Le fuligule morillon canard plongeur hiver, Aythya fuligula, est un canard d’eau douce reconnaissable à sa silhouette compacte et à la petite huppe qui prolonge l’arrière de sa tête. Le mâle adulte associe un plumage noir brillant à des flancs blancs très contrastés, tandis que la femelle présente des tons bruns beaucoup plus discrets. Tous deux plongent entièrement sous l’eau pour rechercher leur nourriture.
Présent sur de nombreux lacs, étangs, retenues et anciennes gravières, le fuligule morillon peut être observé en France toute l’année dans certains secteurs. En hiver, les effectifs locaux sont renforcés par des oiseaux provenant de populations plus nordiques. Mollusques, crustacés, insectes aquatiques et matières végétales peuvent entrer dans son régime, avec une consommation parfois importante de dreissènes là où ces petits bivalves sont abondants.
Table des matières
- Qui est le fuligule morillon ?
- Comment reconnaître le mâle ?
- Comment identifier la femelle ?
- À quoi sert la huppe ?
- Pourquoi est-il appelé canard plongeur ?
- Fuligule morillon canard plongeur hiver : où l’observer ?
- Pourquoi les gravières lui conviennent-elles ?
- Que mange le fuligule morillon ?
- Quel rôle joue la dreissène dans son alimentation ?
- Comment recherche-t-il ses proies ?
- Le fuligule morillon niche-t-il en France ?
- Où installe-t-il son nid ?
- Pourquoi voit-on davantage de morillons en hiver ?
- Est-il migrateur ?
- Comment distinguer morillon et milouin ?
- Comment reconnaître les femelles ?
- Peut-on les voir ensemble ?
- Comment observer le fuligule sans le déranger ?
- Un canard révélateur de la diversité des plans d’eau
Qui est le fuligule morillon ?
Le fuligule morillon appartient à la famille des Anatidés, qui rassemble notamment les canards, les oies et les cygnes.
Son nom scientifique est Aythya fuligula. Il appartient au groupe des canards plongeurs, contrairement aux canards dits de surface qui recherchent souvent leur nourriture en basculant l’avant du corps sans disparaître entièrement sous l’eau.
Sa silhouette est compacte et arrondie. La tête possède un profil caractéristique, notamment en raison du front assez haut et de la huppe située à l’arrière.
Lorsqu’il nage tranquillement, il paraît généralement plus ramassé que de nombreux canards de surface.
Comment reconnaître le mâle ?
Le mâle en plumage nuptial est le plus facile à identifier.
La tête, le cou, la poitrine et le dessus du corps sont très sombres, avec des reflets qui peuvent apparaître selon l’éclairage. Les flancs blancs forment un contraste particulièrement net avec les parties noires.
L’œil est jaune et le bec apparaît bleu-gris avec une extrémité sombre.
À l’arrière de la tête se trouve une huppe retombante. Bien visible lorsque l’oiseau est observé dans de bonnes conditions, elle constitue l’un des meilleurs critères permettant de reconnaître le mâle adulte.
La huppe n’est pas toujours spectaculaire
L’apparence de la huppe varie avec la posture, le vent, le plumage et la période de l’année.
Elle peut parfois être plaquée contre la tête et sembler beaucoup plus courte qu’attendu. Il serait donc imprudent d’exclure immédiatement le fuligule morillon simplement parce qu’une longue huppe n’est pas visible.
La forme générale de la tête, la couleur des yeux, le bec et le dessin du plumage doivent être considérés ensemble.
Chez le mâle en plumage d’éclipse, le contraste noir et blanc devient également moins marqué.
Comment reconnaître la femelle ?
La femelle est plus délicate à identifier.
Son plumage est principalement brun foncé, avec des nuances variables sur la tête, le dos et les flancs. Sa silhouette reste néanmoins celle d’un petit fuligule compact.
Elle possède elle aussi une huppe, mais celle-ci est beaucoup plus courte et peut se résumer à un petit décrochement à l’arrière de la tête.
Certains individus présentent également une zone claire ou blanchâtre autour de la base du bec. Ce caractère est variable et ne doit pas être utilisé seul pour déterminer l’espèce.
Les jeunes ressemblent aux femelles
Les jeunes fuligules morillons présentent généralement un plumage plus proche de celui de la femelle que du mâle adulte contrasté.
La huppe peut être peu développée et l’œil n’a pas nécessairement immédiatement la couleur vive caractéristique des adultes.
Cela rend l’identification des groupes automnaux parfois plus délicate.
L’observation de plusieurs critères simultanément reste donc préférable à la recherche d’un détail unique.
Un canard conçu pour plonger
Le fuligule morillon recherche une grande partie de sa nourriture sous la surface.
Lorsqu’il plonge, son corps disparaît entièrement sous l’eau. Ses pattes jouent un rôle essentiel dans sa propulsion et lui permettent d’explorer le fond ou la colonne d’eau.
Après un certain temps, l’oiseau réapparaît à la surface, parfois à plusieurs mètres de son point d’immersion.
Cette succession de plongées est un excellent indice pour distinguer son comportement de celui de nombreux canards de surface.

Fuligule morillon canard plongeur hiver : les habitats à rechercher
Pour observer le fuligule morillon canard plongeur hiver, les grands plans d’eau douce constituent de bons habitats à prospecter.
Lacs, étangs suffisamment profonds, retenues et bassins peuvent accueillir l’espèce. Les anciennes gravières remplies d’eau sont également régulièrement utilisées.
La disponibilité alimentaire joue naturellement un rôle important.
En dehors de la période de reproduction, le morillon peut former des groupes et partager un plan d’eau avec d’autres canards plongeurs.
Pourquoi fréquente-t-il les gravières ?
Après l’arrêt de l’extraction, certaines gravières deviennent de vastes plans d’eau.
Lorsque leur profondeur, leur tranquillité et leurs ressources alimentaires sont appropriées, elles peuvent être utilisées par différentes espèces d’oiseaux aquatiques.
Le fuligule morillon peut y trouver des zones suffisamment profondes pour plonger et rechercher ses proies.
Toutes les gravières ne possèdent cependant pas la même valeur écologique. La fréquentation humaine, la configuration des berges, la végétation et la disponibilité alimentaire influencent fortement leur intérêt.
Que mange le fuligule morillon ?
Le régime du fuligule morillon est varié et dépend des ressources disponibles.
Les proies animales comprennent notamment des mollusques, des crustacés et des insectes aquatiques. Des éléments végétaux, notamment des graines, peuvent également être consommés.
La proportion de chaque ressource change selon le site et la saison.
Il serait donc incorrect de présenter le morillon comme un prédateur exclusivement spécialisé dans un seul type de proie.
La dreissène, un mollusque particulièrement intéressant
Parmi les mollusques consommés figure la dreissène ou moule zébrée, Dreissena polymorpha.
Ce petit bivalve peut devenir extrêmement disponible dans certains plans d’eau où il s’installe sur des supports immergés. Le fuligule morillon est capable de l’exploiter comme ressource alimentaire.
La LPO signale notamment une consommation importante de cette espèce dans certaines études alimentaires.
Cela ne signifie pas que tous les fuligules morillons dépendent des dreissènes. Leur importance varie selon leur présence et leur abondance locale.
Une alimentation recherchée sous l’eau
La plongée permet au morillon d’accéder à des ressources difficilement disponibles pour les canards restant principalement à la surface.
Il peut capturer des invertébrés aquatiques et rechercher des mollusques sur ou près du fond.
Cette technique de recherche alimentaire explique en partie son association avec des plans d’eau offrant une profondeur suffisante.
Sur un site favorable, observer un groupe de morillons peut donner lieu à une succession presque continue d’immersions et de réapparitions.
Le fuligule morillon niche-t-il en France ?
Oui, le fuligule morillon peut nicher localement en France.
La répartition des nicheurs n’est toutefois pas uniforme. Certaines régions accueillent davantage de reproductions que d’autres et la situation locale peut évoluer.
L’espèce recherche pour la reproduction des plans d’eau offrant des secteurs de végétation permettant de dissimuler le nid.
La présence hivernale importante sur un lac ne signifie donc pas nécessairement qu’une population aussi importante y restera pour nicher.
Où construit-il son nid ?
Le nid est installé à proximité de l’eau et généralement dissimulé dans la végétation.
Herbes, joncs ou roseaux peuvent participer à sa construction ou à son camouflage. La femelle garnit également le nid de duvet.
Des îlots peuvent offrir des sites intéressants lorsque les conditions sont favorables.
L’emplacement permet aux oiseaux d’accéder rapidement au plan d’eau tout en conservant une certaine protection autour du nid.
La tranquillité compte pendant la reproduction
Un plan d’eau qui semble favorable du point de vue alimentaire ne constitue pas nécessairement un bon site de reproduction.
La disponibilité de végétation protectrice, la configuration des berges et le niveau de dérangement jouent également un rôle.
Lorsqu’un secteur accueille des oiseaux nicheurs, il est préférable d’éviter d’approcher les roselières et îlots simplement pour rechercher un nid.
L’observation à distance avec des jumelles permet d’étudier les oiseaux sans pénétrer dans leur zone de reproduction.
Pourquoi voit-on davantage de morillons en hiver ?
Le fuligule morillon canard plongeur hiver est un migrateur partiel.
Une partie des populations vivant plus au nord de l’Europe se déplace vers des régions plus tempérées lorsque les conditions hivernales deviennent défavorables.
La France accueille ainsi en hiver des oiseaux provenant notamment du nord et du nord-est de l’Europe.
Les effectifs visibles sur certains lacs en automne et en hiver ne correspondent donc pas uniquement aux oiseaux ayant niché localement.
Des rassemblements hivernaux
Hors période de reproduction, le fuligule morillon devient volontiers grégaire.
Plusieurs individus peuvent se rassembler sur une même zone favorable, parfois avec d’autres canards plongeurs.
Ces groupes utilisent les plans d’eau pour se reposer et rechercher leur nourriture.
Leur répartition peut changer avec les conditions météorologiques, la disponibilité des proies et la tranquillité du site.
Le froid influence les déplacements
Les mouvements hivernaux ne suivent pas nécessairement un calendrier parfaitement identique chaque année.
Lorsque des plans d’eau gèlent dans les régions septentrionales, les oiseaux doivent rechercher des secteurs restant accessibles.
À l’inverse, des hivers plus doux peuvent modifier la répartition des populations.
L’observation hivernale des canards d’eau douce doit donc toujours être interprétée dans un contexte géographique et météorologique plus large.
Fuligule morillon et fuligule milouin : deux canards plongeurs
Le fuligule morillon partage régulièrement ses habitats avec le fuligule milouin, Aythya ferina.
Les deux espèces plongent pour rechercher leur nourriture et fréquentent lacs, étangs et autres grands plans d’eau.
Le mâle adulte permet néanmoins une distinction assez facile.
Le morillon est principalement noir avec des flancs blancs et une huppe, tandis que le mâle milouin possède une tête brun-roux, une poitrine sombre et un corps largement gris.
Comparer la tête des mâles
Chez le morillon, la tête paraît sombre, relativement arrondie et prolongée par une huppe.
Son œil jaune ressort nettement sur le plumage foncé.
Chez le milouin mâle, la tête est brun-roux et ne possède pas la huppe caractéristique du morillon. L’œil présente également une coloration différente, souvent rouge chez le mâle adulte.
Même à une certaine distance, les différences de couleur permettent généralement de séparer les deux espèces lorsque les conditions d’observation sont bonnes.
Les femelles demandent davantage d’attention
La distinction entre femelles est moins spectaculaire.
La femelle morillon est brun sombre et conserve généralement une silhouette assez compacte avec une petite huppe ou un décrochement à l’arrière de la tête.
La femelle milouin possède un profil différent, sans cette huppe caractéristique. Sa tête et son corps présentent également des contrastes et nuances permettant l’identification avec de bonnes conditions d’observation.
L’expérience est particulièrement utile lorsque plusieurs espèces nagent ensemble.
Observer aussi les ailes
En vol, le fuligule morillon montre une barre alaire blanche bien visible.
L’observation des oiseaux en vol peut ainsi fournir des critères complémentaires à ceux du plumage lorsque les individus posés sont éloignés.
Il reste préférable de combiner plusieurs caractères : silhouette, forme de la tête, plumage, huppe et dessin de l’aile.
Cette approche réduit les erreurs, notamment avec les femelles et les jeunes.
Les deux espèces peuvent-elles vivre sur le même lac ?
Oui. Fuligules morillons et milouins peuvent utiliser simultanément un même plan d’eau.
Leurs régimes alimentaires ne sont toutefois pas identiques. Le morillon exploite volontiers des proies animales comme les mollusques et crustacés, tandis que le milouin peut présenter une composante végétale importante selon les sites.
Les deux espèces peuvent donc former des rassemblements mixtes tout en exploitant différemment certaines ressources.
Pour un observateur, ces groupes offrent une excellente occasion de comparer directement silhouettes et comportements.
Comment observer le fuligule morillon ?
Les jumelles sont particulièrement utiles car les canards peuvent rester loin des berges.
Cherchez d’abord les groupes d’oiseaux sombres et blancs sur les grands plans d’eau. Repérez ensuite les plongées répétées et la silhouette compacte.
Chez le mâle, recherchez les flancs blancs, l’œil jaune et la huppe. Chez la femelle, examinez surtout la forme de la tête, la petite huppe et les nuances du plumage brun.
Restez sur les chemins et observatoires lorsqu’ils existent, surtout près des secteurs de nidification.
Éviter les dérangements inutiles
Un groupe d’oiseaux qui s’éloigne systématiquement à votre approche indique que la distance d’observation est probablement insuffisante.
Plutôt que de continuer vers la rive, utilisez des jumelles ou une longue-vue.
Cette précaution devient encore plus importante pendant la reproduction, lorsque les oiseaux peuvent fréquenter des îlots et des zones de végétation riveraine.
Une observation réussie n’exige jamais de provoquer l’envol d’un groupe.
Un plongeur caractéristique de nos plans d’eau
Le fuligule morillon canard plongeur hiver associe une apparence facilement reconnaissable chez le mâle à un comportement aquatique particulièrement intéressant.
Sa huppe, ses yeux jaunes et le contraste entre son plumage noir et ses flancs blancs constituent les principaux indices du mâle adulte. La femelle, plus brune, possède elle aussi une huppe, mais beaucoup plus discrète.
Sous l’eau, le morillon recherche mollusques, crustacés, insectes et autres ressources. La dreissène peut représenter une proie importante sur certains plans d’eau où ce bivalve est abondant.
L’espèce niche localement en France, mais les observations hivernales comprennent également des oiseaux venus de populations plus septentrionales. Lacs, retenues et anciennes gravières deviennent alors des lieux privilégiés pour comparer le morillon au fuligule milouin et observer les adaptations des canards plongeurs.
Pour découvrir d’autres oiseaux des zones humides et comprendre leur écologie, consultez également Jardin Ruse : https://jardinruse.com/
Pour une fiche naturaliste détaillée consacrée au fuligule morillon, consultez également la Ligue pour la Protection des Oiseaux : https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/oiseaux/fuligule-morillon
2 liens internes suggérés
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3 sources externes dofollow
- Ligue pour la Protection des Oiseaux — Fuligule morillon (Aythya fuligula)
https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/oiseaux/fuligule-morillon - Muséum national d’Histoire naturelle / INPN — Cahiers d’habitats, Fuligule morillon
https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Fuligule-morillon.pdf - Ligue pour la Protection des Oiseaux — Fuligule milouin (Aythya ferina), pour la comparaison des deux espèces
https://www.lpo.fr/decouvrir-la-nature/fiches-especes/fiches-especes/oiseaux/fuligule-milouin