Les fraisiers possèdent une méthode de multiplication naturelle particulièrement facile à exploiter au jardin. Multiplier fraisiers stolons permet d’obtenir gratuitement de jeunes plants à partir de pieds déjà installés, sans semis ni technique complexe. Ces longues tiges rampantes produisent de petites plantes capables de développer leurs propres racines lorsqu’elles entrent en contact avec le sol.
La fin de l’été est une excellente période pour accompagner ce processus. Il suffit de sélectionner un stolon vigoureux, de maintenir sa jeune rosette contre du terreau humide puis d’attendre son enracinement avant de la séparer du pied mère.
Table des Matières
- Qu’est-ce qu’un stolon de fraisier ?
- Pourquoi multiplier les fraisiers par stolons ?
- Quelle est la meilleure période ?
- Choisir un pied mère sain
- Sélectionner le bon jeune plant
- Préparer un petit pot
- Fixer la rosette sans couper le stolon
- Maintenir une humidité régulière
- Vérifier l’apparition des racines
- Quand couper le stolon ?
- Replanter le nouveau fraisier
- Bien positionner le collet
- Multiplier directement en pleine terre
- Entretenir les jeunes plants
- Les erreurs à éviter
- Renouveler progressivement une fraiseraie
- Conclusion
Qu’est-ce qu’un stolon de fraisier ?
Le stolon est une longue tige horizontale produite par le fraisier. Il part du pied mère et s’allonge au-dessus du sol avant de former un ou plusieurs nœuds portant de petites rosettes de feuilles.
Ces rosettes sont capables de développer des racines lorsqu’elles rencontrent un substrat favorable. Elles deviennent alors de véritables plants filles.
L’Université du Connecticut décrit précisément ce fonctionnement : le stolon s’étend sur le sol, développe des feuilles puis des racines qui donnent naissance à un nouveau plant. Une fois suffisamment enraciné, celui-ci peut vivre indépendamment du pied mère.
Il s’agit donc d’une multiplication végétative.
Contrairement au semis, le nouveau fraisier obtenu par stolon est un clone du pied dont il provient. Il conserve ainsi les caractéristiques génétiques de la plante mère.

Pourquoi multiplier fraisiers stolons ?
Cette technique présente d’abord un avantage évident : elle permet d’obtenir de nouveaux fraisiers sans acheter de plants supplémentaires.
Un pied vigoureux peut produire plusieurs stolons pendant la saison. Chaque stolon peut à son tour porter une ou plusieurs jeunes rosettes.
La multiplication permet également de renouveler progressivement une plantation vieillissante.
La Royal Horticultural Society explique que les stolons peuvent servir à augmenter le nombre de fraisiers ou à remplacer des pieds anciens devenus moins intéressants.
Plutôt que d’attendre que toute la fraiseraie perde de sa vigueur, le jardinier peut donc préparer régulièrement une nouvelle génération de plants.
Cette méthode est également intéressante pour remplir un nouvel espace, créer une nouvelle rangée ou cultiver quelques fraisiers supplémentaires en pot.
Quand prélever les stolons ?
Les fraisiers produisent généralement leurs stolons pendant la saison de croissance, souvent après ou autour de leur principale période de fructification selon le type cultivé.
Pour la multiplication domestique, la fin de l’été constitue une période particulièrement pratique.
La RHS indique explicitement que la fin de l’été est idéale pour multiplier les fraisiers à partir des stolons.
Cela laisse aux jeunes plants suffisamment de temps pour former un système racinaire avant les conditions froides.
Il ne faut cependant pas suivre uniquement le calendrier. Observez surtout la plante.
Le stolon doit porter une petite rosette déjà bien identifiable, avec plusieurs feuilles et une base susceptible de produire des racines.
Choisir uniquement un pied mère sain
Avant de multiplier fraisiers stolons, inspectez les plantes dont ils proviennent.
Choisissez des pieds vigoureux qui ont donné satisfaction et ne présentent pas de symptômes évidents de maladie. Les feuilles doivent être globalement saines et la plante correctement développée.
Cette précaution est importante parce que la multiplication par stolon reproduit végétativement le pied mère.
Une plante faible ou malade n’est donc pas un choix judicieux pour produire la génération suivante.
Privilégiez les pieds qui correspondent aux caractéristiques que vous souhaitez conserver : vigueur, qualité des fruits et adaptation à votre emplacement.
Ne cherchez pas nécessairement à conserver chaque stolon produit dans la fraiseraie.
Quelques jeunes plants robustes valent mieux qu’une multitude de petites rosettes faibles et difficiles à installer correctement.
Quelle rosette choisir sur le stolon ?
Un même stolon peut produire plusieurs jeunes plants successifs.
Lorsque plusieurs rosettes sont présentes, la première située près du pied mère est souvent déjà bien développée. Elle constitue généralement un choix pratique pour la multiplication.
Observez surtout sa vigueur.
Sélectionnez une rosette possédant des feuilles saines et une base bien formée. Si de petites racines commencent déjà à apparaître, son installation sera encore plus facile.
Les plantules très petites situées à l’extrémité d’un long stolon peuvent être laissées de côté.
Une fois que vous avez obtenu suffisamment de nouveaux plants, les stolons supplémentaires peuvent être supprimés afin d’éviter que la plantation devienne excessivement dense.
Préparer un petit pot pour l’enracinement
La technique la plus facile consiste à placer un petit pot à côté du fraisier sans détacher immédiatement le stolon.
La RHS recommande notamment des pots d’environ 9 cm remplis de terreau polyvalent sans tourbe.
Remplissez le contenant et humidifiez légèrement le substrat.
Placez ensuite le pot suffisamment près du pied mère pour que le stolon puisse l’atteindre naturellement. Évitez de tirer fortement sur la tige pour gagner quelques centimètres.
La rosette doit pouvoir reposer au centre du pot sans tension excessive.
Cette technique possède un avantage considérable : pendant que les nouvelles racines se développent, le jeune fraisier reste relié à la plante mère.
Fixer la rosette contre le terreau
Posez la base de la jeune rosette directement sur la surface du substrat.
Elle doit rester en contact avec celui-ci pour permettre aux racines de s’y développer.
La RHS recommande de maintenir le stolon en place avec une petite agrafe en forme de U. Un morceau de fil métallique courbé peut remplir cette fonction.
Ne recouvrez pas complètement le cœur de la rosette.
Le centre du jeune fraisier doit rester au-dessus de la surface. Seule la partie destinée à s’enraciner doit être maintenue contre le substrat.
Cette étape est essentielle lorsque vous souhaitez multiplier fraisiers stolons avec un taux de réussite élevé.
Une rosette qui bouge continuellement sous l’effet du vent aura davantage de difficultés à établir un contact stable avec le terreau.
Ne coupez pas immédiatement le stolon
C’est probablement l’erreur la plus fréquente.
Lorsque le jeune plant paraît déjà bien formé, il peut être tentant de couper immédiatement la longue tige qui le relie au pied mère.
Attendez.
Pendant la phase d’enracinement, cette connexion continue de soutenir la jeune plante.
La méthode recommandée par la RHS consiste précisément à installer le jeune plant dans son pot tout en maintenant le stolon relié au fraisier d’origine.
La séparation intervient après l’enracinement.
Cette approche réduit le stress subi par le jeune plant et lui permet de développer progressivement son autonomie.
Maintenir le substrat légèrement humide
Les racines en formation ne doivent pas se retrouver dans un substrat totalement desséché.
Vérifiez donc régulièrement le petit pot.
La RHS recommande de maintenir le terreau légèrement humide afin de favoriser la croissance racinaire.
Cela ne signifie pas qu’il doit rester saturé d’eau.
Un substrat constamment détrempé contient moins d’air et peut favoriser différents problèmes. Recherchez une humidité régulière mais raisonnable.
Pendant une période chaude ou venteuse, un petit pot peut sécher beaucoup plus rapidement que la terre de la fraiseraie.
Cette surveillance est particulièrement importante pendant les premières semaines.
Comment savoir si le nouveau fraisier est enraciné ?
Après quelque temps, la rosette commence à développer son propre réseau racinaire.
Vous pouvez tester délicatement sa résistance.
Tirez très légèrement sur le jeune plant sans l’arracher. S’il oppose une résistance nette, les racines commencent probablement à bien tenir le substrat.
Vous pouvez également observer les trous de drainage du pot. Certaines racines peuvent éventuellement devenir visibles.
Ne soyez pas pressé.
Le but n’est pas simplement d’obtenir quelques minuscules racines, mais un jeune fraisier suffisamment autonome pour supporter la séparation.
La RHS conseille de sectionner la connexion avec le pied mère une fois que le nouveau plant est enraciné.
Multiplier fraisiers stolons : quand couper la connexion ?
Lorsque la rosette possède un système racinaire satisfaisant, utilisez un sécateur ou des ciseaux propres.
Coupez le stolon entre le pied mère et le jeune plant.
Le nouveau fraisier devient alors indépendant.
Il peut rester temporairement dans son petit pot afin de poursuivre son développement ou être installé dans sa position définitive si les conditions sont favorables.
Continuez à surveiller son arrosage après la séparation.
Son système racinaire reste plus petit que celui d’un fraisier adulte et le substrat d’un petit contenant peut perdre rapidement son humidité.
Replanter le jeune fraisier au bon endroit
Les fraisiers apprécient généralement une situation ensoleillée et un terrain fertile mais bien drainé.
Préparez le nouvel emplacement avant de sortir le jeune plant de son pot.
Creusez un trou suffisamment large pour accueillir les racines sans les comprimer. Retirez délicatement la motte et placez-la dans le trou.
La profondeur de plantation est essentielle.
Le point où les feuilles rejoignent les racines, appelé couronne ou collet, doit se trouver approximativement au niveau du sol.
Une plantation trop profonde peut favoriser le pourrissement de la couronne. Une plantation trop haute peut exposer excessivement les racines.
Après installation, tassez légèrement puis arrosez.
Respecter suffisamment d’espace entre les plants
Ne transformez pas une rangée aérée en tapis impénétrable simplement parce que les stolons sont nombreux.
La RHS recommande généralement de planter les nouveaux fraisiers à environ 35 cm de distance dans son guide principal de culture. Les recommandations peuvent varier selon le système de plantation.
Une circulation correcte de l’air facilite également l’entretien et la récolte.
Une plantation trop dense rend le désherbage plus difficile et crée davantage de concurrence entre les plants.
Si vous laissez certains stolons s’enraciner naturellement dans la parcelle, contrôlez donc leur position.
Déplacez les jeunes rosettes avant leur enracinement définitif afin de conserver une disposition cohérente.
Peut-on multiplier directement dans la terre ?
Oui.
Le passage par un petit pot n’est pas obligatoire.
Si le sol autour du pied mère est meuble, propre et bien préparé, vous pouvez fixer directement la rosette contre la terre.
Utilisez une petite agrafe afin de maintenir sa base en contact avec le sol.
Gardez la zone légèrement humide pendant la formation des racines.
Une fois le plant correctement enraciné, coupez le stolon qui le relie à la plante mère.
Cette méthode est particulièrement pratique lorsque vous souhaitez simplement élargir une rangée existante.
Le petit pot reste toutefois très intéressant lorsqu’on souhaite déplacer ensuite le jeune fraisier vers une autre partie du jardin sans perturber ses nouvelles racines.
Tous les fraisiers produisent-ils autant de stolons ?
Non.
La quantité de stolons dépend notamment du type de fraisier et de la variété.
La RHS indique que les fraisiers remontants produisent généralement moins de stolons que les variétés à fructification estivale. Il peut donc être plus difficile d’obtenir beaucoup de nouveaux plants à partir de certains cultivars.
Les fraisiers alpins présentent encore d’autres comportements.
Certaines formes peuvent être multipliées par graines et toutes ne produisent pas nécessairement de nombreux stolons.
Avant de conclure qu’un fraisier manque de vigueur parce qu’il produit peu de tiges rampantes, vérifiez donc les caractéristiques de la variété cultivée.
Les jeunes plants demandent une surveillance régulière
Après la séparation, surveillez particulièrement l’humidité.
Le fraisier possède un système racinaire relativement superficiel. Penn State Extension indique que, dans les sols lourds de type limon argileux, une très grande proportion des racines peut se trouver dans les quinze premiers centimètres environ.
Les jeunes plants sont encore plus dépendants de leur petite motte.
Arrosez lorsque cela est nécessaire, sans maintenir le terrain constamment saturé.
Retirez également les adventices qui apparaissent immédiatement autour de la plante afin de limiter la concurrence.
Si le plant produit rapidement de nouveaux stolons alors qu’il est encore très petit, leur suppression peut permettre de concentrer davantage de ressources sur son propre établissement.
Renouveler progressivement une vieille fraiseraie
L’un des meilleurs usages de cette technique consiste à renouveler les plants sans remplacer toute la parcelle simultanément.
La RHS indique que les stolons peuvent servir à remplacer les plants âgés qui ont dépassé leur meilleure période de production.
Chaque année, vous pouvez donc sélectionner quelques pieds mères particulièrement intéressants.
Faites enraciner leurs meilleurs stolons puis installez les nouveaux plants dans une zone préparée.
Cette rotation permet de conserver une fraiseraie dynamique tout en évitant d’acheter continuellement de nouveaux plants.
Il est cependant judicieux de ne pas multiplier indéfiniment un matériel présentant des problèmes sanitaires. Lorsque les pieds deviennent faibles ou malades, repartir avec des plants sains provenant d’une source fiable peut être préférable.
Les erreurs à éviter avec les stolons
La première erreur consiste à couper le stolon avant que la jeune rosette soit suffisamment enracinée.
La deuxième est d’enterrer profondément le cœur du plant.
Évitez également de choisir systématiquement chaque petite rosette disponible. Sélectionnez quelques jeunes plants vigoureux issus de pieds mères sains.
Ne laissez pas non plus le petit pot sécher complètement pendant la phase d’enracinement.
À l’inverse, un substrat continuellement gorgé d’eau n’est pas souhaitable.
Enfin, évitez de laisser tous les stolons coloniser librement une petite parcelle. Une plantation trop dense devient rapidement difficile à entretenir.
Une méthode simple en quatre étapes
Pour multiplier fraisiers stolons, retenez une séquence très simple.
Choisissez d’abord un pied mère sain et un jeune plant vigoureux porté par un stolon. Placez ensuite un petit pot de terreau à proximité et fixez la rosette contre le substrat sans couper sa connexion.
Maintenez le terreau légèrement humide pendant l’apparition des racines.
Lorsque le jeune fraisier résiste doucement à une légère traction et possède un système racinaire bien établi, coupez la connexion avec le pied mère.
Vous disposez désormais d’un nouveau plant autonome.
Pour approfondir cette méthode, consultez le guide de la Royal Horticultural Society consacré à la culture et à la multiplication des fraisiers. Il recommande notamment de placer les stolons dans de petits pots, de les fixer et de maintenir le substrat légèrement humide jusqu’à leur enracinement.
Sur Jardin Rusé, un lien interne vers l’article consacré à la culture des fraisiers en pot serait particulièrement naturel à cet endroit. Les nouveaux plants obtenus par stolons peuvent en effet être installés en pleine terre, dans une jardinière ou dans des contenants adaptés.
Conclusion
Multiplier fraisiers stolons est l’une des techniques de propagation les plus simples accessibles au jardinier. Le fraisier effectue lui-même une grande partie du travail en produisant une longue tige terminée par une jeune plante capable de former ses propres racines.
La meilleure stratégie consiste à profiter de ce comportement naturel plutôt qu’à le précipiter. Sélectionnez une rosette vigoureuse provenant d’un pied sain, fixez-la dans un petit pot de terreau et conservez sa connexion avec la plante mère pendant l’enracinement.
Maintenez simplement le substrat légèrement humide. Une fois les racines suffisamment développées, coupez le stolon et laissez le nouveau plant poursuivre sa croissance de manière indépendante.
Veillez ensuite à installer le fraisier avec son collet au niveau du sol et à lui offrir suffisamment d’espace, de lumière et d’eau pour s’établir correctement.
Cette méthode permet non seulement d’obtenir des plants gratuitement, mais également de renouveler progressivement une fraiseraie vieillissante. Avec quelques pieds mères bien choisis, multiplier fraisiers stolons peut ainsi devenir un geste annuel simple qui maintient une plantation productive et vigoureuse pendant de nombreuses saisons.
2 suggestions de liens internes :
- Cultiver des fraisiers en pot — pour montrer comment installer les nouveaux plants obtenus par stolons dans des contenants.
- Préparer le potager en automne — pertinent pour les jeunes fraisiers enracinés en fin d’été et installés avant la saison froide.
3 sources externes dofollow :
- Royal Horticultural Society — How to Grow Strawberries
https://www.rhs.org.uk/fruit/strawberries/grow-your-own
Guide horticole détaillant la multiplication par stolons, l’utilisation de petits pots, la fixation des plantules et leur séparation après enracinement. - University of Connecticut — Strawberries
https://homegarden.cahnr.uconn.edu/factsheets/strawberries/
Ressource universitaire expliquant le développement des stolons, des nœuds et des plants filles ainsi que leur autonomie après enracinement. - University of Maryland Extension — Growing Strawberries in a Home Garden
https://www.extension.umd.edu/resource/growing-strawberries-home-garden
Guide universitaire consacré à la biologie du fraisier, aux stolons, aux plants filles et aux différents systèmes de gestion d’une fraiseraie.