Lorsque l’automne arrive, la majorité des papillons disparaissent progressivement de nos jardins. Pourtant, certains sont toujours là, parfaitement formés, cachés dans une grange, une cavité d’arbre ou un tas de bois. L’hivernage adulte paon du jour est justement l’une des particularités fascinantes de Aglais io : contrairement à de nombreux papillons qui passent l’hiver sous forme d’œuf, de chenille ou de chrysalide, le Paon du jour traverse la mauvaise saison sous sa forme adulte.
Il entre alors dans une période de dormance appelée diapause. Son activité et son métabolisme diminuent fortement, ce qui lui permet de patienter plusieurs mois avant de reprendre son vol aux premiers beaux jours. La LPO confirme que les adultes hivernent notamment dans des endroits sombres et frais comme les arbres creux, granges, garages, crevasses rocheuses ou tas de bûches.
[Image à insérer ici — Alt : hivernage adulte paon du jour dans un abri sombre en hiver]
Table des matières
- Qui est le Paon du jour ?
- Une stratégie hivernale inhabituelle
- Hivernage adulte paon du jour : où se cache-t-il ?
- Qu’est-ce que la diapause hivernale ?
- Comment résiste-t-il au froid ?
- Pourquoi préfère-t-il les endroits sombres et frais ?
- Que se passe-t-il pendant un redoux hivernal ?
- Pourquoi une maison chauffée peut-elle poser problème ?
- Quand le Paon du jour sort-il de son hivernage ?
- Comment se nourrit-il au début du printemps ?
- Reproduction et rôle essentiel des orties
- Ses ocelles servent-ils pendant l’hiver ?
- Comment favoriser son hivernage au jardin ?
- Que faire si l’on trouve un Paon du jour en hiver ?
- Questions fréquentes
- Conclusion
Qui est le Paon du jour ?
Le Paon du jour (Aglais io) appartient à la famille des Nymphalidae. Il est largement répandu en Europe et fait partie des papillons les plus faciles à reconnaître.
Le dessus de ses ailes est rouge brun et porte quatre grands ocelles colorés évoquant des yeux. Lorsque les ailes sont fermées, le contraste est spectaculaire : leur face inférieure, beaucoup plus sombre, aide le papillon à devenir discret lorsqu’il reste immobile.
Cette apparence joue un rôle important dans sa défense. Un individu dérangé peut brusquement ouvrir ses ailes et dévoiler ses grands ocelles, susceptibles de surprendre un prédateur.
Le Paon du jour fréquente de nombreux habitats : jardins, parcs, friches, haies, lisières, clairières, vergers et autres milieux offrant des fleurs nectarifères et des orties.
Une stratégie hivernale inhabituelle
Les papillons n’utilisent pas tous le même stade de leur cycle biologique pour traverser l’hiver.
Selon les espèces, la mauvaise saison peut être passée sous forme d’œuf, de chenille, de chrysalide ou d’adulte. Le Paon du jour appartient au dernier groupe, comme quelques autres espèces européennes telles que le Citron, la Petite Tortue ou le Robert-le-Diable.
Butterfly Conservation explique que ces papillons adultes réduisent considérablement leur activité et leurs processus physiologiques pendant leur période de dormance. Ils attendent ainsi le retour de températures favorables.
Cela explique pourquoi un Paon du jour aperçu dans une remise au mois de décembre n’est pas nécessairement malade ou mourant. Il peut simplement être en plein hivernage.
Hivernage adulte paon du jour : où se cache-t-il ?
Pour réussir son hivernage adulte paon du jour, le papillon recherche généralement un endroit protégé, sombre et relativement frais.
Les refuges naturels comprennent notamment les cavités d’arbres et les fissures rocheuses. Mais l’espèce utilise volontiers les constructions humaines.
La LPO mentionne les garages et les granges, mais aussi la végétation dense et les tas de bûches. L’Atlas de la faune de Bourgogne signale également les caves, greniers, grottes, anciennes mines, canalisations et tunnels.
Ce comportement explique pourquoi on découvre parfois un papillon parfaitement immobile contre une poutre, derrière un meuble de garage ou dans un bâtiment rarement utilisé.
Il ne cherche pas forcément la chaleur. Au contraire, un endroit frais et stable peut être bien plus adapté à son repos hivernal qu’une pièce chauffée.
Qu’est-ce que la diapause hivernale ?
La diapause est une période durant laquelle le développement et l’activité d’un insecte sont fortement ralentis.
Chez le Paon du jour, elle intervient au stade adulte. Le papillon reste immobile pendant de longues périodes et réduit ses dépenses énergétiques.
Il ne s’agit donc pas exactement d’une hibernation identique à celle d’un mammifère. Le fonctionnement physiologique d’un insecte ectotherme est très différent : sa température corporelle et son niveau d’activité dépendent largement des conditions extérieures.
Butterfly Conservation décrit cette période comme un état dormant durant lequel l’activité et les processus corporels sont fortement réduits jusqu’au retour de températures plus élevées.
Cette économie d’énergie est essentielle puisque les possibilités de se nourrir sont très réduites en hiver.
Comment résiste-t-il au froid ?
Le Paon du jour possède une remarquable capacité à supporter les températures hivernales lorsqu’il est correctement entré en diapause.
Des expériences scientifiques publiées dans le Journal of Insect Physiology ont étudié la résistance au froid de Aglais io — alors désigné sous le nom Inachis io — ainsi que celle de la Petite Tortue. Elles ont montré que la capacité de surfusion évoluait au cours de la diapause et que la température influençait fortement les pertes de masse et la survie.
Un résultat particulièrement intéressant concernait les conditions relativement chaudes : après 100 jours à 10 °C, la mortalité expérimentale du Paon du jour atteignait 80 %. Cela montre qu’un hivernage réussi ne consiste pas simplement à éviter les températures basses.
Un environnement excessivement doux peut lui aussi être défavorable, notamment parce qu’il augmente les dépenses énergétiques et les pertes de réserves.
C’est l’une des clés permettant de comprendre l’hivernage adulte paon du jour.
Pourquoi préfère-t-il les endroits sombres et frais ?
Une cave non chauffée, un arbre creux ou une remise protégée présentent plusieurs avantages.
Ces lieux réduisent l’exposition directe aux intempéries et limitent généralement les variations brutales de température. L’obscurité contribue également à maintenir le papillon dans son état de repos.
Le Paon du jour peut ainsi rester immobile pendant de longues périodes, les ailes repliées. Leur face inférieure très sombre lui offre alors un camouflage efficace.
Dans un environnement trop chaud, son métabolisme augmente. Il risque alors de sortir prématurément de son état dormant alors que les ressources alimentaires restent insuffisantes.
Le meilleur refuge hivernal n’est donc pas nécessairement le plus chaud : il doit surtout être protégé, frais et relativement stable.
Que se passe-t-il pendant un redoux hivernal ?
Une journée particulièrement douce et ensoleillée peut réveiller temporairement certains papillons hivernants.
Les données naturalistes du Parc naturel régional du Vercors indiquent que le Paon du jour peut reprendre momentanément son activité lors d’une période clémente en plein hiver.
On peut donc exceptionnellement observer un individu voler en dehors de sa période habituelle d’activité.
Cette sortie n’indique pas nécessairement que l’hiver est terminé. Si les températures diminuent de nouveau, le papillon doit retrouver un refuge et reprendre son repos.
Des réveils répétés peuvent cependant représenter un coût énergétique, car voler consomme des réserves accumulées avant la diapause.
Pourquoi une maison chauffée peut-elle poser problème ?
Trouver un Paon du jour immobile dans une dépendance fraîche ne signifie pas qu’il faut immédiatement le rentrer dans le salon.
Une pièce chauffée peut provoquer son réveil. Le papillon devient alors actif et commence à voler, alors qu’en plein hiver les fleurs disponibles à l’extérieur peuvent être rares ou absentes.
Il consomme ainsi des réserves dont il aura besoin pour atteindre le printemps.
Le problème est donc paradoxal : vouloir le protéger du froid en le plaçant dans un endroit chaud peut perturber la stratégie physiologique qui lui permet précisément de survivre à l’hiver.
Lorsqu’un papillon hiverne tranquillement dans un endroit frais, sombre et sécurisé, le meilleur geste est souvent de ne pas le déranger.
Quand le Paon du jour sort-il de son hivernage ?
Le réveil dépend fortement des conditions météorologiques et de la région.
Dans les secteurs favorables, des Paons du jour peuvent recommencer à voler dès février ou mars. Dans les régions plus froides ou en altitude, leur retour à l’activité peut être plus tardif.
L’Atlas de la faune de Bourgogne indique que les adultes ayant hiverné réapparaissent principalement en mars-avril pour se reproduire.
Il s’agit alors des mêmes papillons qui étaient déjà adultes l’été ou l’automne précédent.
Cette longévité explique pourquoi le Paon du jour peut théoriquement être observé pendant une grande partie de l’année.
Comment se nourrit-il au début du printemps ?
À la sortie de l’hivernage adulte paon du jour, la recherche de nourriture devient rapidement importante.
La LPO signale notamment que les individus sortant d’hivernage visitent les chatons de saules. D’autres sources naturalistes mentionnent également les fleurs de prunelliers parmi les ressources printanières.
Ces premières sources de nourriture permettent aux adultes de reprendre leur activité après plusieurs mois de repos.
Au cours de la belle saison, le Paon du jour visite de nombreuses plantes nectarifères.
Un jardin offrant des floraisons précoces puis une succession de fleurs jusqu’à l’automne constitue donc un habitat bien plus intéressant qu’un espace où les ressources florales sont limitées à quelques semaines.
Reproduction et rôle essentiel des orties
Après l’hivernage vient la reproduction.
Les femelles pondent leurs œufs en groupes sur l’ortie dioïque (Urtica dioica), qui constitue la principale plante nourricière des chenilles dans une grande partie de son aire européenne.
Les jeunes chenilles vivent d’abord ensemble et consomment les feuilles. Elles sont noires, couvertes d’excroissances épineuses et ponctuées de petits points blancs.
Elles se dispersent davantage lorsqu’elles approchent de leur maturité, puis se transforment en chrysalides.
Laisser quelques zones d’orties dans une partie tranquille du jardin est donc beaucoup plus utile au Paon du jour que de se limiter à installer des fleurs décoratives.
Vous pouvez également consulter sur jardinruse.com notre article consacré à la création d’un jardin favorable aux papillons pour associer plantes nectarifères, plantes hôtes et refuges naturels.

Ses ocelles servent-ils pendant l’hiver ?
Les quatre grands « yeux » colorés des ailes ne sont pas uniquement décoratifs.
Lorsqu’il est au repos, le Paon du jour garde généralement ses ailes fermées. Leur dessous sombre le rend alors beaucoup moins visible.
S’il est dérangé par un prédateur, il peut ouvrir brutalement ses ailes et révéler ses grands ocelles. Certaines observations décrivent également une production sonore obtenue par le mouvement des ailes.
L’Agence régionale de la biodiversité d’Île-de-France indique que les adultes au repos hivernal peuvent produire un bruit ainsi que des ultrasons susceptibles de contribuer à repousser certains petits mammifères prédateurs.
Même immobile pendant plusieurs mois, le papillon n’est donc pas totalement dépourvu de moyens de défense.
Comment favoriser son hivernage au jardin ?
Favoriser l’hivernage adulte paon du jour ne nécessite pas nécessairement d’installer un équipement spécialisé.
Un jardin légèrement moins « nettoyé » offre naturellement davantage de refuges. Une haie dense, du bois mort, des arbres possédant des cavités et des zones de végétation préservées augmentent la diversité des microhabitats disponibles.
Une remise ou un abri de jardin non chauffé peut également servir de refuge lorsqu’un papillon parvient à y entrer.
Évitez surtout de déplacer systématiquement les individus découverts en hiver. Un papillon immobile n’est pas forcément en détresse.
La conservation des orties reste également fondamentale. Elles ne servent pas directement de refuge hivernal principal aux adultes, mais elles sont indispensables au développement de la génération suivante.
Que faire si l’on trouve un Paon du jour en hiver ?
La première règle est simple : s’il dort dans un endroit frais, sombre et protégé, laissez-le tranquille.
Ne tentez pas de le nourrir, de déployer ses ailes ou de vérifier régulièrement s’il est encore vivant. Chaque manipulation augmente le risque de blessure ou de réveil inutile.
Si vous devez absolument déplacer un objet sur lequel il repose, manipulez l’environnement plutôt que les ailes du papillon.
Le problème est différent lorsqu’un individu se réveille dans une pièce chauffée. L’objectif est alors d’éviter qu’il passe plusieurs jours à voler contre les fenêtres en consommant inutilement ses réserves.
Dans ce cas, un espace non chauffé, protégé du gel extrême, sombre et calme correspond davantage aux caractéristiques des refuges naturels utilisés pendant l’hivernage adulte paon du jour.
Le changement climatique peut-il perturber son repos ?
Les températures hivernales influencent directement l’activité des insectes ectothermes.
Des périodes anormalement douces peuvent favoriser des réveils temporaires. Butterfly Conservation souligne que les épisodes hivernaux doux peuvent perturber les espèces passant la saison froide sous une forme dormante, notamment en provoquant une reprise d’activité trop précoce.
Pour un papillon adulte, le problème est principalement énergétique. Chaque activité supplémentaire consomme une partie des réserves qui doivent normalement durer jusqu’au printemps.
Les expériences physiologiques menées sur Aglais io montrent également que les températures d’hivernage ont des effets importants sur la perte de masse et la survie.
L’équilibre entre froid, dormance et disponibilité des ressources printanières constitue donc un élément essentiel de sa stratégie de survie.
Questions fréquentes
Le Paon du jour hiberne-t-il vraiment comme un adulte ?
Oui. Aglais io fait partie des papillons européens qui passent l’hiver sous leur forme adulte.
Les individus apparus pendant la belle saison peuvent rechercher un refuge à l’automne, entrer en diapause puis ressortir au printemps suivant.
Où se cache le Paon du jour en hiver ?
Il utilise des endroits sombres, frais et protégés : arbres creux, crevasses rocheuses, végétation dense, tas de bois, caves, garages, granges et parfois d’autres cavités naturelles ou artificielles.
Il peut donc parfaitement hiverner à proximité immédiate des habitations.
Peut-il survivre au froid ?
Oui, le Paon du jour possède des adaptations physiologiques lui permettant de supporter les conditions hivernales lorsqu’il est en diapause.
Des études expérimentales ont montré que sa résistance au froid évolue au cours de cette période et que la température d’hivernage influence sa survie.
Pourquoi trouve-t-on parfois un Paon du jour dans un garage ?
Un garage non chauffé peut reproduire plusieurs caractéristiques d’un refuge naturel : obscurité, tranquillité et températures relativement fraîches.
Le papillon n’est donc pas nécessairement entré par erreur. Il peut avoir choisi volontairement cet endroit pour passer l’hiver.
Faut-il donner de l’eau sucrée à un Paon du jour endormi ?
Non, pas à un individu normalement installé en diapause.
Le réveiller pour le nourrir peut être plus perturbant qu’utile. Son comportement naturel consiste précisément à réduire fortement son activité pendant cette période.
Quand ressort-il au printemps ?
Selon la météo et la région, les premiers individus peuvent être observés dès février-mars. En altitude ou dans les régions plus froides, la reprise d’activité est généralement plus tardive.
Ils recherchent ensuite rapidement des ressources nectarifères et des partenaires.
Pourquoi conserver des orties dans le jardin ?
Parce que l’ortie dioïque est la principale plante hôte des chenilles du Paon du jour dans une grande partie de l’Europe.
Sans plantes hôtes adaptées, les adultes peuvent visiter un jardin pour se nourrir mais ne pourront pas nécessairement y accomplir leur cycle reproducteur.
Conclusion
L’hivernage adulte paon du jour constitue l’une des stratégies les plus remarquables de ce papillon familier. Alors que de nombreux lépidoptères traversent l’hiver sous forme d’œuf, de chenille ou de chrysalide, Aglais io affronte directement la mauvaise saison sous sa forme ailée.
À l’automne, il recherche un refuge sombre, calme et frais : cavité d’arbre, fissure rocheuse, grange, garage, cave ou tas de bois. Il entre ensuite en diapause et réduit considérablement son activité afin d’économiser ses réserves.
Le froid n’est d’ailleurs pas son seul défi. Un environnement trop chaud ou des réveils répétés pendant des périodes hivernales anormalement douces peuvent augmenter ses dépenses énergétiques avant que les fleurs printanières soient disponibles.
Au jardin, le meilleur moyen de l’aider reste donc souvent très simple : préserver des refuges, conserver quelques zones sauvages, laisser pousser des orties et éviter de déranger les papillons immobiles découverts en hiver. Quelques mois plus tard, ces mêmes individus pourront réapparaître avec les premières journées ensoleillées et commencer un nouveau cycle de reproduction.
2 suggestions de liens internes :
- Comment créer un jardin favorable aux papillons
- Pourquoi laisser des orties dans une partie du jardin
3 sources externes dofollow :
- LPO — Paon du jour (Aglais io) — fiche naturaliste présentant notamment les refuges utilisés pendant la diapause.
- Butterfly Conservation — Winging it through the winter — présentation du passage de l’hiver chez les papillons adultes, dont le Peacock (Aglais io).
- Journal of Insect Physiology — Effects of low temperature on diapausing Aglais urticae and Inachis io — étude scientifique sur la résistance au froid et la survie hivernale du Paon du jour en diapause.