À la fin de l’été, le Hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus) entre dans une période déterminante de son cycle annuel. Les nuits restent suffisamment douces pour rechercher activement de la nourriture, mais l’hiver approche : il doit progressivement constituer les réserves énergétiques qui lui permettront de traverser l’hibernation.
La LPO confirme que l’été est une période d’accumulation des réserves pour l’hibernation et que la majorité des jeunes nés au printemps sont émancipés avant la fin du mois d’août.
Pour les jardiniers, cette période offre plusieurs possibilités d’action. Mais certaines recommandations populaires, notamment le nourrissage systématique avec des croquettes, doivent être nuancées : les recommandations actuelles de la LPO privilégient avant tout un jardin riche en proies naturelles, un accès permanent à l’eau et des refuges tranquilles.
Sommaire
- Pourquoi la fin de l’été est importante pour le hérisson
- Comment le hérisson constitue ses réserves
- Faut-il lui donner de la nourriture complémentaire ?
- Laisser de l’eau : le geste simple à privilégier
- Préparer dès maintenant les refuges d’automne
- Maintenir un jardin riche en nourriture naturelle
- Sécuriser les déplacements nocturnes
- Que faire face à un hérisson qui semble en difficulté ?
- FAQ
- Conclusion
Pourquoi la fin de l’été compte autant pour le hérisson
Le hérisson n’hiberne pas dès que l’été se termine.
Avant son entrée en hibernation, il continue à parcourir son territoire pendant la nuit afin de se nourrir et de constituer des réserves graisseuses.
La LPO rappelle qu’à l’approche de l’hiver les hérissons accumulent des graisses qui seront ensuite utilisées pendant plusieurs mois d’hibernation.
Cette préparation concerne également les jeunes.
L’été correspond encore à une période d’élevage des jeunes hérissons nés au printemps. Selon la LPO Auvergne-Rhône-Alpes, la femelle allaite pendant environ sept à huit semaines et la majorité des jeunes sont émancipés avant la fin août.
Il faut toutefois éviter de transformer cette période naturelle en « course contre la balance ».
Un jardinier n’a pas à capturer un hérisson apparemment sain pour le peser. La masse corporelle doit être interprétée en fonction de l’âge, de la saison et de l’état général de l’animal, idéalement par un centre de sauvegarde lorsque celui-ci semble réellement en difficulté.
Comment le hérisson prépare-t-il naturellement ses réserves ?
Le Hérisson d’Europe possède un régime principalement composé d’invertébrés.
La LPO mentionne notamment les insectes et leurs larves, les vers de terre, les limaces et les escargots. D’autres aliments peuvent être consommés occasionnellement, mais son régime reste à dominante carnivore.
C’est donc en parcourant les pelouses, haies, feuilles mortes, massifs et autres microhabitats qu’il trouve naturellement une grande partie de l’énergie dont il a besoin.
Pour aider un hérisson en bonne santé, le premier objectif devrait ainsi être de préserver son garde-manger naturel plutôt que de remplacer celui-ci par une gamelle.
Cette distinction est importante pour comprendre les recommandations actuelles concernant le nourrissage.
Faut-il donner de la nourriture complémentaire au hérisson en fin d’été ?
C’est probablement le point qui génère le plus de conseils contradictoires.
Certaines anciennes recommandations locales mentionnaient la possibilité d’offrir ponctuellement des croquettes ou de la nourriture en situation particulière. Mais les recommandations nationales actuelles de la LPO sont plus prudentes.
La LPO ne recommande pas le nourrissage systématique
En raison du manque de données scientifiques suffisamment précises et du statut protégé de l’espèce, la LPO indique aujourd’hui qu’elle ne préconise pas le nourrissage des hérissons par les particuliers. Elle recommande plutôt de maintenir un jardin favorable à leurs proies naturelles.
Le nourrissage artificiel peut notamment modifier le comportement de l’animal et favoriser une proximité excessive avec l’être humain.
Cela signifie qu’un hérisson sauvage, actif normalement pendant la nuit et apparemment en bonne santé, n’a pas besoin qu’une gamelle de croquettes soit systématiquement installée pour lui permettre de préparer l’hiver.
Pain et lait : à bannir
Cette recommandation est beaucoup plus simple.
Ne donnez ni pain ni lait.
La LPO indique que ces aliments sont mal adaptés au système digestif du hérisson et peuvent provoquer de graves troubles digestifs.
Les restes de repas humains ne constituent pas non plus une alimentation adaptée.
En cas de hérisson réellement affaibli
Un animal blessé, apathique ou présentant un comportement anormal ne doit pas simplement recevoir une gamelle improvisée.
La LPO recommande de contacter rapidement un centre de sauvegarde de la faune sauvage habilité. Pour un animal en détresse, elle demande même de ne pas administrer nourriture ou eau avant d’avoir reçu les instructions du centre, car une intervention inadaptée peut aggraver son état.
Laisser de l’eau : le geste simple à privilégier
Si une action doit être retenue pour la fin de l’été, c’est celle-ci.
Installez une petite gamelle d’eau peu profonde.
La LPO recommande explicitement de laisser de l’eau à disposition des hérissons, particulièrement pendant la période estivale.
Choisissez un récipient :
- peu profond ;
- stable ;
- facilement accessible ;
- placé dans un endroit tranquille ;
- régulièrement nettoyé et rempli d’eau propre.
Ce point d’eau profitera également à d’autres petits animaux fréquentant le jardin.
Et contrairement au lait, l’eau répond directement au besoin d’hydratation sans introduire un aliment inadapté.
Préparer dès maintenant les refuges pour l’automne
La fin de l’été est également le bon moment pour regarder son jardin différemment.
Un tas de feuilles mortes que l’on considère habituellement comme « désordonné » peut devenir une ressource importante.
La LPO recommande de conserver des tas de feuilles et de branches, qui permettent au hérisson d’aménager un nid protégé du vent et du froid.
D’autres zones peuvent remplir une fonction similaire :
tas de bois stable,
haie dense,
broussailles,
coin calme peu entretenu,
abri spécifiquement aménagé.
La LPO évoque également la possibilité de créer un « hibernaculum » à partir de branches et de feuilles.
Une fois occupé, le refuge doit rester tranquille
C’est essentiel.
Un hérisson qui hiberne ne doit pas être réveillé simplement pour vérifier son état.
Les réveils nécessitent de l’énergie et puisent dans les réserves accumulées avant l’hiver. La LPO recommande donc de ne jamais déranger un hérisson endormi.
C’est précisément pourquoi il est intéressant de préparer les zones refuges avant l’arrivée du froid.

Favoriser les lombrics, insectes et autres proies naturelles
Aider le hérisson à préparer l’hiver signifie aussi aider ce qu’il mange.
La LPO recommande notamment de renoncer aux pesticides et aux granulés anti-limaces. Ces produits peuvent réduire les populations d’invertébrés dont le hérisson dépend et certains peuvent également exposer la faune à des substances indésirables.
Conserver quelques feuilles au sol, une haie diversifiée, du bois mort correctement disposé et des zones moins intensément entretenues augmente également la diversité des microhabitats.
Un tas de compost peut lui aussi accueillir de nombreux invertébrés.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de « nourrir le hérisson ».
Il consiste plutôt à nourrir l’écosystème qui nourrit naturellement le hérisson.
Sécuriser ses déplacements nocturnes
À la fin de l’été, un hérisson en recherche de nourriture peut parcourir différents jardins.
Les clôtures totalement fermées fragmentent ces déplacements.
La LPO recommande la création de passages permettant aux hérissons de circuler entre les parcelles et encourage également le maintien de bandes enherbées le long des clôtures.
D’autres dangers méritent une vérification :
piscines sans possibilité de sortie,
trous profonds,
filets au sol,
déchets,
machines de coupe,
zones débroussaillées sans inspection préalable.
Les documents de sensibilisation de la LPO insistent notamment sur les risques liés aux piscines, déchets, tondeuses et autres pièges présents dans les jardins.
Une rampe rugueuse permettant à un petit mammifère de ressortir d’un bassin peut, par exemple, éviter une noyade.
Un hérisson visible en journée est-il forcément en détresse ?
La situation mérite une observation attentive, mais pas une capture automatique.
La LPO recommande d’observer l’animal à distance avant d’intervenir. En été, ramasser inutilement un hérisson peut même avoir des conséquences graves s’il s’agit d’une femelle allaitante séparée de ses petits.
Si l’animal paraît blessé, très faible ou présente un comportement réellement anormal, contactez un centre de sauvegarde.
Évitez de décider seul d’un protocole de nourrissage ou de soins.
Comprendre ce qui se passera ensuite : l’hibernation
L’accumulation de réserves de fin d’été n’est que la première partie de l’histoire.
Lorsque les conditions deviennent défavorables et que la nourriture se raréfie, le hérisson entre progressivement dans sa phase hivernale. Son activité et son métabolisme diminuent fortement.
Mais l’hibernation n’est pas nécessairement un sommeil totalement continu.
Des réveils peuvent survenir, et chacun d’eux consomme une partie des réserves énergétiques disponibles.
C’est pourquoi cette page doit renvoyer directement vers le guide déjà publié :
À lire ensuite : « Hibernation du hérisson : ce qui se passe réellement pendant l’hiver »
Ce lien interne constitue la suite logique du présent article : ici, le lecteur découvre comment le hérisson se prépare ; dans le guide principal, il découvre comment fonctionne l’hibernation elle-même.
FAQ
Quand le hérisson commence-t-il à préparer son hibernation ?
Il accumule des réserves pendant les mois précédant l’hiver. La LPO indique que l’été constitue déjà une période d’accumulation des réserves destinées à l’hibernation.
Faut-il donner des croquettes aux hérissons en septembre ?
La recommandation nationale actuelle de la LPO est de ne pas nourrir artificiellement les hérissons sauvages en bonne santé. Elle privilégie un jardin permettant aux animaux de trouver leurs proies naturelles.
Peut-on leur donner du lait ?
Non. Le lait et le pain sont déconseillés et peuvent provoquer des troubles digestifs importants.
Peut-on laisser de l’eau ?
Oui. Une gamelle d’eau propre, stable et peu profonde est recommandée, notamment pendant l’été.
Comment créer un refuge avant l’hiver ?
Conservez dans une zone calme des feuilles mortes, branches, broussailles ou un tas de bois stable. Ces matériaux peuvent permettre au hérisson de construire son nid hivernal.
Peut-on déplacer un hérisson installé dans un tas de feuilles ?
Un hérisson endormi ou installé dans son refuge ne doit pas être dérangé sans nécessité. Un réveil consomme des réserves énergétiques importantes.
Que faire d’un petit hérisson trouvé en automne ?
Ne vous fiez pas uniquement à sa taille. S’il paraît faible, blessé ou en difficulté, contactez un centre de sauvegarde de la faune sauvage pour obtenir des instructions adaptées.
Conclusion
La préparation du hérisson à l’hiver en fin d’été ne dépend pas seulement de la quantité de nourriture qu’il peut avaler en quelques semaines.
Elle dépend aussi de la qualité de son habitat.
Un jardin sans pesticides, riche en invertébrés, doté d’un point d’eau propre, de passages entre les parcelles et de zones tranquilles couvertes de feuilles et de branches lui offre des conditions bien plus proches de ses besoins naturels.
Le réflexe le plus utile n’est donc pas nécessairement de remplir une gamelle de nourriture. Les recommandations actuelles de la LPO privilégient plutôt la nourriture naturelle, l’eau, les refuges et la tranquillité.
Puis, lorsque l’hiver arrive, une dernière règle devient essentielle : ne pas déranger le nid.
Le hérisson aura passé les semaines précédentes à constituer ses réserves. Notre rôle peut alors se résumer à quelque chose de très simple : lui laisser suffisamment d’espace pour accomplir naturellement son cycle.