre augmente la prise au vent et ajoute du poids. Elle peut aussi compliquer l’inspection visuelle du tronc et des grosses branches, ce qui devient particulièrement important lorsqu’un arbre se trouve près d’une maison, d’une route ou d’un passage fréquenté.

La compétition pour la lumière peut également devenir pertinente lorsque le lierre atteint fortement la couronne d’un arbre relativement petit.

La bonne approche consiste donc à examiner la situation réelle plutôt qu’à appliquer la règle simpliste « lierre = arbre étouffé ».

Pourquoi voit-on souvent du lierre sur des arbres mourants ?

Cette observation alimente probablement une partie de sa mauvaise réputation.

Lorsqu’un arbre décline, sa couronne devient parfois moins dense. Davantage de lumière atteint alors le lierre qui grimpe sur son tronc, ce qui peut favoriser son développement.

Visuellement, le résultat est spectaculaire : l’arbre semble disparaître derrière une masse de lierre.

On peut alors facilement inverser la relation de cause à effet et conclure que le lierre a tué l’arbre. Pourtant, l’arbre pouvait déjà être affaibli par son âge, une maladie, des dommages racinaires, la sécheresse ou d’autres facteurs.

La présence abondante de lierre ne constitue donc pas, à elle seule, la preuve qu’il est responsable du dépérissement.

Faut-il couper le lierre qui grimpe sur les arbres ?

Pas systématiquement.

Sur un arbre robuste situé dans un environnement où sa présence ne pose pas de problème de sécurité, conserver une partie du lierre peut être très bénéfique à la biodiversité.

Avant toute intervention, il est utile d’observer son stade de développement. Un lierre mature portant fleurs et fruits possède une valeur écologique particulièrement élevée.

Une taille peut toutefois devenir justifiée dans certaines situations : jeune arbre dominé par une végétation trop vigoureuse, besoin d’inspection du tronc, problème structurel ou développement incompatible avec la gestion du lieu.

Dans ce cas, mieux vaut raisonner l’intervention plutôt que d’arracher automatiquement tout le lierre présent dans le jardin.

Le lierre dans une haie : un véritable petit écosystème

Une haie diversifiée constitue déjà un habitat remarquable. Lorsque du lierre mature s’y développe, elle peut offrir encore davantage de ressources.

Ses fleurs prolongent la période d’alimentation des insectes tandis que ses fruits complètent les ressources hivernales des oiseaux.

Son feuillage persistant ajoute parallèlement des zones de couverture lorsque les arbustes caducs ont perdu leurs feuilles.

Le lierre floraison automne pollinisateurs s’intègre ainsi parfaitement dans une approche du jardin où les plantes sont choisies non seulement pour leur apparence, mais aussi pour les fonctions qu’elles remplissent au cours des saisons.

Vous pouvez prolonger cette démarche avec les autres conseils consacrés à la biodiversité et aux animaux du jardin sur Jardin Ruse.

Comment gérer le lierre sans le laisser tout envahir ?

Préserver le lierre ne signifie pas nécessairement le laisser pousser partout.

Sur un mur, une clôture ou près d’une toiture, une taille régulière peut permettre de maîtriser son extension. Il faut notamment éviter qu’il ne gagne des éléments du bâtiment où son développement deviendrait gênant.

Dans une haie, on peut conserver les parties adultes et florifères tout en limitant les pousses qui avancent vers les chemins ou les végétaux plus fragiles.

Au sol, il peut aussi former un couvre-sol dense dans les secteurs ombragés.

L’objectif est donc de trouver un équilibre : contrôler son développement lorsque cela est nécessaire sans éliminer systématiquement une plante qui fournit nourriture et refuge à de nombreuses espèces.

Une plante utile presque toute l’année

Peu de plantes sauvages réunissent autant de fonctions sur une période aussi longue.

Son feuillage persistant fournit un couvert permanent. Sa floraison tardive apporte nectar et pollen lorsque de nombreuses autres plantes ont terminé leur cycle.

Quelques mois plus tard, ses baies deviennent disponibles pour différents oiseaux.

Le lierre floraison automne pollinisateurs illustre ainsi parfaitement l’importance de réfléchir au jardin à l’échelle de l’année entière. Une plante peu spectaculaire au printemps peut devenir essentielle lorsque les ressources se raréfient en automne ou en hiver.

Et contrairement à une idée encore très répandue, le lierre n’a pas besoin de parasiter l’arbre pour grimper. Il possède ses propres racines nourricières et utilise principalement le tronc comme support.

Avant de couper un vieux lierre simplement parce qu’il grimpe sur un arbre sain, il vaut donc la peine d’observer ce qui s’y passe. Des dizaines d’insectes autour des fleurs en automne, des oiseaux dans le feuillage et des baies consommées en hiver révèlent une plante bien plus utile que sa réputation ne le laisse penser.

2 suggestions de liens internes :

  1. Un article Jardin Ruse consacré aux syrphes et à leur rôle de pollinisateurs et d’auxiliaires, particulièrement pertinent pour relier les visiteurs des fleurs de lierre aux insectes utiles du jardin.
  2. Un article consacré aux oiseaux du jardin en automne et en hiver, afin de développer le rôle des baies et des végétaux indigènes comme sources naturelles de nourriture.

3 sources externes dofollow :

  1. Royal Horticultural Society — Ivy
    https://www.rhs.org.uk/plants/ivy
    Source horticole et botanique de référence sur le lierre, son développement, ses rapports avec les arbres et sa valeur pour la faune.
  2. Woodland Trust — Ivy (Hedera helix)
    https://www.woodlandtrust.org.uk/trees-woods-and-wildlife/plants/wild-flowers/ivy/
    Source naturaliste détaillant notamment l’intérêt du lierre comme ressource tardive pour les insectes et comme nourriture et refuge pour la faune.
  3. Wildlife Trusts — Ivy
    https://www.wildlifetrusts.org/wildlife-explorer/wildflowers/ivy
    Ressource naturaliste consacrée à Hedera helix et à ses relations avec les pollinisateurs, les oiseaux et les autres animaux.