Le ginkgo biloba, un arbre resté presque inchangé depuis les dinosaures

Avec ses feuilles en éventail qui deviennent jaune d’or en automne, le ginkgo paraît parfaitement à sa place dans une avenue moderne ou un jardin contemporain. Pourtant, son histoire plonge dans un passé beaucoup plus ancien que celui de la plupart des arbres qui l’entourent.

Ginkgo biloba est aujourd’hui la seule espèce vivante du genre Ginkgo, lui-même seul représentant actuel de la famille des Ginkgoaceae et de l’ordre des Ginkgoales. Les fossiles montrent que les ginkgophytes existaient déjà bien avant l’apparition des plantes à fleurs modernes et qu’ils étaient largement répandus au Mésozoïque. Des feuilles fossiles datant de plus de 200 millions d’années ressemblent fortement à celles des ginkgos actuels. (kew.org)

C’est pour cette raison qu’on qualifie souvent le ginkgo biloba d’arbre fossile vivant. L’expression est parlante, mais elle doit être comprise correctement. L’espèce actuelle n’est pas restée génétiquement et biologiquement figée depuis le Jurassique. Elle continue d’évoluer comme tout organisme vivant. Ce qui est exceptionnel, c’est la conservation d’un plan morphologique très ancien et la survie, jusqu’à notre époque, d’une branche évolutive autrefois beaucoup plus diversifiée.

Cette robustesse explique aussi son succès dans les villes. Le ginkgo supporte bien le froid, de nombreux sols, certaines périodes de sécheresse une fois établi et la pollution atmosphérique. La Royal Horticultural Society et Plante & Cité le citent explicitement pour sa bonne tolérance aux conditions urbaines. (rhs.org.uk)

Sommaire

  1. Qu’est-ce exactement que Ginkgo biloba ?
  2. Pourquoi parle-t-on de « fossile vivant » ?
  3. Le ginkgo poussait-il vraiment à l’époque des dinosaures ?
  4. A-t-il réellement peu changé depuis le Mésozoïque ?
  5. Comment cette lignée a-t-elle presque disparu ?
  6. Pourquoi le ginkgo a-t-il survécu en Asie ?
  7. Comment est-il devenu un arbre urbain en Europe ?
  8. Pourquoi supporte-t-il si bien la ville ?
  9. Mâles et femelles : une particularité importante
  10. Guide pratique : planter un ginkgo
  11. Quel emplacement et quel sol choisir ?
  12. Faut-il beaucoup l’arroser ou le tailler ?
  13. FAQ
  14. Conclusion

Qu’est-ce exactement que Ginkgo biloba ?

Le ginkgo appartient aux gymnospermes, grand groupe qui comprend également les conifères, les cycas et les gnétophytes.

Mais il n’est pas un conifère.

La classification botanique actuelle de Kew place Ginkgo biloba dans :

  • l’ordre des Ginkgoales ;
  • la famille des Ginkgoaceae ;
  • le genre Ginkgo.

Et dans chacun de ces deux derniers niveaux, il est aujourd’hui seul : le genre Ginkgo ne possède qu’une espèce vivante reconnue, Ginkgo biloba. (powo.science.kew.org)

Cette solitude évolutive est l’une des raisons pour lesquelles le ginkgo fascine autant les botanistes.

Un chêne appartient à un genre comprenant de nombreuses autres espèces.

Le ginkgo, lui, est le dernier survivant d’une branche beaucoup plus ancienne.

Pourquoi parle-t-on de « fossile vivant » ?

L’expression « fossile vivant » est ancienne et volontairement imagée.

Elle désigne généralement une espèce actuelle qui ressemble fortement à des organismes connus dans des fossiles très anciens et qui appartient à une lignée aujourd’hui beaucoup moins diversifiée qu’autrefois.

Le ginkgo en est devenu l’exemple classique.

Kew souligne que des fossiles de feuilles ressemblant fortement à celles du ginkgo actuel datent de plus de 200 millions d’années. (kew.org)

Des formes apparentées aux ginkgos existaient encore plus tôt.

Une synthèse paléobotanique publiée dans les Comptes Rendus de l’Académie des sciences situe les ginkgophytes au moins au Permien, tandis que le groupe devient très largement réparti au Trias et connaît une forte diversification au Jurassique supérieur et au Crétacé inférieur. (sciencedirect.com)

Le ginkgo était donc bien présent sous différentes formes pendant l’ère des dinosaures.

Le ginkgo poussait-il vraiment au temps des dinosaures ?

Oui, mais il faut distinguer la lignée des ginkgos de l’espèce moderne au sens strict.

Les dinosaures non aviens apparaissent au Trias et disparaissent à la fin du Crétacé, il y a environ 66 millions d’années.

Pendant cette immense période, les ginkgophytes étaient déjà présents et parfois très répandus.

Kew décrit le groupe comme antérieur aux dinosaures et rappelle l’abondance de fossiles de type ginkgo dans les terrains jurassiques et crétacés. (powo.science.kew.org)

Il serait cependant trop simpliste d’affirmer que le même individu botanique Ginkgo biloba, exactement identique à celui d’aujourd’hui, poussait déjà partout il y a 200 millions d’années.

Les archives fossiles comprennent plusieurs genres et espèces apparentés.

Ce qui frappe surtout les chercheurs est la conservation remarquable de certains caractères, notamment la forme générale des feuilles.

Le ginkgo est-il réellement resté inchangé ?

Pas littéralement.

Aucune espèce vivante n’est totalement figée pendant des centaines de millions d’années.

Mutations, sélection naturelle, dérive génétique et changements démographiques continuent d’agir.

Lorsque Kew indique que certaines feuilles fossiles sont « presque identiques » aux feuilles actuelles, il s’agit avant tout d’une comparaison morphologique. (kew.org)

Le terme « presque inchangé » doit donc être compris ainsi :

la forme générale du ginkgo et plusieurs aspects fondamentaux de son organisation ont montré une remarquable stabilité au cours de l’histoire géologique.

Cette stabilité n’implique pas une identité génétique parfaite entre un ginkgo jurassique et un arbre planté aujourd’hui dans une rue française.

Une lignée autrefois répandue sur plusieurs continents

Au Mésozoïque, les ginkgophytes étaient beaucoup plus diversifiés qu’aujourd’hui.

Les fossiles indiquent une présence ancienne dans de vastes régions de l’hémisphère Nord, mais également sur d’autres continents à certaines périodes.

La synthèse paléobotanique consacrée à l’origine du groupe décrit une distribution très large dès le Trias, incluant notamment l’Europe, l’Asie, l’Australie, l’Amérique du Sud et l’Afrique australe. (sciencedirect.com)

Puis le groupe décline progressivement.

À partir de la fin du Crétacé et au cours du Cénozoïque, sa diversité et son aire de répartition diminuent.

À terme, une seule lignée subsiste en Asie orientale.

Comment le ginkgo a-t-il survécu jusqu’à nous ?

C’est l’une des parties les plus intéressantes de son histoire.

Kew considère aujourd’hui Ginkgo biloba comme originaire de Chine, avec une aire indigène résiduelle située notamment dans le sud-est du pays. (powo.science.kew.org)

Cependant, même la frontière entre population réellement sauvage et population très anciennement cultivée n’est pas toujours facile à établir.

Des arbres ont été plantés pendant des siècles autour de temples chinois et japonais.

Kew souligne ainsi que certaines populations chinoises considérées comme naturelles pourraient en réalité être partiellement issues de plantations très anciennes. (powo.science.kew.org)

La culture humaine a probablement joué un rôle majeur dans la survie récente de l’espèce.

Aujourd’hui, le paradoxe est spectaculaire : le ginkgo est menacé dans son état sauvage mais extrêmement répandu comme arbre cultivé dans les villes du monde entier. Kew le classe comme « En danger » dans la nature selon l’UICN. (kew.org)

Comment est-il arrivé en Europe ?

Le ginkgo est introduit en Europe au XVIIIe siècle.

Les premiers spécimens arrivent depuis l’Asie orientale par les réseaux botaniques et commerciaux.

Kew conserve encore un remarquable sujet planté au jardin botanique en 1762, connu sous le nom d’« Old Lion », l’un des premiers ginkgos installés en Grande-Bretagne. (powo.science.kew.org)

En France, le ginkgo est longtemps connu sous le nom d’arbre aux quarante écus, appellation liée à une anecdote horticole ancienne concernant le prix payé pour les premiers plants importés.

Il s’impose ensuite progressivement dans les parcs, jardins botaniques, avenues et espaces publics.

Sa silhouette régulière lorsqu’il est jeune, son feuillage automnal jaune vif et surtout sa tolérance aux contraintes urbaines expliquent cette popularité.

Pourquoi est-il utilisé comme arbre d’alignement en France ?

Les rues sont des environnements beaucoup plus difficiles pour un arbre qu’un parc forestier.

Les racines doivent parfois pousser dans des volumes de sol réduits.

Le sol est compacté.

Les températures peuvent être supérieures à celles de la campagne environnante.

La pollution atmosphérique, les embruns routiers, la sécheresse estivale et les blessures mécaniques ajoutent d’autres contraintes.

Or le ginkgo tolère étonnamment bien plusieurs de ces difficultés.

Plante & Cité répertorie spécifiquement Ginkgo biloba comme un arbre résistant en ville et mentionne sa bonne résistance à la pollution atmosphérique. (ressources.plante-et-cite.fr)

La RHS confirme elle aussi sa tolérance à la pollution atmosphérique et le recommande comme arbre architectural ou urbain. (rhs.org.uk)

Résistant à la pollution ne signifie pas invulnérable

C’est une nuance importante.

Un arbre qui supporte relativement bien l’atmosphère urbaine peut néanmoins souffrir :

  • d’un manque d’eau ;
  • d’un sol trop compact ;
  • d’un espace racinaire insuffisant ;
  • d’un mauvais drainage ;
  • de blessures répétées ;
  • d’une chaleur extrême.

Le ginkgo possède une bonne réputation urbaine parce qu’il combine plusieurs tolérances intéressantes, et non parce que la pollution serait bénéfique pour lui.

Une plantation bien conçue reste indispensable.

Un autre avantage : peu de problèmes sanitaires

La RHS décrit Ginkgo biloba comme généralement peu sensible aux ravageurs et aux maladies, même si quelques problèmes peuvent exceptionnellement apparaître. (rhs.org.uk)

Cette robustesse réduit les besoins d’intervention dans les alignements urbains.

L’arbre supporte également bien le froid.

La RHS lui attribue une rusticité H6, correspondant à une capacité à supporter les hivers froids de nombreuses régions d’Europe du Nord. (rhs.org.uk)

Il peut donc être planté dans une grande partie de la France.

Des feuilles immédiatement reconnaissables

La feuille du ginkgo est unique parmi les arbres couramment cultivés.

Elle est en forme d’éventail, parcourue par des nervures qui se divisent de manière dichotomique.

Certaines feuilles sont fortement divisées en deux lobes, d’où le nom spécifique biloba.

Mais toutes les feuilles d’un même arbre ne possèdent pas nécessairement deux lobes parfaitement marqués.

En automne, le feuillage prend une couleur jaune particulièrement lumineuse avant de tomber.

C’est l’une des raisons de son succès dans les parcs et avenues.

Mâles et femelles vivent sur des arbres séparés

Ginkgo biloba est une espèce dioïque.

Cela signifie que les structures reproductrices mâles et femelles sont généralement portées par des individus différents.

Les arbres mâles produisent le pollen.

Les femelles portent après fécondation de grosses graines entourées d’une enveloppe charnue jaunâtre.

Kew indique que la maturité reproductive n’intervient souvent qu’après plusieurs décennies. (powo.science.kew.org)

Pourquoi les villes préfèrent-elles souvent les arbres mâles ?

Parce que l’enveloppe charnue des graines femelles développe en se décomposant une odeur particulièrement désagréable, souvent comparée au beurre rance.

Kew précise que cette caractéristique conduit fréquemment à sélectionner des arbres mâles pour les plantations urbaines. (kew.org)

Dans une avenue, cette préférence est facile à comprendre.

Des dizaines d’arbres femelles matures peuvent produire une grande quantité de graines qui tombent sur les trottoirs.

Les cultivars mâles permettent de conserver les qualités paysagères du ginkgo sans cette nuisance.

Guide pratique : planter un ginkgo au jardin

Le ginkgo est relativement simple à cultiver une fois correctement installé.

Son principal défaut pour un petit jardin est sa taille future.

La RHS indique qu’un sujet type peut atteindre environ 25 mètres, avec une couronne qui s’élargit progressivement en vieillissant. (rhs.org.uk)

Il faut donc réfléchir à long terme avant la plantation.

Quel emplacement choisir ?

Le plein soleil est idéal.

La RHS recommande une exposition ensoleillée pour obtenir un développement régulier et une belle coloration automnale. (rhs.org.uk)

Évitez de placer un grand cultivar :

  • sous des lignes électriques ;
  • trop près d’une maison ;
  • contre une clôture étroite ;
  • dans un espace où son houppier devra être constamment réduit.

Un ginkgo est un arbre de plusieurs générations.

Son emplacement doit être choisi en pensant à sa taille adulte et non à celle du jeune plant acheté en pépinière.

Quel sol lui convient ?

L’espèce se montre relativement adaptable.

La RHS indique qu’elle peut pousser dans des sols :

  • argileux ;
  • limoneux ;
  • sableux ;
  • voire calcaires,

à condition que le terrain soit correctement drainé. Elle tolère également une large gamme de pH. (rhs.org.uk)

Cette capacité d’adaptation explique en partie sa réussite dans des villes aux sols très transformés.

Mais adaptation ne signifie pas préférence pour un sol asphyxiant.

Une terre durablement gorgée d’eau reste problématique.

Quand planter ?

Pour un arbre caduc comme le ginkgo, la période allant de l’automne au début du printemps est généralement la plus favorable, à condition que le sol ne soit ni gelé ni saturé d’eau.

La RHS recommande cette période pour l’installation des arbres afin que les racines puissent commencer à s’établir avant les fortes chaleurs estivales. (rhs.org.uk)

Un arbre cultivé en conteneur peut techniquement être planté à d’autres périodes, mais une plantation pendant une canicule nécessite beaucoup plus de surveillance.

Comment préparer le trou ?

Évitez le vieux réflexe consistant à creuser un trou très profond puis à le remplir de terreau riche.

La RHS recommande plutôt d’ameublir une large zone autour de la motte afin de faciliter l’expansion des racines dans le sol existant. (rhs.org.uk)

Le collet ne doit pas être enterré profondément.

Après plantation :

  1. replacez la terre autour de la motte ;
  2. tassez modérément ;
  3. arrosez abondamment ;
  4. installez si nécessaire un tuteur correctement positionné ;
  5. ajoutez un paillage autour de la zone racinaire sans le coller contre le tronc.

Faut-il arroser un ginkgo ?

Un jeune arbre, oui.

Pendant les premières années, son système racinaire n’occupe pas encore un volume de sol suffisant pour faire face seul à de longues sécheresses.

Arrosez donc profondément pendant les périodes sèches.

L’objectif est de favoriser la descente des racines plutôt que de multiplier quotidiennement de très petits apports superficiels.

Une fois bien installé, le ginkgo devient nettement plus tolérant aux périodes sèches, même si une sécheresse extrême peut évidemment l’affecter.

Faut-il fertiliser ?

Pas systématiquement.

Dans une terre de jardin normale, un arbre correctement planté peut généralement s’installer sans fertilisation forte.

La RHS déconseille d’ailleurs l’ajout de fertilisant directement dans le trou au moment de la plantation. (rhs.org.uk)

Une fertilisation peut être envisagée plus tard si le sol est réellement pauvre ou si une analyse révèle un manque.

Ajouter beaucoup d’azote « pour faire pousser plus vite » n’est pas nécessairement bénéfique.

Faut-il tailler le ginkgo ?

Très peu.

La RHS indique qu’un Ginkgo biloba type ne nécessite généralement aucune taille régulière. (rhs.org.uk)

Une intervention peut être utile pour :

  • retirer une branche morte ;
  • supprimer une branche cassée ;
  • corriger une mauvaise formation chez un jeune arbre.

Mais une taille sévère annuelle n’a pas de raison d’être si l’arbre a été placé au bon endroit.

C’est encore une raison de choisir correctement son emplacement dès le départ.

Quel ginkgo choisir pour un jardin plus petit ?

Le type sauvage devient grand.

Pour une surface réduite, il existe des cultivars plus compacts, étroits ou à développement lent.

Des formes colonnaires sont également utilisées dans les aménagements urbains lorsque l’espace latéral est limité.

La RHS décrit par exemple ‘Princeton Sentry’ comme un cultivar mâle à port vertical et adapté aux jardins urbains. (rhs.org.uk)

Il reste néanmoins essentiel de vérifier la taille adulte annoncée pour le cultivar précis.

« Compact » pour un arbre ne signifie pas nécessairement petit comme un arbuste.

FAQ

Le ginkgo est-il vraiment un fossile vivant ?

C’est une expression de vulgarisation justifiée par son extraordinaire ancienneté évolutive et par la forte ressemblance entre certaines feuilles fossiles âgées de plus de 200 millions d’années et celles des arbres actuels. Elle ne signifie pas que l’espèce n’a absolument jamais évolué. (kew.org)

Le ginkgo existait-il avant les dinosaures ?

La lignée des ginkgophytes possède des origines très anciennes, avec des formes fossiles remontant au Permien. Elle était déjà bien établie lorsque les dinosaures se diversifient au Mésozoïque. (sciencedirect.com)

Est-ce exactement la même espèce depuis 200 millions d’années ?

On ne peut pas le formuler ainsi. Les fossiles témoignent surtout de formes apparentées présentant une morphologie remarquablement similaire. L’espèce actuelle possède une histoire évolutive propre.

Quelle est la particularité taxonomique du ginkgo ?

Ginkgo biloba est aujourd’hui la seule espèce vivante du genre Ginkgo, seule famille vivante des Ginkgoaceae et seul représentant actuel de l’ordre des Ginkgoales. (powo.science.kew.org)

Pourquoi le plante-t-on dans les villes ?

Il tolère bien plusieurs contraintes urbaines et notamment la pollution atmosphérique. Sa rusticité, son faible nombre de problèmes sanitaires et sa coloration automnale renforcent son intérêt. (ressources.plante-et-cite.fr)

Le ginkgo est-il résistant à toutes les pollutions ?

Non. « Tolérant à la pollution atmosphérique » signifie qu’il supporte mieux certaines contraintes que de nombreuses espèces, pas qu’il est insensible à un environnement urbain dégradé.

Pourquoi certains ginkgos sentent-ils mauvais en automne ?

Les arbres femelles produisent des graines entourées d’une enveloppe charnue qui dégage une odeur très désagréable en se décomposant. C’est pourquoi les plantations urbaines utilisent souvent des cultivars mâles. (kew.org)

Le ginkgo perd-il ses feuilles ?

Oui. C’est un arbre caduc. Ses feuilles deviennent jaune vif en automne puis tombent. (rhs.org.uk)

Quel sol préfère-t-il ?

Il est adaptable, mais préfère un sol correctement drainé. La RHS le donne comme compatible avec des sols argileux, limoneux, sableux ou calcaires et avec différents pH. (rhs.org.uk)

Peut-il pousser partout en France ?

Sa bonne rusticité permet sa culture dans une grande partie de la France. Il faut surtout lui fournir suffisamment d’espace, de lumière et un sol qui ne reste pas gorgé d’eau.

Conclusion

Le ginkgo biloba, arbre fossile vivant, possède une histoire qu’aucun alignement urbain ne laisse deviner au premier regard.

Sa lignée apparaît dans les archives fossiles bien avant l’époque moderne des plantes à fleurs. Les ginkgophytes étaient déjà largement répartis au Mésozoïque, et leur diversité atteint un niveau important pendant le Jurassique et le début du Crétacé. (sciencedirect.com)

Puis le groupe décline.

Des nombreuses formes anciennes, il ne subsiste aujourd’hui qu’une espèce : Ginkgo biloba.

Cette espèce est elle-même remarquable par sa position taxonomique. Elle constitue à elle seule tout le genre Ginkgo, au sein de la seule famille vivante des Ginkgoaceae. (powo.science.kew.org)

Son surnom de « fossile vivant » est donc compréhensible.

Mais il ne faut pas le transformer en affirmation selon laquelle le ginkgo aurait été totalement figé pendant deux cents millions d’années. Les ressemblances concernent particulièrement son architecture et ses feuilles. Les populations vivantes, elles, ont continué leur propre histoire évolutive.

Le plus surprenant est peut-être que cette relique botanique soit aujourd’hui particulièrement à l’aise dans un environnement que ses ancêtres n’auraient jamais connu : la ville moderne.

Pollution atmosphérique, sols transformés et climat urbain ne constituent pas des conditions idéales pour un arbre. Pourtant, Plante & Cité et la RHS confirment la bonne tolérance du ginkgo aux environnements urbains, ce qui explique son utilisation dans les alignements et espaces publics. (ressources.plante-et-cite.fr)

Cette robustesse n’efface pas ses besoins fondamentaux.

Pour réussir au jardin, il lui faut avant tout un emplacement suffisamment vaste, du soleil et un sol correctement drainé. Un jeune sujet doit être arrosé pendant son installation, mais un arbre adulte bien enraciné devient relativement autonome.

Le jardinier doit également penser à une particularité rarement visible lors de l’achat : le sexe de l’arbre. Les ginkgos femelles produisent à maturité des graines dont l’enveloppe charnue dégage une odeur désagréable. Les cultivars mâles sont donc généralement préférés près des habitations et dans les rues. (kew.org)

Planter un ginkgo revient finalement à installer bien plus qu’un arbre décoratif.

Chaque feuille en éventail appartient à une architecture végétale dont les équivalents fossiles remontent à l’époque où les dinosaures parcouraient encore la planète.

Et chaque automne, lorsque toute la couronne devient jaune, cette branche presque solitaire de l’histoire évolutive des plantes rappelle qu’une lignée peut survivre à des bouleversements géologiques immenses — puis finir sa course au bord d’un boulevard ou dans un jardin français.

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