La cloque du pêcher : prévenir cette maladie avant qu’il ne soit trop tard

Au printemps, les jeunes feuilles d’un pêcher peuvent se déformer en quelques jours. Elles deviennent épaisses, boursouflées, parfois rougeâtres ou rosées, puis finissent par brunir et tomber.

Ce symptôme très caractéristique correspond souvent à la cloque du pêcher, une maladie provoquée par le champignon Taphrina deformans. INRAE précise que ce pathogène attaque surtout les jeunes tissus en croissance, principalement les feuilles et les jeunes rameaux.

Le point essentiel à comprendre est que lorsque les feuilles sont déjà cloquées, il est trop tard pour espérer les « guérir » avec un traitement curatif classique. La stratégie la plus efficace repose surtout sur la prévention, avant ou au tout début du débourrement, c’est-à-dire avant que les jeunes tissus sensibles soient pleinement exposés.

Le calendrier compte donc davantage que la quantité de produit utilisée.

Le champignon passe l’hiver dans les anfractuosités de l’écorce et au niveau des bourgeons. INRAE indique qu’un hiver doux et humide favorise sa survie et que les contaminations ont lieu très tôt lorsque les conditions deviennent favorables au printemps.

Sommaire

  1. Qu’est-ce que la cloque du pêcher ?
  2. Quels sont les symptômes caractéristiques ?
  3. Comment évolue la maladie ?
  4. Pourquoi les feuilles se déforment-elles ?
  5. Comment le champignon passe-t-il l’hiver ?
  6. Pourquoi certaines années sont-elles plus sévères ?
  7. Pourquoi les traitements doivent-ils être préventifs ?
  8. Quand traiter en fin d’hiver ?
  9. Quels produits sont réellement utilisés ?
  10. Pourquoi le cuivre doit-il être utilisé avec prudence ?
  11. Calendrier de prévention mois par mois
  12. Que faire lorsque la cloque est déjà visible ?
  13. Faut-il enlever les feuilles atteintes ?
  14. Comment limiter les récidives ?
  15. Le choix variétal peut-il aider ?
  16. Les erreurs courantes
  17. FAQ
  18. Conclusion

Qu’est-ce que la cloque du pêcher ?

La cloque du pêcher est une maladie cryptogamique provoquée par Taphrina deformans.

INRAE indique que ce champignon parasite se développe principalement sur le pêcher, Prunus persica. Il peut également atteindre les brugnoniers et, plus rarement, l’amandier.

La maladie est surtout connue pour les déformations spectaculaires qu’elle provoque sur les jeunes feuilles.

Mais le champignon peut également affecter :

  • jeunes rameaux ;
  • pousses en croissance ;
  • parfois fruits.

Le Ctifl possède d’ailleurs des observations documentées de symptômes de cloque directement sur les pêches.

Les dégâts les plus fréquents concernent cependant le feuillage.

Quels sont les symptômes de la cloque du pêcher ?

Le premier signe est généralement une déformation des jeunes feuilles.

Elles deviennent :

épaisses,

boursouflées,

gaufrées,

recroquevillées.

La couleur change également.

Selon le stade, une feuille atteinte peut devenir :

vert clair,

jaunâtre,

rosée,

rougeâtre,

puis brunâtre.

INRAE décrit précisément des tissus foliaires fortement déformés, épaissis et colorés par le développement du champignon.

Les symptômes apparaissent généralement sur les jeunes tissus au printemps.

Pourquoi les feuilles deviennent-elles boursouflées ?

Le champignon perturbe directement le développement normal des cellules.

Une partie du limbe grandit de manière anormale.

Les tissus deviennent plus épais.

Certaines zones se développent davantage que d’autres.

La feuille ne peut alors plus conserver sa forme plane.

Elle se gondole.

Les déformations sont donc intégrées au tissu lui-même.

Ce n’est pas simplement un dépôt posé à la surface de la feuille.

C’est pourquoi une feuille déjà fortement atteinte ne peut pas retrouver ensuite une forme normale.

Que devient une feuille infectée ?

Après la phase de déformation, les feuilles fortement touchées peuvent se dessécher et tomber.

Un pêcher vigoureux produit souvent ensuite une nouvelle génération de feuilles.

Dans une attaque modérée et ponctuelle, l’arbre peut donc récupérer.

Mais une défoliation importante représente un véritable coût énergétique.

Le pêcher doit mobiliser ses réserves pour remplacer les feuilles perdues.

Si ce phénomène se répète plusieurs années, la vigueur générale peut diminuer.

Une forte attaque peut également perturber :

croissance,

mise à fruit,

développement des jeunes rameaux.

Pourquoi la maladie revient-elle chaque année ?

Parce que Taphrina deformans possède un cycle adapté à l’hiver.

INRAE indique que le champignon se conserve notamment sous forme de spores dans :

les anfractuosités de l’écorce,

les écailles des bourgeons,

et parfois à la surface du sol.

Il n’a donc pas besoin qu’une vieille feuille cloquée reste accrochée tout l’hiver pour revenir.

Le pathogène peut déjà être présent directement sur l’arbre.

Lorsque le printemps arrive, ces formes de conservation deviennent une source de nouvelles contaminations.

Pourquoi la fin de l’hiver est-elle la période clé ?

Parce que le champignon contamine surtout les tissus très jeunes.

Tant que les bourgeons sont complètement fermés, la majorité des tissus sensibles restent protégés.

Puis vient le débourrement.

Les écailles s’écartent.

Les jeunes feuilles commencent à apparaître.

C’est à ce moment que la sensibilité augmente fortement.

Les stratégies professionnelles décrites par les Chambres d’agriculture ciblent précisément cette période précoce, autour du gonflement et de l’ouverture progressive des bourgeons.

Attendre l’apparition des grosses cloques rouges signifie donc intervenir après l’essentiel de l’infection.

Quel temps favorise la cloque du pêcher ?

L’humidité joue un rôle majeur.

INRAE indique qu’un hiver doux et humide favorise la survie des spores.

Les périodes fraîches et humides autour du débourrement favorisent également les contaminations.

Une succession de journées sèches et rapidement chaudes peut au contraire réduire la fenêtre favorable à l’infection.

Cela explique pourquoi un même arbre peut présenter :

une attaque sévère une année,

puis beaucoup moins de symptômes la saison suivante.

La présence du champignon n’est pas le seul facteur.

La météo au moment précis du développement des jeunes feuilles est déterminante.

Pourquoi les traitements doivent-ils être préventifs ?

Parce qu’une fois que le champignon a pénétré les jeunes tissus et provoqué la déformation, le problème est installé.

Les produits de contact utilisés contre la cloque agissent surtout en réduisant l’inoculum ou en empêchant les contaminations à la surface des tissus.

Ils ne « redressent » pas une feuille déjà déformée.

C’est pourquoi les recommandations techniques insistent sur une intervention autour des stades précoces des bourgeons, avant que les symptômes deviennent visibles.

Dans un jardin familial, cela change complètement la stratégie.

Il faut observer les bourgeons.

Pas attendre les feuilles malades.

Quand traiter exactement ?

Il n’existe pas une date nationale unique.

Un pêcher situé à Perpignan et un autre situé en Alsace ne débourrent pas simultanément.

Le meilleur repère est donc le stade de l’arbre.

La Chambre d’agriculture décrit en agriculture biologique des interventions cupriques pendant les périodes contaminantes, avec généralement plusieurs applications adaptées à l’évolution des bourgeons et aux conditions météorologiques.

Un autre guide technique pêche-nectarine situe des interventions autour du stade B, puis du stade C/D.

Pour un jardinier amateur, retenez surtout :

surveiller dès la fin de l’hiver,

intervenir avant ou au tout début du débourrement avec un produit autorisé pour cet usage,

suivre strictement l’étiquette du produit.

Calendrier pratique de prévention

Après la chute des feuilles

Inspectez l’arbre.

Retirez :

bois mort,

fruits momifiés,

rameaux franchement malades lorsqu’ils sont identifiés.

Nettoyez également les outils de taille.

L’objectif est de maintenir un arbre sain et aéré.

Ce travail ne suffit pas à éliminer Taphrina deformans, puisque le champignon peut persister sur l’écorce et les bourgeons, mais il améliore l’hygiène générale du verger.

En plein hiver

Surveillez l’état sanitaire.

Évitez les tailles inutiles pendant une période très humide.

Préparez surtout votre stratégie avant le réveil des bourgeons.

Si vous utilisez un produit phytopharmaceutique, vérifiez à l’avance :

son autorisation,

la dose,

le nombre maximal d’applications,

les conditions météorologiques requises.

Fin d’hiver

Commencez à observer les bourgeons plusieurs fois par semaine.

Dans les régions douces, ce stade peut arriver très tôt.

Dans les régions froides, beaucoup plus tard.

Le calendrier doit donc suivre l’arbre et non le mois imprimé sur un guide.

Gonflement des bourgeons

C’est une phase particulièrement importante dans la protection préventive.

Les documents techniques des Chambres d’agriculture positionnent les interventions contre la cloque à ces stades précoces.

Début d’ouverture

Le risque reste important si les conditions sont fraîches et humides.

Suivez les indications du produit autorisé utilisé.

Ne multipliez jamais les traitements au hasard.

Floraison

Attention au cuivre.

Une fiche technique récente des Chambres d’agriculture rappelle que le cuivre peut être phytotoxique, que cette phytotoxicité est aggravée dans certaines conditions humides ou gélives, et qu’il ne faut pas traiter pendant la floraison en raison du risque pour le pollen et la nouaison.

Quel traitement est utilisé contre la cloque ?

Le cuivre est historiquement l’un des principaux outils utilisés contre Taphrina deformans.

Le ministère français de l’Agriculture cite explicitement la cloque du pêcher parmi les maladies contre lesquelles le cuivre est employé.

Les Chambres d’agriculture présentent également les applications cupriques comme un élément central des stratégies préventives, notamment en agriculture biologique.

Mais « utiliser du cuivre » ne signifie pas pulvériser de la bouillie bordelaise n’importe quand.

Le produit doit :

être autorisé pour l’usage concerné,

être appliqué à la dose prévue,

respecter le nombre maximal d’applications,

être utilisé au stade adéquat.

L’étiquette est donc prioritaire sur tout conseil générique trouvé en ligne.

Pourquoi faut-il être prudent avec le cuivre ?

Parce que le cuivre n’est pas un produit anodin.

Il s’accumule dans les sols et son usage est réglementé.

Le ministère de l’Agriculture rappelle justement que son utilisation fait l’objet de limites destinées à réduire les impacts environnementaux.

Les Chambres d’agriculture soulignent également sa phytotoxicité potentielle. Une application dans de mauvaises conditions peut ralentir le développement végétal, et le risque augmente notamment par temps humide ou gélif.

La logique moderne n’est donc pas :

« plus de cuivre = meilleure protection ».

Elle est :

appliquer seulement lorsque cela est justifié,

au bon moment,

dans les limites réglementaires.

Faut-il faire plusieurs traitements ?

Cela dépend :

du produit,

du climat,

de la pression de maladie,

du stade du pêcher,

des recommandations locales.

Dans les vergers professionnels fortement exposés, plusieurs passages peuvent être nécessaires. Une enquête de la DRAAF Occitanie montre d’ailleurs que la lutte contre la cloque représente plusieurs interventions dans certaines grandes zones de production de pêches du sud de la France.

Mais un jardin familial ne doit pas copier automatiquement un programme professionnel.

Les objectifs, la pression sanitaire, les produits autorisés et la réglementation peuvent différer.

Suivez toujours :

l’étiquette,

les recommandations locales,

les Bulletins de santé du végétal lorsqu’ils sont disponibles.

Peut-on traiter quand les feuilles sont déjà cloquées ?

Ce n’est généralement plus le bon moment pour empêcher l’infection déjà visible.

Les feuilles atteintes ne redeviendront pas normales.

À ce stade, l’objectif consiste surtout à :

soutenir l’arbre,

limiter les stress supplémentaires,

surveiller la nouvelle végétation,

préparer une prévention correcte pour la saison suivante.

Le traitement tardif « pour réparer les feuilles » est donc l’une des erreurs les plus fréquentes.

Faut-il retirer les feuilles atteintes ?

Dans un petit arbre peu touché, retirer certaines feuilles fortement malades tombées au sol peut contribuer à l’hygiène du jardin.

Mais arracher systématiquement toutes les feuilles encore fonctionnelles d’un arbre déjà fortement défolié peut aggraver son affaiblissement.

Le champignon peut de toute façon persister au niveau des bourgeons et de l’écorce pendant l’hiver.

Le ramassage des feuilles ne remplace donc pas la prévention de fin d’hiver.

Il constitue seulement une mesure complémentaire.

Que faire après une forte attaque ?

Un arbre sévèrement touché doit reconstruire son feuillage.

Votre priorité devient alors de limiter les autres stress.

Maintenir une humidité raisonnable

En cas de sécheresse prolongée, arrosez suffisamment pour éviter un stress hydrique supplémentaire.

N’inondez pas le sol.

Éviter une fertilisation azotée excessive

Un apport massif d’azote ne « guérit » pas la maladie.

Il peut produire beaucoup de tissus tendres sans résoudre la cause.

Surveiller les autres maladies

Un arbre affaibli mérite davantage d’attention.

Conserver suffisamment de feuillage sain

Ne défeuillez pas inutilement.

L’arbre a besoin de photosynthèse pour reconstituer ses réserves.

Les feuilles qui repoussent seront-elles forcément malades ?

Non.

La sensibilité maximale correspond aux périodes précoces de développement et dépend fortement des conditions météorologiques.

Lorsque les températures deviennent moins favorables au champignon, les nouvelles feuilles peuvent rester beaucoup plus saines.

INRAE indique que les symptômes sont principalement printaniers, même si des manifestations peuvent se poursuivre plus tard selon les conditions climatiques.

Un arbre très atteint en avril peut donc parfois présenter un aspect nettement meilleur quelques semaines plus tard.

Pourquoi éviter l’arrosage sur le feuillage ?

Une humidité prolongée sur les jeunes tissus peut favoriser de nombreuses maladies.

Au jardin, arrosez plutôt directement le sol.

Cela ne permet pas à lui seul de stopper la cloque, dont les contaminations dépendent aussi de la pluie et de l’humidité naturelle.

Mais c’est une bonne pratique générale pour réduire les périodes de mouillage artificiel du feuillage.

Un goutte-à-goutte ou un arrosage au pied est préférable à un arroseur projetant continuellement de l’eau sur l’arbre.

Faut-il tailler fortement pour éviter la cloque ?

Non.

Une taille sévère n’élimine pas le champignon.

Elle peut même provoquer une forte émission de jeunes pousses.

Le but de la taille doit rester :

retirer le bois problématique,

maintenir une architecture équilibrée,

favoriser une bonne pénétration de lumière,

faciliter les interventions.

Évitez les tailles drastiques simplement parce qu’une attaque de cloque est apparue.

L’aération peut-elle empêcher la maladie ?

Pas à elle seule.

Mais une couronne très dense reste humide plus longtemps après la pluie.

Une architecture relativement aérée améliore le séchage du feuillage et facilite l’observation.

Cela s’inscrit donc dans une stratégie générale d’hygiène du verger.

L’aération ne remplace cependant pas la protection préventive pendant la fenêtre de contamination.

Le choix de la variété est-il important ?

Oui.

Toutes les variétés de pêchers ne présentent pas exactement la même sensibilité.

Le Ctifl et INRAE travaillent actuellement sur le levier génétique pour obtenir une résistance plus durable à Taphrina deformans. Des travaux récents ont identifié des sources de résistance partielle et des régions génétiques d’intérêt pour la sélection.

Cela ne signifie pas qu’il existe aujourd’hui un pêcher absolument immunisé à planter partout.

Mais le choix variétal peut influencer fortement la pression de maladie.

Dans un jardin où la cloque revient chaque année, recherchez des variétés connues localement pour présenter une meilleure tolérance.

Pourquoi le climat local compte-t-il autant ?

Deux jardiniers cultivant exactement la même variété peuvent obtenir des résultats très différents.

Le premier possède un verger :

ventilé,

relativement sec au débourrement,

dans un climat favorable.

Le second subit régulièrement :

pluie,

brouillard,

printemps frais,

sol maintenant une forte humidité ambiante.

Le deuxième arbre est soumis à une pression de contamination beaucoup plus importante.

C’est pourquoi les conseils locaux d’une chambre d’agriculture ou d’un Bulletin de santé du végétal sont particulièrement précieux.

Peut-on empêcher la pluie d’atteindre l’arbre ?

Pour de petits pêchers palissés, certains jardiniers utilisent parfois une protection temporaire permettant de limiter le mouillage des bourgeons pendant les périodes les plus sensibles.

Cette approche peut réduire le risque si elle est correctement réalisée.

Mais elle ne doit pas :

empêcher la ventilation,

surchauffer l’arbre,

rester en permanence,

ou gêner la pollinisation.

À grande échelle, cette méthode est évidemment beaucoup moins pratique.

Elle illustre néanmoins un principe biologique important :

réduire le mouillage des tissus pendant la fenêtre sensible réduit les possibilités de contamination.

Calendrier simplifié de lutte préventive

Novembre à janvier

Inspecter l’arbre.

Retirer bois mort et fruits momifiés.

Nettoyer les outils.

Observer les attaques de l’année précédente afin d’évaluer le risque.

Février à mars selon région

Surveiller étroitement le gonflement des bourgeons.

Ne vous fiez pas uniquement au calendrier.

Un hiver doux peut provoquer un réveil très précoce.

Avant et au début du débourrement

C’est la période stratégique pour les interventions préventives autorisées contre la cloque.

Les programmes professionnels positionnent justement la protection autour des premiers stades de gonflement et d’ouverture.

Pendant les périodes fraîches et humides

La vigilance doit être renforcée.

Suivez les recommandations locales et l’étiquette du produit.

Floraison

Ne réalisez pas d’application cuprique improvisée.

Les Chambres d’agriculture signalent un risque de phytotoxicité et de perturbation du pollen.

Après apparition des symptômes

Ne cherchez plus à « guérir » les feuilles déformées.

Soutenez l’arbre.

Ramassez les tissus tombés lorsque cela est pratique.

Préparez surtout la prévention de l’année suivante.

Les erreurs les plus courantes

Erreur 1 : attendre les premières feuilles rouges pour traiter

L’infection a déjà eu lieu.

Solution :

intervenir préventivement au bon stade.

Erreur 2 : suivre une date fixe chaque année

Le débourrement varie selon le climat.

Solution :

observer les bourgeons.

Erreur 3 : pulvériser du cuivre plus souvent « pour être sûr »

Le cuivre est réglementé et peut être phytotoxique.

Solution :

respecter strictement le produit autorisé et son étiquette.

Erreur 4 : traiter pendant la floraison

Cela peut perturber pollen et nouaison.

Solution :

respecter les stades autorisés.

Erreur 5 : arracher immédiatement toutes les feuilles atteintes

Un arbre fortement touché a besoin de reconstruire sa surface photosynthétique.

Solution :

retirer raisonnablement les tissus fortement dégradés ou tombés, sans défeuiller inutilement.

Erreur 6 : penser que les feuilles mortes sont l’unique source du champignon

Taphrina deformans peut persister directement dans les anfractuosités de l’écorce et sur les bourgeons.

Erreur 7 : apporter énormément d’engrais après une attaque

Cela ne détruit pas le champignon.

Solution :

maintenir une nutrition équilibrée.

Erreur 8 : croire qu’une variété dite tolérante ne sera jamais malade

La résistance est souvent partielle.

Solution :

combiner génétique, bonnes pratiques culturales et prévention.

Erreur 9 : copier un programme de verger professionnel dans un petit jardin

Les produits et stratégies ne sont pas nécessairement identiques.

Solution :

utiliser uniquement des produits autorisés pour votre situation.

Erreur 10 : ignorer la météo

Un printemps humide et frais peut modifier fortement le risque.

Solution :

adapter la vigilance aux conditions réelles.

Idées reçues

« Une feuille cloquée peut redevenir normale »

Faux.

Une fois les tissus fortement déformés, ils ne reprennent pas leur architecture initiale.

« La cloque tue toujours le pêcher »

Faux.

Une attaque ponctuelle peut être bien tolérée par un arbre vigoureux.

Les attaques répétées et sévères sont beaucoup plus préoccupantes.

« Une seule pulvérisation à n’importe quel moment suffit »

Faux.

L’efficacité dépend énormément du stade de l’arbre et des conditions de contamination.

« Le cuivre est naturel, donc sans risque »

Faux.

C’est une substance active réglementée, potentiellement phytotoxique et susceptible de s’accumuler dans le sol.

« Ramasser les feuilles élimine définitivement le champignon »

Faux.

Le pathogène peut hiverner directement sur l’écorce et les bourgeons.

« La cloque vient d’un manque d’engrais »

Faux.

Il s’agit d’une maladie provoquée par Taphrina deformans.

FAQ : cloque du pêcher traitement

Comment reconnaître la cloque du pêcher ?

Les jeunes feuilles deviennent épaisses, boursouflées, déformées et prennent souvent des teintes rouges, roses ou jaunâtres. INRAE décrit ces symptômes comme caractéristiques de Taphrina deformans.

Quand traiter contre la cloque du pêcher ?

La protection doit être principalement préventive, autour du gonflement et du début d’ouverture des bourgeons, avant que les symptômes soient installés. Les stratégies professionnelles ciblent précisément ces stades.

Peut-on traiter lorsque les feuilles sont déjà cloquées ?

Le traitement ne redonnera pas une forme normale aux feuilles déjà malades. À ce stade, il faut surtout limiter les stress de l’arbre et préparer la prévention de la saison suivante.

La bouillie bordelaise est-elle efficace ?

Les produits cupriques font partie des moyens préventifs historiquement utilisés contre la cloque. Le ministère de l’Agriculture cite explicitement cette maladie parmi les usages du cuivre. Leur utilisation doit toutefois respecter les autorisations, doses et périodes prévues.

Faut-il traiter pendant la floraison ?

Une application cuprique improvisée pendant la floraison est déconseillée. Les Chambres d’agriculture rappellent notamment les risques de phytotoxicité et d’effet sur le pollen.

Pourquoi mon pêcher est-il malade certaines années seulement ?

Les conditions météorologiques changent fortement la pression de la maladie. Un hiver doux et humide et des conditions fraîches et humides au débourrement favorisent les contaminations.

Faut-il enlever toutes les feuilles malades ?

Pas nécessairement. Retirez les feuilles mortes ou fortement dégradées lorsque cela est pratique, mais ne défeuillez pas inutilement un arbre déjà affaibli.

Existe-t-il des variétés résistantes ?

Il existe des différences de sensibilité et des résistances partielles. INRAE et le Ctifl travaillent actuellement sur des caractères génétiques permettant d’améliorer durablement la résistance à Taphrina deformans.

Conclusion

La cloque du pêcher est une maladie pour laquelle le calendrier compte plus que la réaction après apparition des symptômes.

Lorsque les feuilles deviennent rouges, épaisses et boursouflées, Taphrina deformans a déjà colonisé les jeunes tissus.

Il n’existe alors pas de traitement capable de transformer ces feuilles déformées en feuillage sain.

La prévention commence plusieurs semaines plus tôt.

INRAE indique que le champignon passe l’hiver notamment dans les anfractuosités de l’écorce et les écailles des bourgeons. Un hiver doux et humide améliore sa survie et favorise ensuite les contaminations précoces.

C’est donc le débourrement qu’il faut surveiller.

Pas uniquement le calendrier.

Lorsque les bourgeons commencent à gonfler, la fenêtre critique approche.

Les Chambres d’agriculture positionnent justement les stratégies préventives autour de ces premiers stades phénologiques.

Les produits cupriques constituent encore un outil important dans la lutte contre la cloque, notamment en agriculture biologique. Le ministère de l’Agriculture cite explicitement la cloque du pêcher parmi leurs usages.

Mais cette efficacité ne doit pas conduire à multiplier les pulvérisations.

Le cuivre est réglementé.

Il peut être phytotoxique.

Il peut s’accumuler dans les sols.

Et les Chambres d’agriculture rappellent qu’il ne faut pas intervenir pendant la floraison avec des applications susceptibles de perturber le pollen.

Dans un jardin familial, la meilleure stratégie repose donc sur plusieurs niveaux.

Premièrement, observer.

Repérez précisément le réveil des bourgeons.

Deuxièmement, prévenir.

Si un traitement est justifié, utilisez uniquement un produit autorisé et respectez son étiquette.

Troisièmement, limiter les facteurs aggravants.

Maintenez un arbre correctement aéré.

Arrosez au sol.

Évitez les excès d’azote.

Retirez les tissus fortement dégradés ou tombés lorsqu’ils deviennent inutiles.

Quatrièmement, choisissez intelligemment la variété.

Le Ctifl et INRAE travaillent aujourd’hui sur des sources de résistance partielle à Taphrina deformans, montrant que la génétique constitue un levier important pour réduire à terme la dépendance aux traitements.

Enfin, ne paniquez pas après une attaque ponctuelle.

Un pêcher vigoureux peut produire une nouvelle génération de feuilles lorsque les conditions deviennent moins favorables au champignon.

L’objectif n’est donc pas d’obtenir un arbre totalement exempt de toute feuille malade chaque année.

L’objectif est d’éviter les défoliations répétées qui épuiseraient progressivement la plante.

Pour y parvenir, le moment décisif n’est pas lorsque la cloque devient spectaculaire.

Il se situe bien avant.

À la fin de l’hiver, quand les bourgeons commencent juste à se réveiller.

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