Composter lorsque l’on possède un jardin paraît assez simple : un bac, quelques déchets de cuisine, des feuilles mortes et du temps.
En appartement, l’absence de terre et d’espace extérieur complique les choses.
Le lombricompostage apporte une solution particulièrement adaptée à cette situation.
Le principe consiste à installer des vers spécialisés dans un récipient contenant une litière humide, puis à leur fournir progressivement certains déchets organiques de cuisine. Avec l’aide de nombreux micro-organismes, ces vers transforment la matière en un amendement sombre et riche appelé lombricompost.
L’ADEME présente précisément le lombricomposteur comme une solution adaptée à l’intérieur d’un logement, dans une cuisine, une cave ou un garage, mais aussi sur un balcon à condition de le protéger du soleil direct et du gel.
Un système bien équilibré ne doit pas sentir mauvais.
Une forte odeur signale plutôt un problème : alimentation trop importante, manque de matière sèche, excès d’humidité ou décomposition anaérobie.
Le lombricompostage est donc moins une « poubelle avec des vers » qu’un petit écosystème qu’il faut maintenir en équilibre.
Sommaire
- Qu’est-ce que le lombricompostage ?
- Pourquoi est-il adapté à l’appartement ?
- Quels vers faut-il utiliser ?
- Pourquoi les vers du jardin ne conviennent-ils pas toujours ?
- Comment fonctionne un lombricomposteur à étages ?
- Où l’installer ?
- Guide pas à pas pour démarrer
- Quels déchets donner aux vers ?
- Quels déchets éviter ?
- Pourquoi faut-il ajouter du carton ?
- Comment gérer l’humidité ?
- Pourquoi un lombricomposteur peut-il sentir mauvais ?
- Comment nourrir les vers sans excès ?
- Quand récolter le lombricompost ?
- Qu’est-ce que le liquide récupéré au fond ?
- Comment utiliser le compost et le liquide ?
- Les erreurs fréquentes
- FAQ
- Conclusion
Qu’est-ce que le lombricompostage ?
Le lombricompostage est une forme de compostage dans laquelle des vers adaptés participent directement à la transformation des matières organiques.
Ils consomment les déchets déjà partiellement dégradés par les micro-organismes.
La matière traverse leur système digestif puis est rejetée sous forme de déjections très fines.
À mesure que le processus avance, les restes alimentaires deviennent méconnaissables.
Le résultat est une matière sombre, grumeleuse et relativement homogène.
L’ADEME décrit les lombricomposteurs domestiques comme des systèmes composés de plusieurs bacs empilés dans lesquels les vers transforment directement les déchets de cuisine.
Pourquoi cette méthode fonctionne-t-elle en appartement ?
Le lombricompostage nécessite beaucoup moins d’espace qu’un composteur traditionnel.
Il ne dépend pas du contact direct avec la terre du jardin.
Les vers et les micro-organismes nécessaires vivent directement à l’intérieur du système.
C’est précisément pourquoi cette méthode peut fonctionner :
dans une cuisine,
une buanderie,
un garage,
une cave adaptée,
ou sur un balcon protégé.
L’ADEME considère le lombricompostage comme une solution spécifiquement adaptée aux personnes qui vivent en appartement ou disposent de très peu d’espace extérieur.
Est-ce vraiment sans odeur ?
Un lombricomposteur correctement géré dégage principalement une odeur de matière organique humide, comparable à celle du sous-bois ou du compost mûr.
L’ADEME présente même la pratique comme compatible avec l’intérieur du logement lorsqu’elle est correctement conduite.
Une odeur forte de pourriture indique généralement un déséquilibre.
Les causes les plus courantes sont :
trop de déchets,
un excès d’humidité,
trop peu de matière carbonée,
un manque d’aération,
ou des aliments inadaptés.
L’odeur constitue donc un excellent indicateur de fonctionnement.
Quels vers utiliser ?
C’est probablement le choix le plus important.
Le lombricompostage utilise principalement des vers épigés, c’est-à-dire des espèces qui vivent naturellement près de la surface dans les matières organiques en décomposition.
Parmi les espèces couramment utilisées figurent notamment :
Eisenia fetida,
Eisenia andrei.
Ces vers sont particulièrement efficaces dans les environnements riches en matières organiques.
Ils se multiplient relativement rapidement lorsque les conditions sont favorables et supportent bien la vie dans un lombricomposteur.
Pourquoi ne pas prendre simplement des lombrics dans le jardin ?
Tous les vers de terre n’occupent pas la même niche écologique.
Certains vivent profondément dans le sol et creusent de longues galeries.
Ils ont besoin d’un véritable profil de terre.
Les vers utilisés en lombricompostage vivent au contraire dans les couches riches en déchets organiques.
Un gros lombric trouvé profondément en bêchant un jardin n’est donc pas nécessairement adapté à un bac contenant principalement des épluchures et du carton.
Il vaut mieux obtenir une souche de vers auprès :
d’un utilisateur expérimenté,
d’une collectivité distribuant des lombricomposteurs,
ou d’un fournisseur spécialisé.
Faut-il beaucoup de vers pour commencer ?
Pas nécessairement.
Une petite population peut se multiplier si les conditions sont bonnes.
Le nombre initial détermine surtout la quantité de déchets que le système pourra traiter au début.
C’est pourquoi il faut commencer avec de faibles apports.
Plus la population augmente, plus la capacité de transformation augmente.
Ajouter immédiatement les déchets d’une famille entière à une petite poignée de vers est l’une des façons les plus rapides de faire échouer le démarrage.
Comment fonctionne un lombricomposteur à étages ?
De nombreux modèles domestiques utilisent plusieurs plateaux perforés.
Le plateau inférieur sert souvent de récupération.
Au-dessus se trouve le plateau actif contenant :
litière,
vers,
déchets,
matières sèches.
Lorsque ce plateau est suffisamment rempli et que la décomposition avance, un nouveau plateau peut être placé au-dessus.
Les vers migrent progressivement vers la nourriture fraîche.
Le plateau inférieur continue alors sa maturation.
L’ADEME décrit précisément ce principe de bacs empilés les uns au-dessus des autres.
Où installer le lombricomposteur ?
Les vers sont sensibles aux températures extrêmes.
L’ADEME recommande un emplacement intérieur ou extérieur protégé du soleil et du gel.
La Ville de Paris donne comme plage pratique idéale environ 17 à 25 °C et rappelle que les vers craignent notamment le gel et les températures dépassant environ 35 °C.
Un emplacement adapté peut donc être :
une cuisine tempérée,
une buanderie,
une cave non glaciale,
un garage tempéré,
un balcon ombragé en saison douce.
Attention au balcon en été
Un bac noir placé au soleil peut monter rapidement en température.
Même si l’air extérieur semble supportable, l’intérieur du lombricomposteur peut chauffer davantage.
En période de canicule, déplacez-le dans un endroit plus frais.
À l’inverse, un balcon exposé au gel hivernal n’est pas adapté.
La stabilité thermique est préférable aux grands écarts.
Guide pas à pas pour démarrer un lombricomposteur
Étape 1 : installer une litière
L’ADEME recommande de commencer avec une litière humide composée par exemple de papier, copeaux fins ou paille.
Pour un appartement, le carton brun non plastifié et le papier déchiré fonctionnent bien.
Humidifiez légèrement.
La texture doit rappeler une éponge essorée.
Pas une soupe.
Étape 2 : ajouter les vers
Déposez les vers sur la litière.
Ils chercheront naturellement les zones sombres et humides.
Refermez ensuite le bac.
Les vers fuient la lumière et préfèrent un milieu sombre.
Étape 3 : les laisser s’acclimater
L’ADEME recommande un démarrage progressif et conseille de laisser les vers s’installer avant d’augmenter les apports.
La patience pendant les premières semaines est essentielle.
La population doit s’adapter au nouveau milieu.
Étape 4 : commencer avec très peu de nourriture
Ajoutez une petite quantité de déchets.
Attendez qu’ils commencent clairement à être consommés avant d’en remettre beaucoup.
Les déchets peuvent être coupés en petits morceaux pour augmenter la surface accessible aux micro-organismes et aux vers.
Étape 5 : ajouter du carton régulièrement
Chaque apport alimentaire humide devrait être accompagné d’un peu de matière sèche.
Utilisez :
carton brun déchiré,
boîte d’œufs en carton,
papier non plastifié.
Cela absorbe l’excès d’humidité et contribue à maintenir une structure aérée.
Étape 6 : observer
Regardez :
la vitesse de décomposition,
l’humidité,
l’odeur,
la présence de vers actifs.
Un bon lombricomposteur demande davantage d’observation que de manipulations.
Quels déchets peut-on mettre ?
L’ADEME cite notamment :
épluchures,
marc de café,
feuilles de thé.
On peut généralement ajouter en quantité raisonnable :
restes de fruits,
épluchures de légumes,
petits morceaux de fruits abîmés,
marc de café avec modération,
sachets ou feuilles de thé lorsque leur matière est compostable,
petites quantités de coquilles d’œufs finement écrasées,
carton brun.
Plus les morceaux sont petits, plus la décomposition initiale est rapide.
Faut-il tout couper très fin ?
Ce n’est pas obligatoire.
Mais une grosse peau de melon entière mettra beaucoup plus de temps à se transformer que plusieurs morceaux.
Découper les déchets possède donc deux avantages :
décomposition plus rapide,
meilleure répartition dans le bac.
Il n’est cependant pas nécessaire de mixer la nourriture.
Le lombricompostage doit rester une pratique simple.
Quels déchets faut-il éviter ?
Les recommandations varient légèrement selon les guides et les systèmes.
L’ADEME recommande notamment d’éviter ou de fortement limiter certains aliments comme les agrumes, oignons et poireaux dans un lombricomposteur domestique.
La Ville de Paris déconseille également les agrumes, l’ail et l’oignon.
Pour un débutant, évitez donc les grosses quantités de :
agrumes,
ail,
oignon,
poireau.
Évitez également :
viande,
poisson,
produits laitiers,
plats gras,
huiles,
sauces,
grandes quantités d’aliments cuits salés.
Ces matières compliquent fortement la gestion domestique et peuvent attirer des nuisibles.
Pourquoi faut-il ajouter de la matière sèche ?
Les déchets alimentaires contiennent énormément d’eau.
Si vous remplissez uniquement le bac d’épluchures, le système peut devenir :
compact,
détrempé,
pauvre en oxygène.
Le carton crée de la structure et absorbe une partie de l’humidité.
L’ADEME recommande explicitement l’apport de papier ou carton afin de mieux maîtriser l’humidité.
La matière sèche est donc un véritable outil de régulation.
Quel carton utiliser ?
Privilégiez :
carton brun,
boîtes d’œufs,
rouleaux de papier toilette,
papier kraft simple.
Retirez autant que possible :
plastique,
ruban adhésif,
étiquettes plastifiées,
agrafes.
Déchirez le carton en morceaux avant de l’introduire.
Les grosses plaques compactées ralentissent les échanges d’air.
Comment savoir si le lombricomposteur est trop humide ?
Prenez une poignée de matière décomposée.
Elle doit être humide mais pas dégoulinante.
D’autres signes indiquent un excès d’eau :
liquide abondant au fond,
odeur désagréable,
déchets pâteux,
présence excessive de matières très compactes.
Ajoutez alors davantage de carton sec et ralentissez temporairement les apports alimentaires.
Vérifiez également que le drainage n’est pas bouché.
Et s’il est trop sec ?
Un système excessivement sec ralentit l’activité des vers.
La matière devient poussiéreuse.
Les vers peuvent se regrouper dans les rares zones encore humides.
Ajoutez alors quelques déchets riches en eau ou humidifiez très légèrement la litière.
Évitez de verser brutalement un grand verre d’eau.
Le rééquilibrage doit rester progressif.
Pourquoi le lombricomposteur sent-il mauvais ?
Une mauvaise odeur indique généralement que les déchets arrivent plus vite qu’ils ne sont transformés.
La nourriture s’accumule.
Des zones privées d’oxygène apparaissent.
La fermentation ou la putréfaction prend le dessus.
Les règles générales de compostage de l’ADEME rappellent que les organismes décomposeurs ont besoin d’oxygène et qu’un milieu mal aéré produit des gaz malodorants.
Pour corriger :
arrêtez temporairement de nourrir,
retirez les gros morceaux problématiques,
ajoutez du carton,
aérez délicatement la partie supérieure,
vérifiez l’humidité.
Faut-il mélanger le lombricomposteur ?
Pas comme un compost de jardin.
Les vers organisent eux-mêmes une grande partie du mélange.
Un brassage violent peut les perturber.
Vous pouvez cependant soulever délicatement certaines zones avec une petite griffe ou la main pour éviter une compaction excessive.
L’objectif est d’introduire un peu d’air.
Pas de retourner entièrement le système toutes les semaines.
Comment savoir si l’on donne trop à manger ?
Observez les restes.
Si le repas précédent reste presque intact plusieurs jours après l’apport suivant, ralentissez.
Le meilleur rythme n’est pas :
« nourrir tous les deux jours ».
Il est :
« nourrir quand le système a suffisamment avancé ».
La population de vers évolue progressivement.
Votre rythme d’apport doit évoluer avec elle.
Pourquoi commencer lentement est-il si important ?
Un lombricomposteur fraîchement installé contient :
peu de vers,
une population microbienne encore en construction,
une litière qui commence seulement à s’équilibrer.
Un système ancien possède beaucoup plus d’organismes capables de transformer les déchets.
L’ADEME recommande justement une période initiale d’installation avant une alimentation plus importante.
Les vers peuvent-ils se multiplier ?
Oui.
Dans de bonnes conditions, les vers produisent des cocons.
La population augmente jusqu’à atteindre un niveau correspondant globalement à la nourriture et à l’espace disponibles.
Vous n’avez donc pas besoin d’ajouter continuellement de nouveaux vers.
Si le système fonctionne bien, il s’autorégule progressivement.

Pourquoi mes vers essaient-ils de sortir ?
Quelques individus explorant le couvercle ne signifient pas forcément qu’il existe un problème.
Une fuite massive mérite en revanche d’être examinée.
Vérifiez :
température,
humidité,
odeur,
acidité excessive,
aliment inhabituel,
surchauffe.
Un changement brutal peut pousser les vers à chercher un autre environnement.
Corrigez la cause plutôt que de simplement remettre continuellement les animaux dans le bac.
Et les petits moucherons ?
Ils peuvent apparaître lorsque des fruits ou légumes restent exposés en surface.
Pour limiter leur présence :
enterrez légèrement les apports sous la matière déjà présente,
recouvrez de carton humide,
ne suralimentez pas,
évitez de laisser des fruits très mûrs visibles.
Vous pouvez également congeler certains déchets puis les laisser revenir à température avant de les ajouter afin de limiter l’introduction d’œufs de moucherons.
Combien de temps faut-il pour obtenir du lombricompost ?
Il n’existe pas une durée parfaitement fixe.
L’ADEME donne un ordre de grandeur d’environ quatre mois pour obtenir un compost mûr dans un lombricomposteur bien conduit.
La vitesse dépend toutefois de :
température,
quantité de vers,
taille des déchets,
type d’aliments,
équilibre hydrique.
Au démarrage, la première récolte peut prendre davantage de temps.
Comment reconnaître le lombricompost mûr ?
La matière doit être :
sombre,
fine,
grumeleuse,
avec très peu de déchets reconnaissables.
Son odeur doit être agréable et terreuse.
Si vous distinguez encore beaucoup d’épluchures fraîches, le plateau n’est pas mûr.
Laissez-le poursuivre son évolution.
Comment récolter sans retirer tous les vers ?
Avec un système à plateaux, la méthode est relativement simple.
Ajoutez les déchets frais dans le plateau supérieur.
Les vers migrent progressivement vers cette nouvelle source de nourriture.
Après quelque temps, le plateau inférieur contient beaucoup moins de vers.
Vous pouvez alors récolter le lombricompost.
Les quelques individus restants peuvent être remis dans le bac actif.
Comment utiliser le lombricompost ?
Le lombricompost est un amendement très concentré par rapport à un terreau ordinaire.
Il est préférable de le mélanger avec un substrat plutôt que d’installer une plante exclusivement dedans.
Utilisez-le par exemple :
dans les jardinières,
autour des plantes en pot,
dans le terreau de rempotage,
en fine couche au pied des plantes.
Une petite quantité suffit souvent.
Lombricompost ou terreau : quelle différence ?
Le terreau constitue principalement un support de culture.
Le lombricompost est surtout un amendement.
Il apporte :
matière organique transformée,
éléments nutritifs,
activité biologique.
Une plante en pot a également besoin :
d’air autour des racines,
de drainage,
d’une structure physique stable.
Le lombricompost ne doit donc pas systématiquement remplacer tout le substrat.
Qu’est-ce que le liquide récupéré au fond ?
De nombreux lombricomposteurs possèdent un bac inférieur équipé d’un robinet.
Un liquide peut s’y accumuler.
L’ADEME indique que ce liquide issu du processus peut être récupéré puis utilisé après dilution pour l’arrosage des végétaux.
Mais il faut apporter une nuance importante.
Tout liquide récupéré n’est pas automatiquement un « engrais miracle ».
Une production très abondante peut simplement indiquer que le système est trop humide.
La priorité reste donc d’obtenir un lombricomposteur bien équilibré.
Comment utiliser ce liquide ?
Ne l’utilisez pas pur.
Les recommandations de dilution peuvent varier selon les systèmes.
Suivez en priorité les indications du fabricant ou de la collectivité ayant fourni le matériel.
Utilisez-le surtout sur des plantes déjà installées et observez leur réaction.
Ne remplacez pas tous les arrosages par ce liquide.
L’eau reste l’élément principal de l’irrigation.
Pourquoi le « jus » n’est-il pas toujours nécessaire ?
Un lombricomposteur correctement équilibré peut produire très peu de liquide libre.
C’est parfaitement normal.
La matière doit être humide, pas gorgée d’eau.
Chercher volontairement à produire beaucoup de liquide en arrosant excessivement le système risque de créer de mauvaises conditions pour les vers.
La production de lombricompost solide est l’objectif principal.
Peut-on mettre le lombricompost sur les plantes d’intérieur ?
Oui.
C’est même l’un des débouchés les plus logiques en appartement.
Mélangez une petite quantité au terreau lors du rempotage ou déposez-en une fine couche en surface.
Évitez de remplir entièrement un pot avec du lombricompost pur.
Pour les semis très jeunes, utilisez également des proportions modérées afin de ne pas obtenir un substrat trop riche ou compact.
Que faire pendant les vacances ?
Un lombricomposteur mature tolère assez bien une courte absence.
Les vers disposent encore de matière en cours de décomposition.
La Ville de Paris recommande cependant de prévoir une personne capable de surveiller et nourrir le système lors d’absences supérieures à environ quatre semaines.
Avant de partir :
ne surchargez pas le bac,
ajoutez un peu de carton humide,
vérifiez la température,
laissez le système dans un endroit stable.
Un énorme repas juste avant trois semaines d’absence est une mauvaise idée.
Les erreurs les plus courantes
Erreur 1 : utiliser n’importe quel ver
Les vers profonds du jardin ne sont pas tous adaptés.
Solution :
utiliser des espèces de compostage comme Eisenia fetida ou Eisenia andrei.
Erreur 2 : trop nourrir dès le premier jour
La petite population initiale ne peut pas tout transformer.
Solution :
commencer très progressivement.
Erreur 3 : ne mettre que des déchets humides
Le bac devient compact et détrempé.
Solution :
ajouter régulièrement du carton brun.
Erreur 4 : installer le bac en plein soleil
La température peut devenir dangereuse.
Solution :
ombre et température relativement stable.
Erreur 5 : laisser le lombricomposteur geler
Les vers supportent mal les températures extrêmes.
Solution :
rentrer ou protéger le système en hiver.
Erreur 6 : introduire beaucoup d’agrumes, d’ail ou d’oignon
Ces aliments sont déconseillés dans plusieurs guides domestiques.
Solution :
les éviter ou utiliser une autre filière de biodéchets.
Erreur 7 : croire que les mauvaises odeurs sont normales
Un système équilibré ne doit pas sentir la poubelle.
Solution :
ralentir les apports, ajouter du carton et corriger l’humidité.
Erreur 8 : arroser pour produire davantage de « jus »
Un liquide abondant peut révéler un excès d’humidité.
Solution :
viser d’abord une matière humide comme une éponge essorée.
Erreur 9 : ouvrir constamment le bac
Les vers préfèrent l’obscurité et la tranquillité.
Solution :
observer régulièrement mais sans déranger inutilement.
Erreur 10 : utiliser le lombricompost comme seul terreau
Il peut être trop concentré et ne possède pas nécessairement la structure idéale pour les racines.
Solution :
le mélanger à un substrat de culture.
Que faire si le système semble complètement bloqué ?
Arrêtez temporairement les nouveaux déchets.
Examinez :
odeur,
humidité,
température.
Si la matière est détrempée :
ajoutez du carton sec.
Si elle est sèche :
humidifiez très légèrement.
Si les restes alimentaires s’accumulent :
retirez une partie des déchets frais.
Si le bac est trop chaud ou trop froid :
déplacez-le.
Puis laissez quelques jours aux organismes pour retrouver un équilibre.
Ajouter toujours davantage de nourriture ne résout jamais un système ralenti.
Le lombricompostage remplace-t-il la collecte des biodéchets ?
Il peut traiter une partie importante des déchets végétaux de cuisine.
Mais chaque foyer produit également des déchets que le lombricomposteur domestique gère moins facilement.
Le système doit donc être considéré comme une solution complémentaire.
Lorsque votre collectivité propose :
collecte séparée,
compostage partagé,
point d’apport volontaire,
ces dispositifs restent utiles pour les aliments non adaptés au lombricomposteur.
L’ADEME recommande justement de se renseigner sur les différentes solutions locales de tri à la source.
Pourquoi cette pratique est-elle intéressante en ville ?
Elle permet de transformer directement une partie des biodéchets là où ils sont produits.
Pas besoin de jardin.
Pas besoin d’un grand espace.
Et le produit obtenu peut être utilisé directement sur :
plantes d’intérieur,
jardinières,
balcon potager.
La Ville de Paris présente précisément le lombricomposteur individuel comme un moyen de produire un amendement destiné aux plantes d’intérieur et de balcon.
FAQ sur le lombricompostage appartement
Quels vers utiliser dans un lombricomposteur ?
Les espèces couramment utilisées comprennent Eisenia fetida et Eisenia andrei, adaptées à la vie dans les matières organiques en décomposition.
Un lombricomposteur sent-il mauvais ?
Pas lorsqu’il fonctionne correctement. Une forte odeur indique généralement trop de nourriture, trop d’humidité ou un manque d’aération. L’ADEME considère la technique comme adaptée à l’intérieur.
Où installer un lombricomposteur en appartement ?
Dans une cuisine, une cave, un garage ou un autre emplacement stable. Il peut aussi être placé dehors à l’ombre, mais doit être protégé du soleil direct et du gel.
Que peut-on donner aux vers ?
Épluchures, marc de café, thé et différents déchets végétaux de cuisine, accompagnés régulièrement de papier ou carton sec.
Peut-on mettre des agrumes ?
Plusieurs guides domestiques, dont ceux de l’ADEME et de la Ville de Paris, recommandent de les éviter ou de les limiter fortement, tout comme l’ail et l’oignon.
Combien de temps faut-il pour obtenir du lombricompost ?
L’ADEME donne un ordre de grandeur d’environ quatre mois dans de bonnes conditions, mais le premier cycle peut être plus lent.
Que faire du liquide récupéré ?
Il peut être utilisé après dilution pour certaines plantes. Suivez les recommandations du fabricant du lombricomposteur, et rappelez-vous qu’une production excessive de liquide peut aussi signaler trop d’humidité.
Conclusion
Le lombricompostage appartement permet de reproduire, à très petite échelle, une partie du travail de décomposition qui se déroule naturellement dans les sols et les litières organiques.
Mais le véritable moteur du système n’est pas uniquement le ver.
Le lombricomposteur est un écosystème.
Les micro-organismes commencent à transformer les déchets.
Les vers consomment cette matière en décomposition.
Le carton régule l’humidité et apporte de la structure.
L’air permet aux organismes aérobies de fonctionner correctement.
Et le jardinier doit surtout éviter de rompre cet équilibre.
La première règle consiste à choisir les bons vers.
Les espèces de compostage comme Eisenia fetida et Eisenia andrei vivent naturellement dans des milieux riches en matière organique et sont beaucoup mieux adaptées qu’un gros lombric récupéré profondément dans la terre du jardin.
La deuxième règle consiste à démarrer lentement.
L’ADEME recommande une litière humide au fond du bac et une période d’installation avant d’accroître les apports alimentaires.
C’est probablement le conseil le plus utile pour éviter l’échec.
Au départ, mettez peu de nourriture.
Observez.
Lorsque les déchets disparaissent régulièrement, augmentez progressivement.
Ajoutez aussi systématiquement de la matière sèche.
Le carton brun et le papier non plastifié absorbent l’excès d’humidité et empêchent le contenu de devenir une masse compacte et malodorante.
L’emplacement compte également.
Les vers ne supportent ni les fortes chaleurs ni le gel.
Un appartement tempéré est donc souvent parfaitement adapté, tandis qu’un balcon doit être utilisé avec prudence selon la saison. L’ADEME recommande de protéger le lombricomposteur du soleil et du gel, tandis que la Ville de Paris donne une plage pratique proche de 17 à 25 °C pour de bonnes conditions.
Après quelques mois, le système commence à produire une matière sombre et grumeleuse.
C’est le lombricompost.
Utilisez-le comme amendement :
dans les jardinières,
autour des plantes,
mélangé au substrat de rempotage.
Ne le considérez pas comme un terreau pur destiné à remplir tous vos pots.
Un liquide peut également s’accumuler dans certains modèles à étages. L’ADEME indique qu’il peut être récupéré et utilisé après dilution.
Mais ne cherchez pas à en produire le plus possible.
Un bac qui se remplit continuellement de liquide est souvent simplement trop humide.
Le meilleur lombricomposteur n’est donc pas celui qui reçoit le plus de déchets ou produit le plus de « jus ».
C’est celui qui reste stable.
Sans mauvaise odeur.
Avec une matière humide mais aérée.
Des vers actifs.
Et des apports adaptés à leur capacité réelle de transformation.
Avec un peu d’observation, un coin de cuisine ou de balcon suffit ainsi pour transformer une partie des déchets végétaux du quotidien en ressource utile pour les plantes.