Sous un pot, une pierre ou quelques feuilles humides, il est fréquent de découvrir un petit animal gris au corps segmenté qui s’empresse de chercher un nouvel abri. Le cloporte crustacé terrestre est souvent pris pour un insecte, alors qu’il appartient aux crustacés et plus précisément aux isopodes terrestres. Cette origine explique notamment son étroite dépendance à l’humidité.
Au jardin, le cloporte est avant tout un détritivore. Il consomme principalement des végétaux morts et déjà décomposés, participe à la fragmentation de la litière et trouve naturellement sa place dans les tas de compost, sous le bois mort et dans les couches de feuilles. Quelques dégâts sur des tissus végétaux très tendres sont possibles, mais ils restent généralement secondaires.
Table des matières
- Le cloporte est-il un insecte ?
- Pourquoi est-il classé parmi les crustacés ?
- Comment reconnaître un cloporte ?
- Pourquoi possède-t-il autant de pattes ?
- Pourquoi recherche-t-il l’humidité ?
- Où se cache-t-il pendant la journée ?
- Que mange un cloporte ?
- Quel est son rôle dans la litière ?
- Pourquoi trouve-t-on des cloportes dans le compost ?
- Accélèrent-ils réellement la décomposition ?
- Tous les cloportes peuvent-ils se mettre en boule ?
- Pourquoi certains se roulent-ils ?
- Les cloportes mangent-ils les plantes vivantes ?
- Peuvent-ils endommager les semis ?
- Faut-il les éliminer du potager ?
- Que faire lorsqu’ils deviennent très nombreux ?
- Comment cohabiter avec eux ?
- Pourquoi conserver du bois mort et des feuilles ?
- Peuvent-ils vivre dans une maison ?
- Quelle est leur place dans un jardin vivant ?
Le cloporte est-il un insecte ?
Non. Malgré sa petite taille et sa présence parmi les autres invertébrés du jardin, le cloporte n’est pas un insecte.
Les cloportes appartiennent au sous-ordre des Oniscidea, dans l’ordre des Isopoda. Ils font partie des crustacés, un vaste groupe qui comprend également de nombreuses espèces aquatiques.
Cette classification explique plusieurs particularités anatomiques.
Le corps est fortement segmenté et les cloportes possèdent sept paires de pattes locomotrices chez les adultes, alors que les insectes n’en possèdent que trois paires.
Ils disposent également de deux paires d’antennes, même si l’une est beaucoup moins évidente que l’autre.
Cloporte crustacé terrestre : un crustacé qui a conquis la terre
Le cloporte crustacé terrestre représente un cas remarquable d’adaptation d’un groupe essentiellement aquatique à la vie sur terre.
Les isopodes terrestres ont développé différentes adaptations physiologiques et comportementales leur permettant de vivre loin d’une étendue d’eau permanente.
Ils restent néanmoins beaucoup plus dépendants de l’humidité que de nombreux insectes.
Leurs structures respiratoires se trouvent sur la face ventrale de l’abdomen et doivent conserver des conditions d’humidité suffisantes pour fonctionner correctement.
Cette contrainte explique une grande partie de leur comportement.
Un cloporte exposé en plein soleil sur un sol sec cherche rapidement un refuge plus favorable.
Comment reconnaître un cloporte ?
La silhouette est généralement ovale et aplatie.
Le dos est recouvert de plaques rigides articulées qui donnent au corps son apparence caractéristique.
La coloration dépend de l’espèce.
Beaucoup de cloportes communs sont gris, brunâtres ou presque noirs, mais certaines espèces présentent des motifs ou des teintes plus variées.
Les espèces fréquemment rencontrées dans les jardins européens appartiennent notamment à des genres comme Oniscus, Porcellio ou Armadillidium.
Il ne faut donc pas considérer « le cloporte » comme une espèce unique.
Le terme regroupe de nombreuses espèces d’isopodes terrestres dont les comportements et les exigences peuvent légèrement différer.

Pourquoi les cloportes recherchent-ils l’humidité ?
La dépendance à l’humidité constitue l’une des caractéristiques fondamentales de leur écologie.
Les cloportes perdent de l’eau relativement facilement et leurs organes respiratoires imposent également des contraintes particulières.
Ils recherchent donc des microhabitats frais et humides.
Une pierre, une planche, une souche, un pot posé directement sur la terre ou une couche épaisse de feuilles offrent des conditions beaucoup plus stables que la surface nue du sol.
Ce comportement explique pourquoi on les découvre souvent regroupés lorsqu’on soulève un objet.
Il ne s’agit pas nécessairement d’une infestation : plusieurs individus ont simplement sélectionné le même microhabitat favorable.
Pourquoi sortent-ils surtout la nuit ?
L’activité nocturne permet de réduire les risques de dessiccation.
Après le coucher du soleil, la température diminue généralement tandis que l’humidité relative augmente.
Les cloportes peuvent alors quitter leurs refuges pour rechercher de la nourriture.
Pendant les périodes humides ou après une pluie, ils peuvent également devenir actifs dans d’autres conditions.
Leur activité dépend donc fortement du microclimat.
Cette sensibilité à l’humidité explique aussi pourquoi certaines espèces tolèrent mieux les milieux secs que d’autres.
Que mange un cloporte ?
Le régime alimentaire repose principalement sur de la matière organique morte ou en cours de décomposition.
Feuilles mortes, fragments végétaux ramollis, bois très dégradé et autres résidus peuvent être consommés.
Les cloportes exploitent également les microorganismes associés à cette matière.
Champignons et bactéries participent à la transformation des végétaux morts et peuvent augmenter leur valeur alimentaire pour les détritivores.
Une synthèse scientifique consacrée à l’alimentation des isopodes terrestres souligne d’ailleurs leur préférence générale pour la litière déjà décomposée plutôt que pour les feuilles fraîchement tombées.
Cette alimentation explique leur importance écologique.
Cloporte crustacé terrestre : un acteur de la litière
Le cloporte crustacé terrestre participe à la transformation des feuilles qui s’accumulent au sol.
Il ne réalise pas seul toute la décomposition.
Son rôle consiste notamment à consommer et fragmenter la matière végétale.
Une grande feuille morte peut ainsi être transformée en fragments et en matières fécales présentant des caractéristiques différentes du matériau initial.
Cette fragmentation augmente les interactions entre la matière organique et les microorganismes.
Bactéries et champignons poursuivent ensuite une grande partie du travail de transformation.
Les cloportes participent donc à un système collectif comprenant de nombreux organismes du sol.
Un partenaire des microorganismes
Le fonctionnement de la litière ne repose jamais sur une seule espèce.
Champignons, bactéries, vers de terre, diplopodes, collemboles et différents autres invertébrés interviennent simultanément.
Les isopodes terrestres occupent leur propre place dans cette communauté.
Des études ont montré que le passage de la matière végétale dans leur système digestif modifie ses caractéristiques et ses relations avec les microorganismes.
Il serait cependant excessif d’affirmer que les cloportes « fabriquent » directement l’humus à eux seuls.
Ils contribuent plutôt à une chaîne complexe de fragmentation, digestion et transformation biologique.
Pourquoi trouve-t-on tant de cloportes dans le compost ?
Un compost bien alimenté rassemble presque tout ce qu’un cloporte recherche.
Il contient de la matière végétale morte, une importante activité microbienne et des zones relativement humides.
Les cloportes y trouvent à la fois nourriture et refuges.
La Royal Horticultural Society considère ainsi les cloportes comme des animaux largement bénéfiques dans les jardins et souligne leur rôle dans la décomposition des matières végétales, notamment dans les tas de compost.
Leur présence n’indique donc pas que le compost est malade.
Dans la plupart des cas, elle montre simplement qu’un habitat favorable aux détritivores s’est formé.
Les cloportes sont-ils indispensables au compost ?
Non, mais ils peuvent participer efficacement au processus.
Un compost fonctionne grâce à une communauté extrêmement diversifiée d’organismes.
Les microorganismes réalisent une grande partie des transformations chimiques.
Les invertébrés comme les cloportes interviennent notamment en consommant et en fragmentant certains matériaux.
Ils ne sont donc ni des parasites du compost ni son unique moteur.
Leur présence fait simplement partie du fonctionnement biologique normal d’un tas de matières organiques accessible depuis le sol.
Tous les cloportes se roulent-ils en boule ?
Non, et cette confusion est très fréquente.
Certaines espèces, notamment parmi les Armadillidiidae, possèdent la capacité de replier complètement leur corps jusqu’à former une boule compacte.
Ce comportement est appelé conglobation.
Armadillidium vulgare, souvent rencontré dans les jardins, en est un exemple classique.
D’autres cloportes, comme plusieurs espèces des genres Porcellio ou Oniscus, ne peuvent pas réaliser une fermeture complète.
Lorsqu’ils sont dérangés, ils peuvent plutôt s’immobiliser, se plaquer contre le support ou tenter de s’enfuir.
Pourquoi se mettre en boule ?
La conglobation possède plusieurs fonctions possibles.
Elle protège notamment les parties ventrales plus vulnérables lorsque l’animal est menacé.
Cette position peut également contribuer à limiter la perte d’eau.
Chez Armadillidium vulgare, des recherches expérimentales ont montré que la mise en boule peut jouer un rôle dans la conservation de l’eau.
Il serait cependant incorrect d’étendre cette stratégie à tous les cloportes.
La diversité des isopodes terrestres comprend des formes et des adaptations très différentes.
Les cloportes mangent-ils les plantes vivantes ?
Oui, cela peut arriver, mais ce n’est généralement pas leur alimentation principale dans un jardin.
Les cloportes préfèrent largement les matières végétales humides et en décomposition.
Ils peuvent néanmoins grignoter des tissus vivants particulièrement tendres.
Les jeunes plantules sont plus vulnérables que les plantes adultes bien établies.
Des fruits reposant sur un sol humide et déjà abîmés peuvent également être fréquentés par les cloportes.
Dans ce cas, leur présence ne signifie pas nécessairement qu’ils sont responsables du dommage initial.
Attention aux fausses accusations
Un cloporte découvert dans une fraise abîmée n’a pas nécessairement percé le fruit.
Une limace, une blessure mécanique ou le début d’une pourriture peut avoir créé une ouverture avant son arrivée.
Le cloporte exploite alors une matière devenue plus tendre.
Le même phénomène se produit avec certaines feuilles.
La RHS souligne que les cloportes sont parfois associés à des dommages ayant en réalité commencé pour une autre raison.
Observer le type de lésion et rechercher d’autres organismes permet donc d’éviter une conclusion trop rapide.
Cloporte crustacé terrestre : quels dégâts sur les plantules ?
Dans certaines conditions, un cloporte crustacé terrestre peut effectivement grignoter de jeunes pousses.
Le risque augmente lorsque de nombreux individus sont concentrés autour de tissus très tendres et qu’une grande quantité de matière organique humide se trouve immédiatement à proximité.
Ces dégâts restent généralement limités par rapport à ceux causés par certains ravageurs spécialisés.
Avant d’intervenir, vérifiez donc que les cloportes sont réellement responsables.
Les limaces, escargots, chenilles et autres organismes peuvent produire des dégâts superficiellement similaires.
Une observation nocturne permet parfois d’identifier le véritable consommateur.
Faut-il éliminer les cloportes du potager ?
Dans la plupart des situations, non.
Une population de cloportes dans un jardin constitue un élément normal de la biodiversité du sol.
Ils contribuent au recyclage de la matière morte et servent également de nourriture à différents prédateurs.
Si quelques plantules sont attaquées, il est préférable de protéger localement les cultures sensibles plutôt que de chercher à supprimer tous les cloportes.
Éloignez éventuellement les accumulations très humides de végétaux en décomposition de la zone de semis.
Vous pouvez aussi surélever certains pots ou améliorer l’aération autour des jeunes plants.
Que faire lorsqu’ils deviennent très nombreux ?
Une forte concentration de cloportes indique généralement que les conditions leur sont particulièrement favorables.
Cherchez donc d’abord la raison de cette abondance.
Une accumulation permanente de matière végétale humide, des planches posées au sol ou un arrosage excessif peuvent multiplier les refuges.
Dans le potager, déplacer certains de ces refuges loin des jeunes cultures peut suffire.
Il n’est généralement pas nécessaire d’utiliser un insecticide — d’autant plus que le cloporte n’est pas un insecte.
Une gestion de l’habitat est plus cohérente avec son écologie.
Bois mort et feuilles : faut-il tout nettoyer ?
Supprimer chaque feuille morte pour éviter les cloportes serait contre-productif dans un jardin favorable à la biodiversité.
La litière végétale protège le sol et nourrit une multitude d’organismes.
Le bois mort offre également des habitats précieux.
L’objectif est plutôt de choisir où conserver ces éléments.
Un tas de bois placé dans un secteur tranquille peut accueillir les détritivores sans être installé juste contre les semis les plus fragiles.
Une couche de feuilles sous une haie constitue également un excellent espace de décomposition naturelle.
Quelle place dans la chaîne alimentaire ?
Les cloportes ne sont pas uniquement des consommateurs.
Ils constituent eux-mêmes une ressource alimentaire.
Différents prédateurs peuvent les capturer, notamment certains arachnides, coléoptères, myriapodes, amphibiens et petits vertébrés.
Il existe même des araignées particulièrement adaptées à la capture des cloportes.
Cette position intermédiaire illustre bien leur rôle écologique.
Ils transforment des ressources végétales mortes tout en devenant eux-mêmes une source de nourriture pour d’autres animaux.
Pourquoi entrent-ils parfois dans les maisons ?
Les cloportes peuvent pénétrer accidentellement dans les bâtiments.
Ils sont particulièrement susceptibles d’apparaître dans des caves, garages ou pièces très humides en contact avec le sol.
Une maison ordinaire et sèche leur convient mal.
Une présence persistante en grand nombre peut donc indiquer une humidité importante ou un accès depuis un habitat favorable situé immédiatement à l’extérieur.
Il n’est pas nécessaire de traiter chimiquement quelques individus isolés.
Ils peuvent simplement être replacés dehors dans un secteur humide et abrité.
Cloporte crustacé terrestre : comment cohabiter au jardin ?
Cohabiter avec le cloporte crustacé terrestre consiste surtout à reconnaître sa véritable fonction.
Il n’est ni un ravageur majeur à éliminer systématiquement, ni un organisme capable à lui seul d’assurer la fertilité du sol.
Laissez des refuges dans les zones où sa présence est utile : sous les haies, près du compost, dans la litière et autour du bois mort.
Dans les secteurs consacrés aux semis, évitez simplement une accumulation excessive de refuges humides directement contre les plantules.
Cette organisation permet de maintenir la biodiversité tout en réduisant les rares situations où les cloportes peuvent grignoter des tissus fragiles.
Pour découvrir d’autres organismes qui participent au recyclage naturel de la matière organique, consultez également Jardin Ruse.
Cloporte crustacé terrestre : l’essentiel à retenir
Le cloporte crustacé terrestre n’est pas un insecte.
Il appartient aux isopodes terrestres, un groupe de crustacés ayant développé des adaptations remarquables pour vivre hors de l’eau.
Cette conquête du milieu terrestre reste cependant incomplète sur un point essentiel : les cloportes demeurent fortement dépendants de l’humidité.
C’est pourquoi ils se cachent sous les pierres, le bois, les pots et les feuilles, et deviennent volontiers actifs lorsque les conditions sont fraîches et humides.
Leur alimentation repose surtout sur les végétaux morts et déjà décomposés.
En fragmentant cette matière, ils participent avec les microorganismes et les autres organismes du sol au recyclage des nutriments.
Le compost constitue ainsi un habitat parfaitement normal pour eux.
Toutes les espèces n’adoptent pas le même comportement défensif.
Certains cloportes, comme ceux du genre Armadillidium, peuvent se rouler complètement en boule, tandis que d’autres en sont incapables.
Cette conglobation protège l’animal et peut également contribuer à réduire ses pertes d’eau.
Les cloportes peuvent occasionnellement consommer des tissus végétaux vivants, notamment de jeunes plantules très tendres.
Ces dégâts sont toutefois généralement secondaires, et leur présence sur une plante déjà endommagée ne prouve pas qu’ils soient responsables de la blessure initiale.
Au jardin, la meilleure stratégie consiste donc rarement à les éliminer.
Conserver de la litière, du bois mort et un compost vivant tout en éloignant les principaux refuges des semis particulièrement fragiles permet une cohabitation simple.
Le cloporte retrouve alors sa véritable place : celle d’un petit crustacé terrestre discret mais important dans la transformation de la matière organique.
2 suggestions de liens internes
- Compost et biodiversité : quels animaux participent à la décomposition ?
À intégrer dans la partie consacrée au rôle des cloportes dans le compost et la litière. - Jardin Ruse — sol, compost et biodiversité
URL : https://jardinruse.com/
3 sources externes dofollow
- IUCN SSC Woodlouse Specialist Group — About Woodlice
Présentation zoologique des isopodes terrestres, de leurs adaptations et de leur rôle dans la décomposition.
URL : https://iucnwoodlouse.org/?page=about-woodlice - Biological Reviews — Nutrition in terrestrial isopods: an evolutionary-ecological approach
Synthèse scientifique sur l’alimentation des Oniscidea et leur contribution au recyclage de la litière.
URL : https://doi.org/10.1017/S1464793102005912 - Royal Horticultural Society — Woodlice
Informations sur les cloportes au jardin, leur rôle de détritivores, le compost et les rares dégâts sur les tissus végétaux tendres.
URL : https://www.rhs.org.uk/biodiversity/woodlice