Dans le sud de la France, il suffit parfois de sortir à midi pour entendre un mur sonore presque continu.
Les cigales semblent remplir les pins, les oliviers et les chênes d’un bruit strident impossible à ignorer.
Pourtant, toutes les cigales ne participent pas à ce concert.
Chez les espèces françaises, ce sont les mâles qui produisent la cymbalisation caractéristique. L’Office pour les insectes et leur environnement rappelle explicitement que seuls les mâles « chantent », ou plus exactement cymbalisent.
Et contrairement aux grillons ou aux criquets, ils ne frottent pas leurs ailes ou leurs pattes l’une contre l’autre.
Ils utilisent un appareil sonore spécialisé situé dans l’abdomen.
Deux membranes rigides et élastiques, appelées cymbales ou timbales, sont déformées très rapidement par de puissants muscles. Chaque déformation produit un son bref. Répétées à très grande vitesse et amplifiées par des cavités de l’abdomen, ces impulsions deviennent le chant puissant que l’on associe aux journées chaudes de Provence.
Mais ce chant d’été ne représente que la phase visible d’une existence beaucoup plus longue.
Avant de devenir l’insecte ailé que l’on entend dans les arbres, la cigale passe l’essentiel de sa jeunesse sous terre, où ses larves se nourrissent en prélevant des liquides sur les racines des plantes.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une cigale ?
- Pourquoi seuls les mâles produisent-ils le chant ?
- Comment fonctionnent les cymbales ?
- Pourquoi le ventre de la cigale amplifie-t-il le son ?
- À quoi sert la cymbalisation ?
- Les femelles sont-elles totalement silencieuses ?
- Pourquoi entend-on surtout les cigales en été ?
- Le cycle de vie souterrain
- Comment la larve devient-elle adulte ?
- Que mangent les cigales ?
- Où trouve-t-on des cigales en France ?
- Pourquoi sont-elles si associées au Midi ?
- La cigale dans la culture provençale
- Idées reçues
- FAQ
- Conclusion
Qu’est-ce qu’une cigale ?
Les cigales appartiennent aux Hémiptères, un grand ordre d’insectes comprenant également les pucerons, les cicadelles et les punaises.
Les véritables cigales appartiennent principalement à la famille des Cicadidae.
Leur silhouette est facilement reconnaissable :
- corps robuste ;
- tête large ;
- gros yeux latéraux ;
- ailes transparentes parcourues de nervures ;
- appareil buccal de type piqueur-suceur.
Les espèces françaises n’ont pas toutes la même taille ni le même chant.
Parmi les espèces bien connues du sud de la France figurent notamment la Cigale grise, Cicada orni, et la grande cigale commune, Lyristes plebejus.
Un insecte qui boit la sève
Les cigales ne mangent pas des feuilles comme les chenilles.
Elles possèdent un rostre, une sorte d’appareil buccal pointu permettant de prélever les liquides végétaux.
Les larves vivent sous terre et se nourrissent au niveau des racines.
Les adultes prélèvent également des liquides végétaux, mais sur les parties aériennes des plantes. L’Opie rappelle ce fonctionnement pour les deux grandes phases du cycle.
Elles ne vivent donc pas uniquement d’air chaud et de soleil, contrairement à l’image poétique souvent associée à l’insecte.
Pourquoi seuls les mâles chantent-ils ?
Le chant joue principalement un rôle dans la reproduction.
Le mâle produit des signaux acoustiques destinés notamment à attirer des femelles de la même espèce.
L’Opie indique clairement que seuls les mâles sont équipés du système de cymbalisation permettant d’émettre ces sons puissants.
La femelle n’a pas besoin de produire le même appel à grande distance.
Elle doit surtout :
localiser les mâles,
s’accoupler,
puis trouver un support adapté pour pondre.
Ce partage des rôles explique pourquoi un arbre peut contenir plusieurs cigales adultes alors que seules certaines sont audibles.
Une différence anatomique fondamentale
Chez le mâle, l’appareil sonore occupe une partie importante de l’abdomen.
Les cymbales sont deux membranes convexes spécialisées.
Elles se trouvent de chaque côté de la partie antérieure de l’abdomen.
Des muscles puissants les déforment puis les laissent reprendre leur position.
Chaque mouvement crée une impulsion sonore.
L’Opie décrit ces membranes comme parcourues de nervures leur donnant du ressort et pouvant être déformées très rapidement par les contractions musculaires.
Comment les cymbales produisent-elles le son ?
On peut comparer le principe au claquement d’un couvercle métallique légèrement bombé.
Appuyez sur une membrane rigide :
elle bascule brusquement.
Relâchez :
elle revient.
Chez la cigale, ce processus est répété extrêmement rapidement.
Les muscles tirent sur la membrane.
Elle se déforme.
Puis son élasticité participe à son retour vers sa position initiale.
La succession de ces petits claquements crée une vibration continue à notre oreille.
L’Opie indique que chez certaines espèces, la membrane peut être déformée plusieurs centaines de fois par seconde.
Pourquoi le son est-il aussi puissant ?
Une petite membrane seule ne produirait pas le même volume.
Le corps de la cigale mâle participe à l’amplification.
Des structures internes de l’abdomen fonctionnent comme une caisse de résonance.
L’Opie décrit notamment une vaste poche d’air abdominale jouant le rôle de résonateur, souvent appelée « chapelle ».
Le principe ressemble à celui d’un instrument.
Une corde de guitare seule produit un son assez faible.
Installée au-dessus d’une caisse creuse, elle devient beaucoup plus audible.
Chez la cigale, l’abdomen contribue de manière comparable à amplifier les vibrations produites par les cymbales.
Peut-on vraiment appeler cela un chant ?
Dans le langage courant, oui.
Scientifiquement, on parle plus précisément de cymbalisation.
C’est un détail intéressant car la cigale ne produit pas ce son avec des cordes vocales.
Les insectes n’ont évidemment pas un larynx comparable au nôtre.
Le son est mécanique.
L’Opie distingue ainsi le système acoustique des cigales de celui d’autres insectes chanteurs qui utilisent leurs ailes ou leurs pattes.
À quoi sert la cymbalisation ?
La fonction la plus connue est l’appel sexuel.
Un mâle signale sa présence.
Une femelle peut détecter le signal et se rapprocher.
Mais parler d’un seul « chant » parfaitement identique serait trop simple.
Les signaux acoustiques peuvent varier :
selon l’espèce,
selon le contexte,
selon la phase de rapprochement entre mâle et femelle,
et probablement selon différentes interactions entre individus.
L’Opie souligne d’ailleurs que le rythme et l’intensité des sons changent selon les circonstances.
Pourquoi chaque espèce possède-t-elle son propre chant ?
Le signal acoustique contribue à la reconnaissance entre partenaires.
Dans un secteur méditerranéen, plusieurs espèces de cigales peuvent être actives simultanément.
Si toutes produisaient exactement le même signal, les risques de confusion seraient importants.
Les caractéristiques du chant permettent donc notamment aux individus de reconnaître les partenaires de leur espèce.
Pour un entomologiste expérimenté, ces différences acoustiques peuvent même être utiles pour repérer certaines espèces difficiles à voir dans la végétation.
Les femelles sont-elles totalement silencieuses ?
Elles ne produisent pas la grande cymbalisation caractéristique des mâles.
C’est ce qui justifie l’affirmation courante selon laquelle seules les cigales mâles chantent.
Mais il vaut mieux éviter d’étendre cette idée à la totalité des sons ou vibrations que pourrait produire une femelle dans tous les contextes.
En entomologie comportementale, les interactions peuvent inclure différents signaux subtils.
Ce que l’on entend dans un pin à plusieurs dizaines de mètres reste néanmoins principalement le système acoustique du mâle.
Pourquoi entend-on surtout les cigales quand il fait chaud ?
Les insectes sont ectothermes.
Leur température corporelle dépend fortement de l’environnement.
L’activité musculaire nécessaire à la cymbalisation fonctionne mieux lorsque les conditions thermiques sont favorables.
C’est pourquoi les cigales sont particulièrement associées aux journées chaudes et ensoleillées.
La température influence aussi :
activité,
déplacements,
reproduction,
rythme des émissions acoustiques.
Il serait toutefois trompeur d’utiliser une température universelle à partir de laquelle « toutes les cigales se mettent à chanter ».
Les seuils et comportements varient selon les espèces et les conditions.
Pourquoi le concert s’arrête-t-il parfois brutalement ?
Une baisse de température, l’arrivée de nuages, du vent important ou une perturbation peuvent modifier l’activité.
Plusieurs mâles présents dans le même secteur peuvent alors réduire presque simultanément leur cymbalisation.
Pour un observateur humain, le contraste est spectaculaire.
Un paysage extrêmement sonore peut redevenir presque silencieux en quelques instants.
La partie cachée de leur vie commence sous terre
Le chant spectaculaire des adultes occupe seulement une fraction du cycle.
Après l’accouplement, la femelle recherche un support approprié.
Elle possède un ovipositeur lui permettant de déposer ses œufs dans des tissus végétaux.
L’Opie explique que la femelle peut utiliser des tiges, branchettes ou écorces, dans lesquelles elle crée de petites logettes pour déposer ses œufs.
Après l’éclosion, les jeunes larves gagnent le sol.
Commence alors la plus longue phase de leur existence.
Des larves parfaitement adaptées à la vie souterraine
La jeune cigale s’enfonce dans la terre.
Ses pattes antérieures sont adaptées au creusement.
Elle cherche des racines sur lesquelles elle peut se nourrir grâce à son rostre.
L’Opie décrit précisément ces larves vivant dans des galeries souterraines à proximité des racines.
Cette phase peut durer plusieurs années selon les espèces.
Il faut ici éviter une confusion fréquente.
Les cigales françaises ne vivent pas forcément 17 ans sous terre
Les célèbres cycles de 13 ou 17 ans concernent surtout certaines cigales périodiques nord-américaines du genre Magicicada.
Il ne faut pas reprendre ces chiffres automatiquement pour les espèces françaises.
L’Opie précise simplement que le développement des cigales de nos régions peut durer plus de deux ans.
La durée exacte varie selon :
espèce,
climat,
croissance,
conditions du sol.
Comment la larve devient-elle adulte ?
Lorsque son développement souterrain est terminé, la nymphe remonte vers la surface.
Elle quitte le sol puis cherche un support vertical :
tronc,
branche,
mur,
pierre,
tige.
Elle s’y accroche.
Commence alors la mue imaginale.
La cuticule se fend.
L’adulte sort lentement.
Ses ailes, d’abord molles et repliées, se déploient progressivement.
Puis elles durcissent.
L’ancienne enveloppe reste fixée au support.
C’est l’exuvie.
Les exuvies sont les meilleurs indices pour observer les cigales
Il est parfois difficile de repérer une cigale adulte parfaitement camouflée sur une écorce.
Les exuvies sont beaucoup plus simples à découvrir.
Cherchez-les :
sur les troncs,
au bas des arbres,
sur les murs,
sur la végétation basse.
Elles ressemblent à de petites enveloppes brun clair parfaitement formées, ouvertes sur le dos.
Une exuvie vide indique qu’une cigale adulte a récemment terminé sa dernière mue à cet endroit.
Que se passe-t-il après l’émergence ?
L’adulte doit d’abord terminer le durcissement de son corps et de ses ailes.
Il peut ensuite voler et commencer sa courte vie aérienne.
Cette phase est principalement consacrée à :
se nourrir,
se disperser,
trouver un partenaire,
s’accoupler,
pondre pour les femelles.
C’est également pendant cette phase que les mâles produisent les sons spectaculaires de l’été.

Les cigales meurent-elles juste après avoir chanté ?
Pas immédiatement.
L’adulte peut vivre plusieurs semaines selon l’espèce et les conditions.
Il continue à se nourrir et à participer à la reproduction.
Mais sa phase adulte est effectivement beaucoup plus courte que sa longue période juvénile souterraine.
Cette disproportion explique pourquoi nous avons une perception très particulière de l’animal.
Nous remarquons la partie la plus bruyante de son existence, alors qu’elle est loin d’être la plus longue.
Que mangent les adultes ?
Comme les jeunes formes, ils prélèvent des liquides végétaux.
L’Opie indique que les adultes sucent la sève des plantes en surface grâce à leur rostre.
La cigale ne possède donc pas des mandibules broyeuses capables de dévorer de grandes portions de feuilles.
Elle introduit son rostre dans les tissus végétaux pour accéder aux liquides.
Les cigales endommagent-elles les arbres ?
Les adultes peuvent prélever de la sève sans provoquer automatiquement de dégâts graves sur un arbre sain.
La ponte peut également créer de petites blessures sur les rameaux.
Dans certaines situations particulières ou avec des densités très élevées, des dommages sont possibles.
Mais il serait faux de présenter les cigales françaises comme des ravageurs systématiquement dangereux pour les arbres des jardins.
Elles constituent avant tout une composante normale de la faune des régions où elles sont présentes.
Où trouve-t-on des cigales en France ?
La culture populaire associe fortement les cigales à la Provence.
Cette association est justifiée, mais leur distribution ne s’arrête pas aux limites administratives de cette région.
Plusieurs espèces fréquentent les zones méditerranéennes françaises et certaines peuvent être observées plus largement selon les habitats et les conditions climatiques.
Parmi les espèces très répandues dans le sud figurent notamment Cicada orni et Lyristes plebejus.
On les rencontre surtout dans des paysages chauds comportant suffisamment d’arbres et d’arbustes.
Pourquoi semblent-elles progresser vers le nord ?
La répartition des insectes peut évoluer avec :
températures,
habitats,
sécheresses,
continuité des végétations,
changements climatiques.
Mais il faut rester prudent lorsqu’on parle d’une « invasion vers le nord ».
Les espèces n’évoluent pas toutes de la même façon.
Pour documenter une évolution de répartition, il faut utiliser des données entomologiques précises et distinguer les espèces.
Une observation ponctuelle ne suffit pas à prouver une expansion durable.
Pourquoi sont-elles devenues le symbole du Midi ?
Le son est probablement la première explication.
Une cigale n’est pas un insecte discret lorsqu’elle cymbalise.
Son activité coïncide avec :
fortes chaleurs,
vacances estivales,
paysages méditerranéens,
oliviers,
pins,
garrigues.
Le lien sensoriel devient donc très fort.
On n’associe pas seulement la cigale à un paysage.
On l’associe à une température, une saison et une ambiance sonore.
La cigale dans l’imaginaire provençal
En Provence, la cigale est devenue un symbole culturel majeur.
On la retrouve sur :
céramiques,
tissus,
décorations,
enseignes,
objets artisanaux,
souvenirs.
Son image évoque immédiatement le soleil et l’été méditerranéen.
Cette importance dépasse largement son intérêt entomologique.
La cigale appartient aujourd’hui à l’identité visuelle et sonore de nombreux territoires du sud de la France.
La Fontaine a-t-il rendu justice à l’insecte ?
La fable « La Cigale et la Fourmi » a profondément façonné notre perception de l’animal.
La cigale y devient le symbole d’un être qui chante tout l’été au lieu de préparer l’hiver.
Biologiquement, l’image est évidemment fausse.
La cigale adulte ne cherche pas à passer l’hiver sous cette forme.
Son cycle repose sur une longue phase juvénile souterraine.
L’insecte ne fait donc pas un choix imprudent entre chanter et constituer des réserves.
Il suit simplement sa stratégie reproductive.
Et rappelons surtout que dans la nature, la cigale qui produit le fameux « chant » de la fable serait un mâle.
Pourquoi les cigales sont-elles importantes pour les écosystèmes ?
Elles participent aux réseaux alimentaires.
Œufs, larves et adultes peuvent devenir les proies de nombreux animaux.
L’Opie mentionne notamment différents prédateurs intervenant à plusieurs étapes du cycle, depuis de minuscules parasitoïdes des œufs jusqu’à des prédateurs du sol et des adultes.
Les larves participent également aux interactions souterraines en creusant le sol et en exploitant les racines.
Après leur mort, les adultes restituent des éléments nutritifs aux écosystèmes.
Comment observer une cigale sans la déranger ?
Le son vous indique généralement la direction.
Avancez lentement.
Puis arrêtez-vous.
Les mâles peuvent cesser de cymbaliser lorsqu’ils perçoivent une perturbation.
Cherchez surtout les silhouettes sur :
troncs,
grosses branches,
écorces exposées au soleil.
Des jumelles peuvent être utiles.
La meilleure méthode reste souvent d’attendre que le mâle recommence à produire son signal.
Observer l’émergence
La dernière mue constitue l’un des moments les plus intéressants du cycle.
Cherchez des trous dans le sol à proximité d’arbres où des exuvies sont nombreuses.
En soirée ou pendant la nuit, il est parfois possible d’observer une nymphe remontant sur un support.
Ne la manipulez pas.
Une cigale en cours de mue est extrêmement vulnérable.
Une chute ou une aile déformée peut compromettre définitivement son envol.
Idées reçues sur les cigales
« Toutes les cigales chantent »
Faux.
Chez les cigales de nos régions, la grande cymbalisation caractéristique est produite par les mâles.
« Elles frottent leurs ailes comme les grillons »
Faux.
Le son est produit par des membranes abdominales spécialisées appelées cymbales ou timbales.
« Elles chantent avec leur bouche »
Faux.
La production sonore est mécanique et abdominale.
« Toutes vivent 17 ans sous terre »
Faux.
Les cycles de 17 ans concernent certaines espèces nord-américaines. Les cigales françaises ont des cycles différents.
« Elles ne mangent rien une fois adultes »
Faux.
Les adultes prélèvent des liquides végétaux à l’aide de leur rostre.
« La cigale de La Fontaine est une femelle »
Le texte littéraire ne décrit évidemment pas un individu réel, mais biologiquement, la grande production sonore caractéristique serait celle d’un mâle.
« Une cigale adulte vit plusieurs années dans un arbre »
Faux.
La longue partie du cycle se déroule surtout sous terre avant l’émergence adulte.
« Les cigales ne vivent qu’en Provence »
Faux.
La Provence est emblématique, mais différentes espèces sont présentes dans une aire plus large du sud de la France et au-delà selon l’espèce.
FAQ : pourquoi les cigales chantent
Pourquoi les cigales chantent-elles en été ?
Les mâles utilisent principalement leur cymbalisation comme signal reproducteur destiné notamment à attirer les femelles. L’activité acoustique est également favorisée par les températures estivales correspondant à leur phase adulte.
Pourquoi seules les cigales mâles chantent-elles ?
Parce que l’appareil de cymbalisation spécialisé est développé chez les mâles pour produire les puissants signaux reproducteurs caractéristiques.
Comment une cigale fait-elle autant de bruit ?
Ses muscles déforment rapidement deux membranes abdominales, les cymbales. Le son est ensuite amplifié par des structures de résonance dans l’abdomen.
Combien d’années une cigale reste-t-elle sous terre ?
Cela dépend de l’espèce. L’Opie indique que le cycle des cigales de nos régions peut dépasser deux ans, mais il ne faut pas leur appliquer le célèbre cycle de 17 ans de certaines espèces nord-américaines.
Que mange une larve de cigale ?
Elle vit sous terre et prélève des liquides au niveau des racines grâce à son rostre.
Où peut-on observer les cigales en France ?
Elles sont particulièrement communes dans les régions méditerranéennes et le sud du pays, avec plusieurs espèces présentes selon les habitats. Cicada orni et Lyristes plebejus figurent parmi les espèces bien connues du sud de la France.
Conclusion
Pourquoi les cigales chantent est une question dont la réponse commence par une précision essentielle :
toutes ne chantent pas.
Chez les cigales françaises, ce sont les mâles qui produisent la puissante cymbalisation estivale. L’Opie confirme que seuls les mâles possèdent l’appareil sonore caractéristique utilisé pour émettre ces appels.
Le mécanisme est très différent de celui d’un criquet ou d’un grillon.
La cigale ne frotte pas deux parties externes de son corps.
Dans son abdomen se trouvent des membranes spécialisées, les cymbales ou timbales.
Des muscles puissants les déforment rapidement.
Chaque déformation produit une impulsion.
Répétée des centaines de fois, cette succession devient un son continu à notre oreille.
Puis l’abdomen intervient comme une caisse de résonance et amplifie fortement le résultat.
Cette remarquable machine acoustique a surtout une fonction reproductrice.
Le mâle signale sa présence aux femelles de son espèce.
Les caractéristiques précises du signal peuvent varier entre espèces et contextes.
Voilà pourquoi plusieurs cigales vivant dans une même région peuvent produire des ambiances sonores nettement différentes.
Mais cette phase spectaculaire ne représente qu’une petite partie de leur cycle.
Avant de rejoindre les branches chauffées par le soleil, une cigale passe une longue période sous terre.
Après la ponte, les jeunes formes gagnent le sol et utilisent leurs pattes fouisseuses pour se déplacer près des racines.
Elles prélèvent alors des liquides végétaux avec leur rostre. L’Opie précise que cette phase souterraine peut dépasser deux ans chez les cigales de nos régions.
Puis vient l’émergence.
La nymphe remonte vers la surface.
Grimpe sur un support.
Sa cuticule se fend.
L’adulte ailé apparaît.
Et quelques heures plus tard, une fois ses ailes développées et durcies, une nouvelle vie commence.
C’est durant cette courte phase aérienne que le mâle produira le son devenu emblématique du Midi.
La cigale est ainsi beaucoup plus qu’un bruit de vacances.
Elle est un insecte dont la biologie combine une longue existence souterraine avec une brève saison adulte entièrement orientée vers la reproduction.
Sa place culturelle en Provence est immense.
Son image se retrouve partout, et son chant est devenu presque indissociable des paysages méditerranéens.
Mais derrière ce symbole populaire se cache un mécanisme biologique remarquablement spécialisé.
Lorsque des dizaines de cigales font vibrer un pin en plein après-midi, ce n’est donc pas simplement un concert collectif.
C’est avant tout une multitude de mâles utilisant chacun leur propre appareil acoustique pour envoyer dans le paysage un signal reproducteur.