Les meilleures plantes pour attirer les papillons dans un jardin

Créer un jardin fréquenté par les papillons demande davantage que quelques fleurs colorées. Les meilleures plantes qui attirent les papillons fournissent du nectar aux adultes, mais un véritable habitat doit aussi offrir des plantes nourricières aux chenilles, une floraison étalée sur plusieurs saisons et des zones relativement protégées.

Buddleia, lavande, verveine de Buenos Aires, origan, scabieuse ou asters figurent parmi les plantes nectarifères intéressantes. Cependant, les espèces indigènes adaptées à la région jouent un rôle particulièrement important, car de nombreuses chenilles dépendent d’un nombre limité de plantes hôtes.

Table des matières

  1. Ce dont les papillons ont réellement besoin
  2. Les meilleures plantes nectarifères
  3. Le buddleia, célèbre arbre aux papillons
  4. La lavande
  5. La verveine de Buenos Aires
  6. L’origan et le thym
  7. Les asters et fleurs tardives
  8. Les plantes hôtes indispensables aux chenilles
  9. Le rôle des orties et des graminées
  10. Pourquoi privilégier les plantes indigènes
  11. Comment organiser un massif à papillons
  12. Assurer des fleurs du printemps à l’automne
  13. Les erreurs à éviter
  14. Questions fréquentes
  15. Conclusion

Plantes qui attirent les papillons : nectar et plantes hôtes

Un papillon adulte recherche principalement des ressources énergétiques. Chez de nombreuses espèces, le nectar des fleurs constitue une source importante de sucres permettant de voler, se reproduire et poursuivre son cycle de vie.

Une fleur riche en nectar peut donc attirer des adultes sans pour autant permettre à l’espèce de se reproduire dans le jardin.

C’est ici qu’intervient une deuxième catégorie de végétaux : les plantes hôtes. Les femelles de nombreuses espèces pondent leurs œufs uniquement sur certaines plantes capables de nourrir leurs futures chenilles.

La Xerces Society insiste sur cette distinction : un véritable jardin à papillons doit associer fleurs nectarifères pour les adultes et plantes nourricières pour les chenilles. Les plantes indigènes sont particulièrement intéressantes parce que de nombreux papillons ont développé des relations étroites avec elles.

Un jardin conçu uniquement avec des fleurs à nectar peut donc fonctionner comme un restaurant. Un jardin combinant nectar, plantes hôtes et abris peut devenir un habitat.

1. Le buddleia, une abondante source de nectar

Le buddleia est tellement associé aux papillons que Buddleja davidii porte couramment le nom d’« arbre aux papillons ».

Ses longues inflorescences regroupent de nombreuses petites fleurs nectarifères. Lorsqu’il fleurit abondamment, un papillon peut visiter de nombreuses fleurs successivement sans devoir parcourir une grande distance.

La Royal Horticultural Society décrit les fleurs parfumées du genre Buddleja comme une source de nectar particulièrement appréciée des papillons. Plusieurs cultivars figurent d’ailleurs dans son programme Plants for Pollinators.

Il faut cependant tenir compte du contexte local. Buddleja davidii peut se naturaliser facilement dans certaines régions et devenir indésirable. Des cultivars peu fertiles ou stériles existent pour les endroits où sa dispersion pose problème.

Le buddleia est donc une excellente plante nectarifère, mais il ne doit pas constituer à lui seul un jardin à papillons.

2. La lavande, idéale dans un emplacement ensoleillé

La lavande associe intérêt ornemental, parfum et longues séries de fleurs riches en nectar.

Elle convient particulièrement aux jardins ensoleillés disposant d’un sol correctement drainé. Une fois installée dans de bonnes conditions, elle supporte également assez bien les périodes sèches.

La RHS classe les lavandes parmi ses Plants for Pollinators. Ses experts soulignent que leurs épis floraux riches en nectar attirent notamment bourdons, abeilles, papillons et certains papillons de nuit.

Dans un massif, plantez plusieurs pieds ensemble plutôt qu’un individu isolé. Une masse florale importante est plus facile à repérer et permet aux insectes d’exploiter efficacement la ressource.

Parmi les plantes qui attirent les papillons, la lavande possède aussi l’avantage de s’intégrer facilement dans un jardin méditerranéen, un massif de vivaces ou une bordure.

3. La verveine de Buenos Aires pour un massif vivant

Verbena bonariensis produit de hautes tiges relativement fines portant des groupes de petites fleurs violettes.

Sa structure légère permet de l’intégrer entre d’autres vivaces sans créer une masse végétale trop opaque. Les papillons peuvent se poser sur les inflorescences et passer facilement d’une fleur à l’autre.

La RHS l’intègre directement dans son plan de plantation destiné aux papillons, aux côtés du buddleia, des asters et des hylotéléphiums.

Butterfly Conservation la recommande également parmi les grandes plantes adaptées aux jardins conçus pour papillons et papillons de nuit.

Son port vertical est particulièrement intéressant à l’arrière ou au centre d’un massif naturaliste.

plantes qui attirent les papillons avec lavande, buddleia, verveine, scabieuse et asters dans un jardin

4. L’origan et la marjolaine

Laisser fleurir certaines plantes aromatiques constitue une méthode particulièrement simple pour ajouter du nectar au jardin.

L’origan et la marjolaine développent de nombreuses petites fleurs facilement accessibles aux insectes. Butterfly Conservation recommande notamment la marjolaine parmi les bonnes plantes nectarifères de fin d’été et d’automne.

Ces plantes apprécient généralement le soleil et les terrains correctement drainés.

Elles sont également faciles à intégrer dans un potager ou un jardin d’aromatiques. Au lieu de récolter systématiquement toutes les tiges, laissez quelques pieds atteindre leur floraison.

Une plante initialement cultivée pour la cuisine devient alors simultanément une ressource pour les pollinisateurs.

5. Le thym, petit mais très utile

Le thym constitue une autre aromatique intéressante.

Ses fleurs sont minuscules, mais elles apparaissent en grand nombre. Butterfly Conservation cite le thym parmi les plantes utiles pour fournir du nectar et mentionne également certaines espèces comme ressources possibles pour les chenilles.

Son port bas permet de compléter les grandes plantes verticales.

Cette combinaison de différentes hauteurs rend le jardin plus complexe et crée davantage de possibilités d’exposition au soleil ou d’abri.

Dans un petit espace, le thym possède aussi l’avantage de pouvoir être cultivé dans une jardinière ou un grand contenant.

6. Les scabieuses pour prolonger les visites

Les scabieuses produisent des capitules particulièrement accessibles aux papillons.

Leur architecture permet aux insectes de se poser facilement pendant qu’ils se nourrissent. Butterfly Conservation les inclut parmi les plantes nectarifères intéressantes pour la fin de l’été et l’automne.

Elles se combinent bien avec lavande, graminées, origan et autres vivaces de plein soleil.

Dans un massif destiné à la biodiversité, l’objectif n’est pas nécessairement de rechercher une seule « meilleure » plante. Il est plus efficace de juxtaposer plusieurs espèces dont les périodes de floraison se chevauchent.

Les plantes qui attirent les papillons deviennent ainsi disponibles pendant une période beaucoup plus longue.

7. Les asters pour la fin de saison

Un jardin peut être spectaculaire en juin et presque dépourvu de fleurs nectarifères quelques mois plus tard.

Les asters, notamment les espèces aujourd’hui classées dans le genre Symphyotrichum, permettent de maintenir une ressource florale plus tard dans la saison.

La RHS inclut Symphyotrichum dans son plan de plantation spécialement conçu pour les papillons.

Butterfly Conservation recommande également les asters d’automne parmi les sources de nectar tardives.

Cette floraison tardive est précieuse pour les papillons encore actifs à la fin de l’été et en automne.

8. L’hylotéléphium, anciennement appelé sedum

Les grands hylotéléphiums sont souvent encore commercialisés sous le nom de sedums.

Leurs inflorescences plates regroupent une multitude de petites fleurs. Cette architecture forme une véritable plateforme sur laquelle les papillons peuvent se poser facilement.

La RHS utilise notamment Hylotelephium ‘Ruby Glow’ dans son massif modèle destiné aux pollinisateurs et aux papillons.

Ces vivaces possèdent également l’avantage de supporter des conditions relativement sèches une fois bien installées.

Associées à des floraisons plus précoces, elles permettent de construire une succession de ressources plutôt qu’un unique pic de nectar.

9. Les plantes indigènes changent complètement la valeur du jardin

Les espèces ornementales riches en nectar peuvent attirer beaucoup de papillons adultes. Mais lorsqu’on s’intéresse au cycle biologique complet, les plantes indigènes deviennent particulièrement importantes.

La Xerces Society rapporte que les plantes indigènes peuvent être nettement plus attractives pour les pollinisateurs et souligne que de nombreux papillons ne pondent que sur certaines plantes indigènes.

Le choix doit donc être régional.

Une plante extrêmement utile aux papillons d’une région peut avoir beaucoup moins d’intérêt ailleurs. La Xerces Society publie pour cette raison des listes régionales de plantes adaptées aux pollinisateurs.

Avant d’acheter dix espèces exotiques simplement étiquetées « pollinisateurs », recherchez les papillons présents localement et leurs plantes hôtes naturelles.

10. Les orties, discrètes mais essentielles

Une parcelle d’orties peut sembler incompatible avec l’image d’un beau jardin fleuri. Pour plusieurs papillons européens, elle possède pourtant une valeur considérable.

Butterfly Conservation indique que des espèces comme le paon-du-jour, la petite tortue et le vulcain utilisent l’ortie comme plante nourricière pour leurs chenilles.

Il n’est évidemment pas nécessaire de laisser les orties envahir tout le jardin.

Un petit groupe conservé dans une zone ensoleillée et relativement tranquille peut suffire à apporter une fonction que les fleurs nectarifères ne remplissent pas.

C’est l’une des différences fondamentales entre attirer momentanément des papillons adultes et permettre leur reproduction.

11. Les violettes, graminées et arbres hôtes

Les plantes hôtes varient énormément selon les espèces de papillons.

La Xerces Society cite par exemple les violettes comme plantes hôtes de différentes fritillaires, les graminées pour plusieurs hespéries et satyrinés, et les saules pour divers lépidoptères.

Les arbres ont également une valeur souvent sous-estimée.

Saules, bouleaux et chênes peuvent nourrir les chenilles de nombreuses espèces de papillons et de papillons de nuit. Butterfly Conservation recommande ces arbres indigènes lorsque l’espace disponible permet leur plantation.

Un jardin à papillons ne doit donc pas être imaginé uniquement comme un parterre de fleurs.

Haies, arbres, graminées et végétation spontanée peuvent représenter une part essentielle de l’habitat.

12. Une floraison continue du printemps à l’automne

La durée de floraison compte presque autant que le choix des espèces.

Butterfly Conservation recommande d’assurer une disponibilité de fleurs riches en nectar idéalement de mars à novembre dans le contexte britannique, car certaines espèces sortent tôt de leur hivernation tandis que d’autres restent actives tard dans l’année.

Le calendrier exact doit naturellement être adapté au climat local.

Au printemps, primevères et giroflées peuvent contribuer aux premières ressources. L’été peut être dominé par lavande, buddleia, verveine et aromatiques.

À la fin de l’été et en automne, asters, scabieuses, hylotéléphiums, marjolaine et lierre permettent de prolonger la disponibilité du nectar. Butterfly Conservation souligne notamment la valeur du lierre lorsqu’il fleurit tard dans la saison.

Comment organiser les plantes qui attirent les papillons

La disposition du massif influence également son efficacité.

Les papillons sont des animaux ectothermes dont l’activité dépend fortement des conditions thermiques. Un espace ensoleillé est donc généralement préférable pour de nombreuses espèces et pour beaucoup de plantes nectarifères.

Regroupez plusieurs exemplaires d’une même plante afin de créer des masses florales clairement visibles. La Xerces Society recommande également les plantations en groupes ainsi que des périodes de floraison successives pour favoriser les monarques et autres pollinisateurs.

Évitez toutefois un jardin entièrement ouvert et exposé aux vents forts.

Des arbustes, une haie ou une végétation de différentes hauteurs peuvent créer des secteurs plus abrités. Butterfly Conservation souligne que différentes espèces utilisent des conditions de soleil et d’ombre variées, ce qui justifie une certaine diversité structurelle.

Un petit jardin peut aussi accueillir des papillons

Il n’est pas nécessaire de disposer d’un grand terrain.

Butterfly Conservation indique qu’une cour, un petit balcon ou même un espace près d’une porte peut contribuer à fournir des ressources aux papillons et papillons de nuit.

Dans un espace réduit, concentrez-vous sur quelques plantes à longue floraison.

Lavande compacte, thym, marjolaine, verveine et certaines vivaces nectarifères peuvent être installés en pots. Choisissez toujours les espèces en fonction du climat, de l’exposition et de la taille finale des plantes.

Un petit espace bien planifié peut ainsi offrir davantage de ressources qu’un grand jardin dominé par une pelouse et quelques végétaux peu florifères.

Éviter les pesticides inutiles

Un jardin destiné aux papillons doit pouvoir accueillir leurs chenilles.

Cela implique d’accepter qu’une partie du feuillage soit consommée.

Traiter systématiquement les plantes dès l’apparition d’un insecte va directement à l’encontre de cet objectif. Une chenille sur une plante hôte n’est pas nécessairement un ravageur à éliminer : elle peut être précisément le stade juvénile du papillon que le jardin cherche à accueillir.

Butterfly Conservation recommande une approche de jardinage favorable aux papillons et papillons de nuit qui inclut à la fois nectar et plantes alimentaires pour les chenilles.

L’objectif devient alors de créer un écosystème fonctionnel plutôt qu’un décor parfaitement intact.

Penser au cycle de vie complet

Un papillon passe par quatre grandes étapes : œuf, chenille, chrysalide et adulte.

Un massif rempli de fleurs ne répond souvent qu’aux besoins du dernier stade.

Pour réellement augmenter la valeur écologique du jardin, il faut conserver des endroits où les femelles peuvent pondre, où les chenilles peuvent se nourrir et où les insectes peuvent terminer leur développement sans perturbations constantes.

Butterfly Conservation rappelle que la diversité végétale augmente les possibilités d’accueillir différentes chenilles et recommande notamment de conserver des plantes indigènes, des herbes hautes et certaines zones moins entretenues.

C’est pourquoi les meilleures plantes qui attirent les papillons ne doivent jamais être choisies uniquement selon le nombre d’adultes observés sur leurs fleurs.

Pour compléter cet aménagement, consultez également les contenus de Jardin Ruse consacrés à la biodiversité, aux pollinisateurs et à la création d’habitats naturels dans le jardin.

Questions fréquentes sur les plantes pour papillons

Quelle plante attire beaucoup de papillons adultes

Le buddleia est particulièrement réputé pour ses fleurs riches en nectar et son attractivité auprès des papillons. La RHS le décrit d’ailleurs comme une source de nectar favorite pour ces insectes.

Il reste cependant préférable de l’associer à d’autres plantes afin d’étaler les floraisons et de fournir des plantes hôtes aux chenilles.

La lavande attire-t-elle vraiment les papillons

Oui. Les lavandes fournissent du nectar pendant l’été et sont visitées par différents pollinisateurs, dont des papillons.

Les orties doivent-elles être conservées

Une petite zone d’orties peut être très utile. Plusieurs papillons européens utilisent cette plante comme ressource larvaire, notamment le paon-du-jour, la petite tortue et le vulcain.

Les plantes indigènes sont-elles préférables

Elles sont particulièrement importantes pour les chenilles et les relations écologiques locales. Le meilleur choix dépend toutefois de la région, d’où l’intérêt d’utiliser des listes de plantes indigènes adaptées au territoire.

Un balcon peut-il attirer les papillons

Oui. Quelques contenants ensoleillés avec des plantes nectarifères adaptées peuvent fournir une ressource alimentaire. Butterfly Conservation souligne qu’un jardin à papillons peut être créé même dans une cour ou sur un petit balcon.

Conclusion

Les meilleures plantes qui attirent les papillons ne forment pas une liste universelle. Buddleia, lavande, verveine de Buenos Aires, marjolaine, thym, scabieuses, asters et hylotéléphiums peuvent fournir d’excellentes ressources nectarifères, mais leur efficacité dépend du climat et de la période de floraison.

Pour transformer les visites occasionnelles en véritable habitat, ajoutez des plantes hôtes adaptées aux espèces locales. Orties, violettes, graminées, saules et de nombreuses autres plantes indigènes permettent aux chenilles de se développer.

La stratégie la plus efficace consiste donc à associer différentes plantes qui attirent les papillons, à étaler les floraisons du printemps à l’automne et à conserver quelques secteurs moins intensivement entretenus. Un jardin légèrement plus sauvage peut offrir aux papillons beaucoup plus qu’un repas : il peut leur fournir une partie importante de leur cycle de vie.

2 suggestions de liens internes :

  1. Un article de Jardin Ruse consacré aux plantes permettant d’attirer les pollinisateurs et autres insectes utiles.
  2. Un guide consacré à la création d’un coin sauvage ou d’un petit habitat favorable à la biodiversité dans le jardin.

3 sources externes dofollow :

  1. Royal Horticultural Society — Planting Plans for Pollinators: Butterflies
    Guide RHS pour créer un massif destiné aux papillons
  2. Butterfly Conservation — Get Gardening
    Conseils de Butterfly Conservation pour accueillir papillons et papillons de nuit
  3. Xerces Society for Invertebrate Conservation — Picking Plants for Pollinators
    Guide Xerces sur les plantes pour pollinisateurs et plantes hôtes