Le murin de Daubenton chasse eau décrit l’une des scènes les plus caractéristiques de nos chauves-souris : Myotis daubentonii vole très près de la surface des rivières, étangs et autres eaux calmes pour capturer de petits invertébrés. Il les localise notamment grâce à l’écholocalisation et peut utiliser ses grands pieds ainsi que sa membrane caudale, appelée uropatagium, pour saisir des proies présentes à la surface.
Cette spécialisation remarquable ne doit pas faire oublier le reste de son cycle biologique. Le Murin de Daubenton utilise notamment des cavités d’arbres et des ouvrages comme les ponts pendant sa période d’activité, tandis que ses gîtes hivernaux comprennent des sites souterrains et parfois des cavités arboricoles. En hibernation, la tranquillité est essentielle : réveiller inutilement une chauve-souris lui fait consommer de précieuses réserves énergétiques.
Table des matières
- Qui est le Murin de Daubenton ?
- Murin de Daubenton chasse eau : une technique très spécialisée
- Pourquoi vole-t-il si près de la surface ?
- Comment les ultrasons permettent-ils de chasser dans l’obscurité ?
- À quoi servent ses grands pieds ?
- Quel rôle joue la membrane caudale ?
- Que mange le Murin de Daubenton ?
- Quels plans d’eau utilise-t-il ?
- Où se repose-t-il pendant la période d’activité ?
- Où hiberne le Murin de Daubenton ?
- Pourquoi ne faut-il jamais déranger une chauve-souris en hibernation ?
- Les chauves-souris sont-elles protégées ?
- Comment préserver ses terrains de chasse ?
- Comment l’observer sans le déranger ?
- Questions fréquentes
- Conclusion
Qui est le Murin de Daubenton ?
Le Murin de Daubenton, Myotis daubentonii, appartient à l’ordre des Chiroptères et à la famille des Vespertilionidés. C’est une chauve-souris fortement associée aux milieux aquatiques et boisés.
Son pelage dorsal est brun à gris-brun, tandis que le ventre est nettement plus clair. Son museau présente une teinte rosée et ses oreilles sont relativement courtes pour un représentant du genre Myotis.
Un autre caractère est particulièrement intéressant : ses pieds sont relativement grands et portent de fortes griffes.
Cette particularité n’est pas seulement utile pour l’identification. Elle participe directement à une méthode de chasse parfaitement adaptée aux surfaces aquatiques.
Murin de Daubenton chasse eau : une technique très spécialisée
Observer le murin de Daubenton chasse eau au crépuscule est une excellente manière de comprendre son écologie.
Contrairement à une chauve-souris chassant haut dans le ciel, il peut effectuer des passages répétés très près d’une surface aquatique calme. Sa trajectoire suit alors l’eau, avec des changements de direction rapides lorsqu’une proie est détectée.
Les invertébrés peuvent être capturés en vol, mais certains se trouvent directement sur la surface de l’eau.
Le Murin de Daubenton dispose alors de plusieurs possibilités : il peut saisir une proie avec la bouche, utiliser ses pieds ou intervenir avec les membranes de son corps, notamment l’uropatagium.
Cette technique est parfois comparée à une forme de pêche.
L’image est parlante, mais il ne faut pas imaginer une chauve-souris plongeant dans l’eau comme un oiseau piscivore. L’animal reste en vol et prélève principalement de petits invertébrés associés à la surface.
Pourquoi vole-t-il si près de la surface ?
Les plans d’eau concentrent de nombreux insectes.
Certains possèdent des larves aquatiques et émergent à la surface au moment de devenir adultes. D’autres insectes survolent l’eau ou tombent accidentellement dessus.
Le Murin de Daubenton exploite précisément cette ressource.
Les eaux relativement calmes sont particulièrement adaptées à son mode de chasse, car elles lui offrent une surface dégagée sur laquelle il peut évoluer à faible hauteur. Le Plan national d’actions en faveur des Chiroptères cite notamment les plans d’eau calmes parmi ses terrains de chasse caractéristiques.
Il peut néanmoins chasser ailleurs.
Lisières forestières, prairies humides et végétation riveraine peuvent également être utilisées. Le Murin de Daubenton est donc étroitement lié à l’eau sans être incapable d’exploiter les habitats terrestres environnants.

Comment les ultrasons permettent-ils de chasser dans l’obscurité ?
Comme la plupart des chauves-souris européennes, le Murin de Daubenton utilise l’écholocalisation.
Il émet des signaux sonores dont une grande partie se situe dans les ultrasons, donc au-delà de la gamme normalement perceptible par l’oreille humaine. Les sons rencontrent les objets et les proies puis reviennent sous forme d’échos.
Le cerveau de la chauve-souris analyse ces informations avec une grande précision.
Cela lui permet de se déplacer dans l’obscurité et de localiser de petites proies en mouvement. La SFEPM rappelle que l’écholocalisation constitue le système essentiel d’orientation et de chasse de la majorité des chauves-souris.
Il ne faut cependant pas répéter le mythe selon lequel les chauves-souris seraient aveugles.
Elles possèdent des yeux fonctionnels. L’écholocalisation complète leurs autres sens et leur apporte des informations particulièrement efficaces pour évoluer et chasser la nuit.
Pour découvrir le fonctionnement général des Chiroptères, la présentation des chauves-souris de la SFEPM constitue une excellente ressource technique.
À quoi servent ses grands pieds ?
Les grands pieds constituent l’une des adaptations les plus intéressantes du Murin de Daubenton.
Lorsqu’une petite proie repose ou se déplace à la surface de l’eau, la chauve-souris peut descendre suffisamment près pour la saisir avec ses pieds.
Les griffes participent à cette capture.
Le mouvement est extrêmement rapide : l’animal poursuit son vol sans se poser sur l’eau.
Cette technique permet au murin de Daubenton chasse eau d’exploiter une zone très particulière située exactement à l’interface entre l’air et l’eau.
Les ressources qui s’y trouvent peuvent être moins accessibles à certaines autres chauves-souris dont la technique de chasse se concentre davantage sur les insectes en vol.
Quel rôle joue la membrane caudale ?
La membrane située entre les membres postérieurs et la queue porte le nom d’uropatagium.
Chez les chauves-souris, elle participe au contrôle du vol, mais peut aussi intervenir dans la capture des proies.
Chez le Murin de Daubenton, les observations montrent que les invertébrés peuvent être saisis avec les pieds ou avec l’aide de cette membrane.
Une proie récupérée de cette manière peut ensuite être dirigée vers la bouche.
Il faut donc imaginer une véritable coordination entre écholocalisation, trajectoire de vol, pieds et membranes.
Cette association explique l’efficacité avec laquelle l’espèce exploite les insectes présents juste au-dessus ou à la surface de l’eau.
Que mange le Murin de Daubenton ?
Son alimentation est essentiellement composée de petits invertébrés.
Les Diptères occupent une place importante, notamment des insectes étroitement associés aux milieux aquatiques. D’autres groupes, tels que les Trichoptères, Éphéméroptères, Coléoptères ou Lépidoptères, peuvent également être consommés.
La composition exacte du régime n’est évidemment pas identique partout.
Elle dépend des proies disponibles, de la saison et du milieu fréquenté.
Il est donc préférable de décrire le Murin de Daubenton comme un insectivore spécialisé dans l’exploitation des milieux aquatiques plutôt que de lui attribuer un menu fixe.
Cette dépendance envers les invertébrés relie directement la conservation de la chauve-souris à la qualité de ses terrains de chasse.
Quels plans d’eau utilise-t-il ?
Les eaux calmes sont particulièrement favorables.
Étangs, lacs, rivières à courant modéré et secteurs dégagés peuvent devenir des terrains de chasse. Les observations acoustiques montrent également son utilisation de mares dans certains paysages.
Une surface entièrement encombrée de végétation flottante n’offre pas nécessairement les mêmes conditions qu’une zone d’eau libre.
La continuité avec les boisements et les ripisylves est également importante.
Les chauves-souris utilisent souvent des structures paysagères comme les haies, lisières et alignements d’arbres pour circuler entre leurs gîtes et leurs zones d’alimentation.
La lumière artificielle doit aussi être prise en compte.
Maintenir des corridors sombres autour des cours d’eau et des zones humides aide à préserver le fonctionnement nocturne de ces habitats.
Où se repose-t-il pendant la période d’activité ?
Le Murin de Daubenton n’habite pas uniquement sous les ponts.
Les cavités arboricoles constituent des gîtes importants. Il peut utiliser des loges creusées par des pics, des fissures, des décollements d’écorce ou d’autres cavités présentes dans les arbres.
Les ponts et certains ouvrages situés au-dessus ou près de l’eau sont également utilisés.
Leur position peut être particulièrement avantageuse puisqu’ils placent les animaux à proximité immédiate de leurs terrains de chasse.
Cette diversité de gîtes rappelle pourquoi l’abattage d’un arbre creux ou des travaux sur un vieux pont ne doivent pas être considérés uniquement comme des opérations matérielles.
Une fissure apparemment vide peut constituer un refuge pour des chauves-souris.
Avant des travaux susceptibles d’affecter un gîte potentiel, il est préférable de faire intervenir des spécialistes lorsque la présence de Chiroptères est possible.
Où hiberne le Murin de Daubenton ?
Lorsque les insectes deviennent beaucoup moins accessibles en hiver, les chauves-souris européennes doivent réduire fortement leurs dépenses énergétiques.
Le Murin de Daubenton entre alors en hibernation.
Il utilise notamment des milieux souterrains naturels ou artificiels : grottes, caves, carrières, mines, tunnels et différentes fissures peuvent servir de refuges. Des cavités arboricoles sont également utilisées.
L’humidité du site joue un rôle important.
Le Murin de Daubenton peut se glisser profondément dans des fissures, ce qui le rend parfois très difficile à repérer lors des suivis hivernaux.
Cette discrétion doit inciter à la prudence.
Une cavité dans laquelle aucune chauve-souris n’est immédiatement visible ne doit pas être considérée automatiquement comme inoccupée.
Pourquoi ne faut-il jamais déranger une chauve-souris en hibernation ?
L’hibernation permet aux chauves-souris de traverser une période pendant laquelle leur nourriture devient difficile à trouver.
Leur métabolisme ralentit fortement et les animaux dépendent des réserves accumulées avant l’hiver.
Un réveil n’est pas gratuit.
Lorsque la chauve-souris sort de sa torpeur, sa température corporelle et son activité métabolique doivent augmenter. Cette transition consomme de l’énergie alors qu’il peut être impossible de la remplacer en trouvant suffisamment d’insectes.
La SFEPM insiste donc sur la nécessité de préserver des gîtes hivernaux tranquilles.
Évitez d’entrer inutilement dans une cave, une grotte, une mine ou un tunnel connu pour accueillir des chauves-souris en hiver.
Il ne faut pas non plus toucher un individu endormi, l’éclairer longuement, le photographier de très près ou tenter de le déplacer.
Dans ce contexte, ne pas déranger constitue déjà une véritable mesure de protection.
Les chauves-souris sont-elles protégées ?
Oui.
Les chauves-souris présentes naturellement en France bénéficient d’une protection réglementaire. Le Murin de Daubenton est notamment une espèce protégée au niveau national et figure à l’annexe IV de la directive européenne Habitats-Faune-Flore.
La protection ne concerne pas uniquement l’idée de ne pas tuer une chauve-souris.
Les sites de reproduction et les aires de repos des espèces protégées sont également concernés par le cadre réglementaire applicable.
Cette dimension est importante lors de travaux sur un pont, un bâtiment ou un arbre susceptible d’héberger une colonie.
Une rénovation apparemment anodine peut condamner une fissure utilisée depuis longtemps comme gîte.
En cas de présence confirmée, mieux vaut demander conseil à une structure spécialisée avant d’intervenir.
Comment préserver ses terrains de chasse ?
Protéger le murin de Daubenton chasse eau implique de conserver à la fois les gîtes et les milieux où il se nourrit.
Préserver les arbres à cavités autour des zones humides constitue une première mesure importante. Les vieux arbres offrent des refuges que de jeunes plantations ne remplacent pas immédiatement.
Les berges végétalisées et les ripisylves jouent également un rôle.
Elles participent à la continuité écologique entre gîtes et terrains de chasse.
La qualité de l’eau mérite elle aussi une attention particulière puisque l’espèce dépend largement des insectes liés aux écosystèmes aquatiques.
Réduire les pollutions et éviter les traitements susceptibles d’affecter massivement les invertébrés contribue à préserver la chaîne alimentaire.
Enfin, limiter l’éclairage nocturne inutile près des cours d’eau permet de maintenir des secteurs sombres.
Une rivière écologiquement fonctionnelle la nuit ne doit pas nécessairement être illuminée comme une promenade urbaine.
Pour prolonger cette approche, Jardin Ruse propose également des contenus consacrés à la biodiversité et aux aménagements favorables à la faune.
Comment observer le Murin de Daubenton sans le déranger ?
La meilleure période d’observation se situe pendant son activité nocturne, et non dans son gîte.
Placez-vous à distance d’un étang ou d’une rivière calme au crépuscule et observez la surface sans utiliser un éclairage puissant.
Une petite chauve-souris effectuant des passages répétés très près de l’eau peut correspondre au Murin de Daubenton.
Mais une identification visuelle certaine reste difficile.
Les spécialistes utilisent des détecteurs d’ultrasons et analysent les signaux acoustiques en combinaison avec le comportement de vol et l’habitat.
Il ne faut pas poursuivre un animal avec une lampe ni chercher son gîte après l’avoir observé.
L’objectif est de voir un comportement naturel sans modifier la trajectoire ou le repos de l’animal.
Questions fréquentes
Le Murin de Daubenton pêche-t-il vraiment ?
Le terme est imagé mais décrit assez bien une partie de son comportement.
Il peut prélever de petits invertébrés à la surface de l’eau grâce à ses pieds et à l’uropatagium tout en poursuivant son vol.
Pourquoi vole-t-il au ras de l’eau ?
Les surfaces aquatiques concentrent de nombreux insectes émergents, en vol ou posés sur l’eau.
Le Murin de Daubenton est particulièrement adapté à l’exploitation de cette ressource.
Utilise-t-il des ultrasons ?
Oui.
Comme de nombreuses chauves-souris, il utilise l’écholocalisation pour s’orienter et détecter ses proies dans l’obscurité.
Est-il aveugle ?
Non.
Les chauves-souris voient, même si l’écholocalisation joue un rôle essentiel dans leurs déplacements et leur chasse nocturne.
Où passe-t-il l’hiver ?
Il peut hiberner dans des cavités souterraines naturelles ou artificielles, notamment des caves, carrières, mines et tunnels, ainsi que dans certaines cavités d’arbres.
Pourquoi ne faut-il pas réveiller une chauve-souris en hiver ?
Un réveil oblige l’animal à augmenter fortement son activité métabolique et à consommer des réserves énergétiques.
Des dérangements répétés peuvent donc compromettre sa capacité à traverser l’hiver.
Le Murin de Daubenton est-il protégé ?
Oui.
Il fait partie des espèces de chauves-souris protégées en France.
Conclusion : observer sa chasse, respecter son repos
Le murin de Daubenton chasse eau avec une technique qui compte parmi les comportements les plus fascinants des chauves-souris européennes.
Son vol très proche de la surface lui permet d’exploiter les nombreux petits invertébrés associés aux milieux aquatiques.
Grâce à l’écholocalisation, il détecte et localise ses proies dans l’obscurité.
Lorsqu’un insecte se trouve sur la surface, ses grands pieds et ses griffes peuvent intervenir dans la capture. L’uropatagium, membrane reliant les membres postérieurs et la queue, participe également à cette remarquable coordination.
Mais comprendre le murin de Daubenton chasse eau nécessite de regarder au-delà de quelques minutes passées au-dessus d’un étang.
L’espèce dépend d’un réseau complet d’habitats.
Les eaux calmes fournissent les terrains de chasse, les ripisylves et boisements assurent des continuités, les arbres creux et certains ouvrages offrent des gîtes, tandis que les cavités souterraines et arboricoles peuvent devenir des refuges hivernaux.
La protection de l’espèce passe donc par la conservation de cet ensemble.
Elle implique aussi une règle particulièrement simple en hiver : laisser les chauves-souris dormir.
Une chauve-souris en hibernation n’est pas un animal disponible pour être photographié ou examiné de près.
Elle traverse une période où l’économie d’énergie devient essentielle.
Le meilleur endroit pour découvrir le Murin de Daubenton reste finalement son terrain de chasse.
Observer à distance, au crépuscule, une petite silhouette parcourant silencieusement la surface d’une rivière permet d’apprécier son extraordinaire adaptation sans compromettre son repos.