L’ours brun des Pyrénées : histoire d’une présence renforcée et débattue

L’ours brun (Ursus arctos) n’a jamais complètement disparu des Pyrénées, mais il est passé très près de l’extinction à la fin du XXe siècle. En 1995, seuls cinq ours étaient encore recensés dans le massif français. Pour éviter la disparition de cette population, plusieurs opérations de renforcement ont été organisées avec des ours originaires de Slovénie à partir de 1996.

Trente ans plus tard, la situation biologique a profondément changé. Pour l’année 2025, le Réseau Ours brun de l’Office français de la biodiversité a détecté au minimum 108 individus dans l’ensemble des Pyrénées. Une estimation statistique par capture-marquage-recapture situe la population totale entre 109 et 143 individus, avec une estimation moyenne de 130. L’OFB souligne parallèlement une diminution de la diversité génétique, qui reste un sujet de surveillance.

Cette progression démographique ne signifie toutefois pas que toutes les difficultés sont résolues. La présence de l’ours entraîne des prédations sur certains troupeaux, des adaptations importantes du travail pastoral et un débat durable dans plusieurs vallées. À l’inverse, les associations de protection considèrent la restauration d’une population d’ours viable comme un objectif majeur de conservation. Comprendre l’ours brun des Pyrénées nécessite donc de présenter ces deux dimensions sans caricaturer ni les éleveurs ni les défenseurs de l’espèce.

Sommaire

  1. Comment l’ours a-t-il presque disparu des Pyrénées ?
  2. Pourquoi des ours slovènes ont-ils été introduits ?
  3. Les différents renforcements depuis 1996
  4. Quelle est la population actuelle ?
  5. Comment vit un ours brun ?
  6. Que mange-t-il ?
  7. L’ours vit-il en groupe ?
  8. Comment se déroule son cycle annuel ?
  9. Pourquoi attaque-t-il parfois des troupeaux ?
  10. Quelles protections sont utilisées ?
  11. Pourquoi leur efficacité fait-elle débat ?
  12. Pastoralisme et ours : pourquoi la question est-elle si complexe ?
  13. Idées reçues
  14. FAQ
  15. Conclusion

Comment l’ours a-t-il presque disparu des Pyrénées ?

Pendant des siècles, l’ours brun a occupé une grande partie des massifs français.

Comme ailleurs en Europe occidentale, son aire s’est progressivement réduite sous l’effet des persécutions humaines et de la transformation des paysages.

Au XXe siècle, les derniers ours français se sont retrouvés essentiellement confinés aux Pyrénées.

Au début des années 1990, la situation est devenue critique. Les documents de l’OFB rappellent que la population était alors réduite à quelques individus dans les Pyrénées occidentales. En 1995, il ne restait plus que cinq ours, dont une seule femelle dans le noyau historique concerné.

Une population aussi petite rencontre deux difficultés majeures.

D’abord, elle peut disparaître à la suite de quelques mortalités.

Ensuite, les possibilités de reproduction deviennent très faibles lorsqu’il manque des femelles ou des partenaires suffisamment diversifiés génétiquement.

C’est dans ce contexte que la France a décidé de procéder à des renforcements.

Pourquoi utiliser des ours de Slovénie ?

Le choix s’est porté sur la population slovène.

L’objectif n’était pas d’introduire une espèce étrangère : les ours slovènes et pyrénéens appartiennent à la même espèce, Ursus arctos. Il s’agissait d’apporter de nouveaux reproducteurs à une population devenue trop réduite pour se restaurer seule dans un délai raisonnable.

FERUS rappelle que le premier programme a commencé lorsque la population pyrénéenne approchait de l’extinction et que la Slovénie a été choisie comme population source.

Il est plus exact de parler de renforcement de population que de simple « introduction de l’ours dans les Pyrénées », puisque l’espèce y était encore présente.

1996-1997 : les premiers renforcements

Les premiers lâchers ont eu lieu dans les Pyrénées centrales en 1996 et 1997.

Deux femelles ont été relâchées en 1996, puis un mâle en 1997. Ces individus ont joué un rôle déterminant dans la nouvelle dynamique de reproduction.

Le noyau central s’est ensuite progressivement développé.

2006 : un deuxième programme

La population restait cependant limitée et génétiquement fragile.

Une nouvelle opération a donc été organisée en 2006 avec plusieurs ours slovènes supplémentaires. Le ministère de l’Agriculture rappelle que les deux grandes campagnes françaises de renforcement ont eu lieu en 1996-1997 puis en 2006.

Ces opérations ont augmenté le nombre de reproducteurs et accéléré la croissance de la population.

2016 : apport d’un nouveau mâle

Un mâle nommé Goiat a été relâché en 2016 côté catalan dans le cadre du programme PirosLife.

L’objectif était notamment d’apporter une nouvelle contribution génétique à une population dans laquelle le mâle Pyros avait engendré une part importante des descendants. La question de la diversité génétique reste d’ailleurs suivie aujourd’hui.

2018 : Sorita et Claverina dans les Pyrénées occidentales

Le noyau occidental présentait un autre problème : après la mort de la dernière femelle autochtone en 2004, il ne comptait plus de femelle reproductrice pendant plusieurs années.

Deux femelles slovènes, Claverina et Sorita, ont donc été relâchées dans le Béarn en octobre 2018 afin de restaurer des possibilités de reproduction dans les Pyrénées occidentales.

Ces opérations ont suscité des oppositions importantes parmi certains éleveurs et élus locaux, tandis que les associations de conservation les considéraient comme nécessaires au maintien de l’espèce. Ce désaccord est l’une des raisons pour lesquelles la question de l’ours reste politiquement et socialement sensible.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Les chiffres évoluent chaque année et il faut toujours préciser l’année concernée.

Pour 2024, l’OFB avait détecté au minimum 96 ours dans l’ensemble des Pyrénées, dont 13 portées représentant 22 oursons de l’année.

Pour 2025, le bilan est monté à 108 ours détectés au minimum. La modélisation statistique estime la population totale entre 109 et 143 individus, avec une valeur moyenne de 130.

La population reproductrice est particulièrement bien installée dans les Pyrénées centrales, tandis qu’une population reproductrice se développe également dans l’ouest du massif.

Il ne faut cependant pas confondre croissance démographique et absence de vulnérabilité.

La diversité génétique demeure un sujet de surveillance, notamment en raison du poids historique de quelques reproducteurs dans la généalogie de la population.

Comment vit l’ours brun ?

L’ours brun est le plus grand carnivore terrestre présent naturellement en France.

Mais le terme « carnivore » correspond ici à son appartenance zoologique à l’ordre des Carnivora, pas à un régime composé uniquement de viande.

Un animal largement omnivore

L’ours exploite une grande variété de ressources.

Selon la saison, son alimentation peut comprendre :

fruits,

baies,

glands,

faînes,

végétation,

insectes,

charognes,

petits animaux,

ainsi que d’autres ressources animales lorsqu’elles sont disponibles.

Cette grande souplesse alimentaire lui permet d’adapter son régime aux saisons.

Un ours ne mange donc pas toute l’année la même chose.

L’ours vit-il en meute ?

Non.

Contrairement au loup, l’ours brun est principalement solitaire.

Une femelle reste toutefois accompagnée de ses oursons pendant leur période de dépendance.

Les domaines vitaux des individus peuvent se chevaucher, mais cela ne signifie pas qu’ils forment des groupes sociaux permanents.

Les rencontres entre adultes sont particulièrement importantes pendant la reproduction.

Pourquoi certains ours parcourent-ils de grandes distances ?

Les jeunes, notamment les mâles, peuvent effectuer d’importants déplacements lorsqu’ils quittent la zone maternelle.

Ces dispersions permettent :

de trouver de nouveaux secteurs,

de rencontrer des partenaires,

et de contribuer aux échanges entre différentes parties de la population.

Le suivi génétique et photographique coordonné par l’OFB permet justement de documenter ces mouvements à travers l’ensemble de la chaîne pyrénéenne.

L’ours hiberne-t-il vraiment ?

Le terme est couramment utilisé, même si le fonctionnement physiologique de l’ours diffère de celui de certains petits mammifères entrant dans une torpeur beaucoup plus profonde.

Pendant l’hiver, l’ours réduit fortement son activité et séjourne généralement dans une tanière.

La femelle peut y mettre bas.

Le moment d’entrée et de sortie dépend notamment :

du climat,

des ressources alimentaires,

du sexe,

de l’état reproducteur.

Un hiver doux ou une nourriture encore accessible peut modifier le calendrier.

Il ne faut donc pas supposer que tous les ours pyrénéens sont enfermés dans leur tanière exactement du même jour au même jour.

Pourquoi l’ours attaque-t-il parfois des troupeaux ?

C’est l’un des points essentiels du débat.

L’ours est opportuniste.

Même si son régime global comprend une part importante d’aliments végétaux et naturels, il peut capturer des animaux domestiques accessibles.

Les ovins sont particulièrement concernés dans certains secteurs d’estive.

Le ministère de l’Agriculture reconnaît explicitement que la progression de la population ursine s’accompagne d’une pression de prédation exigeant des dispositifs spécifiques pour les élevages.

Les conséquences dépassent les animaux tués

Une attaque peut provoquer :

des animaux morts,

des animaux blessés,

la dispersion du troupeau,

du temps supplémentaire de recherche,

une surveillance accrue,

des modifications dans la conduite de l’estive.

L’Institut de l’élevage travaille également sur les pertes indirectes pouvant suivre un épisode de prédation, par exemple des effets sur les performances zootechniques ou l’organisation de l’exploitation.

C’est pourquoi l’impact réel pour un éleveur ne se résume pas toujours au nombre d’animaux officiellement reconnus comme victimes.

Quelles sont les mesures de protection ?

La politique publique repose notamment sur plusieurs outils.

Gardiennage renforcé

La présence d’un berger permet une surveillance plus étroite du troupeau.

Regroupement nocturne

Les animaux peuvent être regroupés la nuit dans des zones permettant une meilleure surveillance.

Chiens de protection

Les chiens cherchent à détecter et dissuader l’approche des prédateurs.

Clôtures adaptées

Des équipements peuvent être installés lorsque la configuration de l’estive le permet.

L’État finance aujourd’hui une partie de ces surcoûts. Le dispositif 2026 prévoit notamment des aides au gardiennage renforcé, aux chiens de protection, aux clôtures électrifiées ainsi qu’aux études et à l’accompagnement technique.

Ces mesures fonctionnent-elles toujours ?

Non.

Mais affirmer qu’elles seraient toujours inefficaces serait également incorrect.

Une mission interministérielle consacrée aux Pyrénées a jugé le triptyque gardiennage, regroupement nocturne et chiens de protection pertinent dans son principe. Elle a également relevé des difficultés de mise en œuvre et des divergences importantes entre acteurs quant à leur efficacité réelle selon les situations.

Cette nuance est fondamentale.

Une estive facilement accessible avec une cabane pastorale, un troupeau regroupable et des reliefs modérés ne présente pas les mêmes contraintes qu’un secteur très escarpé où les animaux exploitent de vastes pâturages dispersés.

Il n’existe donc pas de solution identique pour chaque exploitation.

La Chambre d’agriculture de Haute-Garonne rappelle d’ailleurs l’existence en 2026 d’un zonage particulier distinguant notamment les estives où la pression de prédation est la plus forte.

Pourquoi les éleveurs contestent-ils parfois la présence de l’ours ?

La contestation ne peut pas être réduite à un simple refus de la nature sauvage.

Dans certaines exploitations, les éleveurs mettent en avant :

le temps de travail supplémentaire,

les pertes directes ou indirectes,

la difficulté à regrouper les animaux,

la nécessité de disposer de cabanes adaptées,

les contraintes liées aux chiens de protection,

et la transformation de pratiques pastorales anciennes.

Les Chambres d’agriculture pyrénéennes continuent en 2025-2026 à présenter la prédation comme une pression importante pour certaines activités pastorales.

Le pastoralisme a par ailleurs une importance économique, sociale, culturelle et paysagère reconnue par les pouvoirs publics. Le ministère de l’Agriculture rappelle qu’il contribue à l’emploi rural, à la production agricole et à l’entretien des milieux ouverts.

Pourquoi les associations souhaitent-elles conserver l’ours ?

Les associations de protection mettent en avant une autre réalité.

L’ours est une espèce native des Pyrénées qui avait été presque exterminée.

Les renforcements ont permis de reconstituer une population reproductrice alors que seulement cinq individus subsistaient en 1995. FERUS considère ces opérations comme essentielles à la restauration de l’espèce et souligne parallèlement les enjeux actuels de diversité génétique.

Pour ces organisations, la réponse aux conflits avec l’élevage doit donc passer principalement par la prévention, l’accompagnement économique et l’adaptation des pratiques plutôt que par une nouvelle réduction forte de la population.

Le débat ne se résume pas à « ours contre bergers »

Cette opposition est séduisante médiatiquement mais insuffisante.

D’un côté, la conservation d’une espèce native ayant failli disparaître constitue un objectif de biodiversité clairement reconnu.

De l’autre, la présence croissante du prédateur crée des contraintes bien réelles pour certaines exploitations pastorales.

L’État reconnaît officiellement ces deux dimensions. Sa politique vise à maintenir une population d’ours tout en finançant des mesures de protection, des indemnisations et un accompagnement des éleveurs.

Une expertise interministérielle comparant la France à plusieurs autres régions européennes constate d’ailleurs que la coexistence entre grands carnivores et élevage ne possède pas de modèle universel : chaque territoire combine différemment protection, prévention, indemnisation et interventions sur les animaux problématiques.

Idées reçues sur l’ours des Pyrénées

« L’ours avait complètement disparu avant les réintroductions »

Faux.

Quelques ours autochtones subsistaient encore dans les Pyrénées occidentales. Les opérations engagées à partir de 1996 étaient donc des renforcements d’une population existante, même si elles ont créé une nouvelle dynamique importante dans les Pyrénées centrales.

« Tous les ours actuels sont slovènes »

Trop simplificateur.

Les renforcements ont effectivement utilisé des ours venant de Slovénie et leur descendance constitue aujourd’hui une part majeure de la population. Mais les derniers ours de la lignée historique pyrénéenne ont également participé à l’histoire récente de la population.

« L’ours est uniquement carnivore »

Faux.

C’est un omnivore qui exploite une grande variété de ressources saisonnières.

« Il vit en meute comme le loup »

Faux.

L’ours brun est principalement solitaire.

« Les protections empêchent toutes les attaques »

Faux.

Elles visent à réduire le risque, sans pouvoir garantir un risque nul dans toutes les situations. Les études officielles reconnaissent à la fois leur pertinence générale et les difficultés de mise en œuvre selon les estives.

« Les protections ne servent jamais à rien »

Cette affirmation est également incorrecte.

Les évaluations disponibles concluent qu’elles peuvent réduire le risque dans de nombreuses situations, mais que les résultats varient selon les configurations pastorales.

« La population continue seulement à diminuer »

Faux aujourd’hui.

Les données 2025 montrent une population en progression, avec au minimum 108 ours détectés et une estimation statistique moyenne de 130 individus sur l’ensemble des Pyrénées.

FAQ sur l’ours brun des Pyrénées

Combien d’ours vivent actuellement dans les Pyrénées ?

Pour 2025, 108 individus différents ont été détectés au minimum. L’estimation statistique situe la population entre 109 et 143 ours, avec une moyenne de 130.

Pourquoi a-t-on relâché des ours slovènes ?

Parce que la population pyrénéenne était tombée à seulement cinq individus en 1995 et risquait de disparaître.

Quand les premiers ours ont-ils été renforcés ?

Les premiers lâchers ont eu lieu en 1996 et 1997. Une nouvelle campagne française a suivi en 2006.

Pourquoi Sorita et Claverina ont-elles été relâchées en 2018 ?

Elles ont été introduites dans les Pyrénées occidentales afin de rétablir une composante reproductrice féminine dans un secteur où le noyau historique ne comptait plus de femelle depuis des années.

L’ours attaque-t-il l’homme ?

Les rencontres sont rares et l’ours cherche généralement à éviter les humains. Comme tout grand animal sauvage, il faut néanmoins respecter les consignes de comportement et ne jamais chercher à s’approcher d’une femelle avec ses petits ou d’un ours à courte distance.

Les troupeaux sont-ils indemnisés ?

Un dispositif public existe pour les dommages reconnus, accompagné d’aides aux mesures de protection contre les grands prédateurs.

Les chiens de protection suffisent-ils ?

Ils peuvent être un élément important, mais sont généralement intégrés à une stratégie combinant gardiennage, regroupement et autres mesures. Leur efficacité dépend du contexte.

L’ours est-il sauvé définitivement ?

La population augmente, mais les autorités continuent de surveiller sa dynamique, sa répartition et sa diversité génétique. Le bilan 2025 souligne notamment une diminution de la diversité génétique malgré la croissance numérique.

Conclusion

L’histoire récente de l’ours brun des Pyrénées est celle d’une espèce revenue d’une situation extrêmement critique.

En 1995, il ne restait que cinq individus. Les renforcements réalisés à partir de 1996 avec des ours slovènes ont profondément modifié cette trajectoire. D’autres opérations ont suivi en 2006, puis des apports complémentaires ont concerné la population pyrénéenne, notamment avec Goiat en Catalogne en 2016 et Sorita et Claverina dans les Pyrénées occidentales en 2018.

Les résultats biologiques sont importants. Pour 2025, l’OFB a détecté au moins 108 ours et l’estimation statistique moyenne atteint environ 130 individus à l’échelle de l’ensemble des Pyrénées.

Mais cette évolution ne fait pas disparaître le conflit.

La prédation sur les troupeaux constitue une réalité pour certains éleveurs. Elle peut entraîner pertes d’animaux, travail supplémentaire, transformations du gardiennage et contraintes nouvelles sur des estives parfois difficiles à protéger. L’Institut de l’élevage et les services agricoles documentent également des conséquences indirectes qui peuvent dépasser les seules pertes immédiatement constatées.

De l’autre côté, l’ours est une espèce autochtone qui avait été presque éliminée du massif. Pour les organismes et associations de conservation, la progression actuelle constitue donc le résultat de plusieurs décennies d’efforts destinés à restaurer une population reproductrice.

Les deux réalités existent simultanément.

Présenter les défenseurs de l’ours comme indifférents au pastoralisme serait caricatural.

Présenter les éleveurs préoccupés par la prédation comme hostiles par principe à toute biodiversité le serait tout autant.

Les évaluations officielles montrent d’ailleurs pourquoi aucune formule simple ne règle le problème. Les dispositifs de protection peuvent être efficaces, mais leur faisabilité dépend du terrain, de la taille des troupeaux, des équipements disponibles, du système pastoral et de la pression locale de prédation.

L’enjeu contemporain n’est donc plus seulement d’éviter la disparition immédiate de l’ours pyrénéen. Sa population est désormais en croissance.

Le défi est de trouver des formes de coexistence suffisamment efficaces pour assurer à la fois la conservation durable de l’espèce et la viabilité des activités pastorales qui structurent depuis longtemps les montagnes pyrénéennes.

Cette question ne possède pas une réponse unique. Elle impose un suivi scientifique précis, une reconnaissance des contraintes vécues sur le terrain et un dialogue qui accepte que conservation de l’ours et avenir du pastoralisme constituent deux enjeux légitimes du même territoire.

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