Sérotine commune : reconnaître et protéger Eptesicus serotinus dans les bâtiments

La Sérotine commune, Eptesicus serotinus, est une chauve-souris européenne que l’on peut observer au crépuscule autour des jardins, des prairies, des lisières et des bâtiments. L’expression sérotine commune chauve-souris bâtiments résume bien une partie de son écologie : cette espèce utilise volontiers le bâti comme gîte, tout en quittant son refuge à la tombée du jour pour rechercher de gros insectes.

Comme toutes les chauves-souris françaises, elle est protégée. La découverte d’une colonie dans une toiture, un grenier ou une autre partie d’un bâtiment doit donc conduire à éviter les interventions improvisées, particulièrement avant des travaux susceptibles de modifier ou de fermer le gîte.

Table des matières

  1. Qu’est-ce que la Sérotine commune ?
  2. Comment reconnaître Eptesicus serotinus ?
  3. À quoi ressemble son vol ?
  4. Pourquoi sort-elle au crépuscule ?
  5. Que mange la Sérotine commune ?
  6. Mange-t-elle des hannetons ?
  7. Comment chasse-t-elle ?
  8. Où trouve-t-elle ses gîtes ?
  9. Sérotine commune chauve-souris bâtiments : pourquoi utilise-t-elle nos maisons ?
  10. Peut-elle également utiliser les arbres ?
  11. Les colonies abîment-elles les bâtiments ?
  12. Comment se déroule la reproduction ?
  13. Que devient-elle en hiver ?
  14. Où hiberne la Sérotine commune ?
  15. Pourquoi ne faut-il pas déranger une chauve-souris en hibernation ?
  16. La Sérotine commune est-elle protégée ?
  17. Que faire lorsqu’une colonie occupe un bâtiment ?
  18. Pourquoi consulter un spécialiste avant des travaux ?
  19. Quels travaux peuvent poser problème ?
  20. Comment mieux cohabiter avec une colonie ?
  21. Comment favoriser les chauves-souris au jardin ?
  22. À retenir

Qu’est-ce que la Sérotine commune ?

La Sérotine commune appartient à l’ordre des Chiroptères et à la famille des Vespertilionidés.

Son nom scientifique est Eptesicus serotinus. Il s’agit d’une chauve-souris relativement robuste dont l’écologie est fortement liée aux paysages comprenant des espaces ouverts, des lisières, des jardins et des bâtiments.

Comme les autres chauves-souris européennes, elle est insectivore.

Elle quitte son gîte pour rechercher ses proies pendant les périodes d’activité nocturne, puis retourne dans un refuge pour se reposer.

L’utilisation des bâtiments explique pourquoi cette espèce peut vivre à proximité immédiate des humains sans être régulièrement observée.

Comment reconnaître Eptesicus serotinus ?

La Sérotine commune possède une silhouette assez robuste pour une chauve-souris européenne.

Son pelage dorsal est généralement brun, tandis que la face et les membranes alaires apparaissent nettement plus sombres.

Les oreilles sont relativement courtes et la tête paraît assez massive.

Ces caractères peuvent orienter une identification, mais reconnaître une chauve-souris en vol uniquement à son apparence reste difficile.

Plusieurs espèces peuvent sembler similaires lorsqu’elles passent rapidement dans la pénombre.

Les spécialistes utilisent donc également les caractéristiques morphologiques précises, le contexte du gîte et l’analyse des ultrasons pour confirmer les identifications.

Évitez de manipuler un individu dans le seul but de déterminer son espèce.

À quoi ressemble son vol ?

La Sérotine commune peut donner l’impression d’un vol relativement lent, puissant et régulier.

Elle peut évoluer dans des espaces assez ouverts, le long des lisières ou autour de la végétation.

Sa silhouette en vol paraît souvent plus robuste que celle de petites pipistrelles.

L’observation visuelle reste toutefois insuffisante pour attribuer avec certitude chaque chauve-souris crépusculaire à cette espèce.

Le comportement varie également selon que l’animal se déplace entre son gîte et son terrain de chasse ou qu’il poursuit activement des insectes.

L’utilisation d’un détecteur d’ultrasons par une personne expérimentée apporte des informations supplémentaires.

Pourquoi sort-elle au crépuscule ?

Comme de nombreuses chauves-souris, la Sérotine commune commence son activité lorsque la lumière diminue.

Le crépuscule correspond au moment où de nombreux insectes nocturnes deviennent actifs.

La chauve-souris quitte alors son gîte et rejoint ses zones de chasse.

Elle utilise l’écholocalisation pour analyser son environnement et localiser ses proies.

Cela ne signifie pas que la Sérotine est aveugle.

Les chauves-souris possèdent une vision fonctionnelle, complétée par un système d’écholocalisation particulièrement performant pendant leurs déplacements et leur chasse.

Que mange la Sérotine commune ?

La Sérotine commune capture des insectes.

Son régime peut comprendre des proies relativement grosses par rapport à celles recherchées par certaines petites chauves-souris.

Des coléoptères, papillons nocturnes et autres insectes disponibles dans ses terrains de chasse peuvent entrer dans son alimentation.

Le régime varie avec la saison, les habitats et l’abondance des différentes proies.

Il vaut donc mieux éviter de présenter la Sérotine comme spécialisée dans une seule catégorie d’insectes.

Elle exploite les ressources disponibles pendant ses sorties nocturnes.

Mange-t-elle des hannetons ?

Oui, les gros coléoptères tels que les hannetons peuvent faire partie de son régime.

La SFEPM cite d’ailleurs les hannetons parmi les insectes consommés par les chauves-souris.

La présence de prairies, de lisières, de haies et de jardins riches en insectes peut ainsi contribuer à la qualité de ses terrains de chasse.

Cette prédation ne doit cependant pas conduire à considérer la chauve-souris uniquement comme un moyen naturel de supprimer les insectes jugés gênants.

Elle appartient à un réseau écologique beaucoup plus vaste.

Préserver les chauves-souris implique donc aussi de préserver une diversité suffisante d’insectes.

Comment chasse-t-elle ?

La Sérotine commune utilise l’écholocalisation pour détecter et poursuivre ses proies.

Elle émet des ultrasons puis analyse les échos renvoyés par son environnement.

Ce système lui fournit des informations sur la position des objets et des insectes.

La chasse peut se dérouler au-dessus de zones ouvertes, le long de lisières ou autour d’éléments paysagers qui concentrent les insectes.

Les haies, prairies et bordures boisées peuvent donc avoir une fonction dépassant largement leur simple intérêt paysager.

Elles contribuent à structurer les déplacements et les zones de chasse de nombreuses chauves-souris.

Où trouve-t-elle ses gîtes ?

La Sérotine commune est connue pour son utilisation régulière des bâtiments.

Elle peut trouver refuge dans différentes parties d’une construction offrant un espace calme, sombre et accessible.

Des combles, espaces sous toiture ou autres cavités du bâti peuvent être utilisés selon les circonstances.

Les gîtes ne remplissent pas tous la même fonction pendant l’année.

Un endroit favorable à une colonie de reproduction n’offre pas nécessairement les conditions recherchées pour l’hibernation.

Cette alternance explique pourquoi la conservation des chauves-souris doit être pensée à l’échelle d’un réseau de gîtes.

 sérotine commune chauve-souris bâtiments Eptesicus serotinus quittant un gîte sous toiture au crépuscule près d’une haie

Sérotine commune chauve-souris bâtiments : pourquoi utilise-t-elle nos maisons ?

Le lien sérotine commune chauve-souris bâtiments est particulièrement important pour comprendre les enjeux de conservation de l’espèce.

Les constructions offrent des cavités et des espaces protégés pouvant remplacer certaines possibilités naturelles de gîte.

Une ouverture sous une toiture ou un espace inaccessible aux occupants peut suffire à donner accès à un refuge.

La présence d’une colonie ne signifie pas que le bâtiment est insalubre.

Les chauves-souris recherchent avant tout des conditions adaptées à leur repos ou à leur reproduction.

Elles peuvent revenir vers un gîte favorable lorsqu’il reste accessible et tranquille.

Peut-elle également utiliser les arbres ?

Les chauves-souris ne sont pas toutes exclusivement liées aux bâtiments.

Selon les espèces et les périodes de l’année, des arbres présentant des cavités, fissures ou autres refuges peuvent également jouer un rôle.

La Sérotine commune reste particulièrement connue pour son association avec le bâti, mais les habitats arborés conservent une grande importance dans le paysage.

Ils peuvent fournir des refuges à différents chiroptères et constituent également des zones de chasse.

Conserver des arbres âgés ou à cavités lorsqu’ils ne représentent pas un danger participe donc à la diversité des possibilités d’accueil pour les chauves-souris.

Les colonies abîment-elles les bâtiments ?

Les chauves-souris ne sont pas des rongeurs.

Elles ne rongent pas les câbles, les charpentes ou les matériaux isolants pour aménager leur gîte.

Elles ne construisent pas non plus de nid en transportant des matériaux.

Les principales traces observables sont généralement le guano et parfois l’urine.

Dans certaines configurations, ces dépôts peuvent nécessiter des mesures de protection ou de nettoyage adaptées.

La présence d’une colonie n’implique donc pas automatiquement de condamner son accès.

Un spécialiste peut souvent proposer des solutions permettant de protéger à la fois le bâtiment et les animaux.

Comment se déroule la reproduction ?

Pendant la période favorable, les femelles de plusieurs espèces de chauves-souris se regroupent dans des gîtes de mise bas.

Ces colonies recherchent des conditions adaptées à la naissance et au développement des jeunes.

La tranquillité du gîte devient alors essentielle.

Une intervention importante dans une toiture occupée pendant cette période peut provoquer un dérangement ou compromettre le fonctionnement de la colonie.

C’est pourquoi le calendrier des travaux doit être étudié avant toute rénovation concernant un bâtiment occupé.

La bonne période ne peut pas être déterminée uniquement à partir du calendrier : elle dépend aussi de l’utilisation réelle du gîte.

Que devient-elle en hiver ?

Lorsque les insectes deviennent beaucoup moins disponibles et que les températures baissent, la Sérotine commune réduit fortement son activité.

Elle entre dans une phase d’hibernation ou de torpeur hivernale prolongée.

Son métabolisme ralentit afin d’économiser les réserves accumulées pendant la période d’activité.

Cette stratégie lui permet de traverser une saison pendant laquelle continuer à chasser normalement serait énergétiquement difficile.

L’hibernation ne doit cependant pas être imaginée comme un sommeil absolument continu.

Des réveils ponctuels peuvent survenir, mais ils ont un coût énergétique.

Où hiberne la Sérotine commune ?

Les chauves-souris peuvent utiliser des gîtes différents entre l’été et l’hiver.

La SFEPM rappelle que les exigences d’un gîte d’hibernation diffèrent de celles d’un site de reproduction.

En hiver, des espaces frais et protégés peuvent être recherchés.

La Sérotine commune peut utiliser des bâtiments et diverses cavités adaptées.

Les individus en hibernation sont parfois extrêmement discrets et peuvent passer inaperçus.

Cette discrétion explique pourquoi des travaux réalisés sans diagnostic préalable peuvent affecter un gîte dont les occupants n’avaient jamais été remarqués.

Pourquoi ne faut-il pas déranger une chauve-souris en hibernation ?

Pendant l’hibernation, l’animal fonctionne avec des réserves limitées.

Un réveil provoqué par un dérangement entraîne une augmentation de l’activité et donc une dépense énergétique.

Des perturbations répétées sont particulièrement indésirables.

Évitez donc de toucher une chauve-souris suspendue ou cachée dans une cave simplement pour vérifier si elle est vivante.

Limitez également les éclairages prolongés et les passages inutiles autour d’un site connu d’hibernation.

Lorsqu’un travail devient indispensable, demandez conseil à un spécialiste avant d’intervenir.

La Sérotine commune est-elle protégée ?

Oui.

En France, les chauves-souris bénéficient d’une protection réglementaire.

La SFEPM rappelle qu’il est interdit de les tuer ou de les perturber intentionnellement.

Cette protection doit être prise en compte lors des travaux de rénovation, d’isolation, de réfection des toitures ou de modification des accès à un gîte.

Un propriétaire découvrant des chauves-souris ne doit donc pas tenter de boucher immédiatement l’ouverture utilisée.

Cette action pourrait enfermer des individus à l’intérieur ou détruire un accès nécessaire à la colonie.

Que faire lorsqu’une colonie occupe un bâtiment ?

La première règle consiste à ne pas paniquer.

Une colonie peut occuper discrètement un bâtiment pendant longtemps sans provoquer de problème important.

Ne bouchez pas l’accès et n’essayez pas de faire partir les animaux avec de la fumée, des produits chimiques, de la lumière ou d’autres méthodes improvisées.

Évitez également de pénétrer régulièrement dans la partie du gîte utilisée par les chauves-souris.

Si la présence entraîne une difficulté concrète ou si des travaux sont prévus, contactez le réseau SOS Chauves-souris de la SFEPM ou une association naturaliste compétente.

Un spécialiste pourra identifier les enjeux et proposer une solution adaptée à la situation.

Pourquoi consulter un spécialiste avant des travaux ?

Une rénovation peut modifier un gîte sans que le propriétaire en ait conscience.

L’isolation d’une toiture, le remplacement de tuiles, la fermeture d’une fissure ou la rénovation d’une façade peuvent supprimer des accès utilisés par les chauves-souris.

La période des travaux est également déterminante.

La SFEPM recommande de réaliser les interventions en tenant compte des périodes d’occupation du gîte et d’utiliser des solutions compatibles avec la conservation des animaux.

Un avis préalable permet donc souvent d’éviter un problème qui deviendrait beaucoup plus compliqué une fois le chantier commencé.

Quels travaux peuvent poser problème ?

Les travaux de toiture sont particulièrement évidents, mais ils ne sont pas les seuls concernés.

L’isolation extérieure, la fermeture de joints, le traitement d’une charpente ou la modification d’une façade peuvent également affecter un gîte.

Certains produits de traitement du bois peuvent être inadaptés dans un espace utilisé par les chauves-souris.

L’éclairage extérieur permanent peut lui aussi modifier les conditions autour d’un accès.

Il est donc utile de signaler la présence connue ou supposée de chauves-souris dès la préparation du chantier.

La solution peut parfois être aussi simple qu’une adaptation du calendrier ou le maintien d’un accès approprié.

Comment mieux cohabiter avec une colonie ?

Commencez par identifier la gêne réelle plutôt que de chercher immédiatement à supprimer le gîte.

Lorsque du guano tombe sur le plancher d’un grenier, une protection amovible peut parfois simplifier le nettoyage.

À l’extérieur, les déjections peuvent généralement être nettoyées sans intervention sur la colonie elle-même.

Conservez l’accès utilisé par les animaux tant qu’aucune solution validée n’a été mise en place.

Si une modification est nécessaire, faites-la avec l’aide d’un spécialiste.

La SFEPM dispose précisément d’un réseau destiné à conseiller les particuliers confrontés à ce type de situation.

Comment favoriser les chauves-souris au jardin ?

La présence d’un gîte n’est utile que si le paysage environnant permet également aux animaux de se nourrir et de se déplacer.

Conserver des haies, des arbres, des prairies et des zones de végétation diversifiée favorise de nombreux insectes.

Réduisez l’utilisation d’insecticides non sélectifs.

Ils diminuent les ressources alimentaires et peuvent affecter plus largement le fonctionnement écologique du jardin.

Limitez également l’éclairage nocturne inutile, notamment autour des haies et des sorties de gîtes.

Un jardin complètement éclairé pendant toute la nuit n’offre pas les mêmes conditions qu’un espace conservant de véritables zones d’obscurité.

Pour d’autres conseils sur l’accueil de la faune et la gestion écologique du jardin, consultez également Jardin Rusé.

Sérotine commune chauve-souris bâtiments : ce qu’il faut retenir

Le lien sérotine commune chauve-souris bâtiments est essentiel pour comprendre Eptesicus serotinus.

Cette chauve-souris robuste sort au crépuscule et chasse différents insectes, notamment des coléoptères relativement gros comme les hannetons.

Son vol peut paraître assez lent et puissant lorsqu’on l’observe dans un espace ouvert.

L’identification précise d’une chauve-souris en vol reste néanmoins difficile sans expérience et sans analyse acoustique.

La Sérotine commune utilise volontiers les constructions humaines comme gîtes.

Les espaces sous toiture et différentes cavités du bâti peuvent lui fournir des refuges adaptés à certaines étapes de son cycle.

En hiver, son activité diminue fortement et elle passe par une période d’hibernation.

Le dérangement des individus pendant cette phase doit être évité.

La protection concerne également les colonies de reproduction installées dans les bâtiments.

Toutes les chauves-souris étant protégées en France, une colonie ne doit pas être expulsée ou enfermée par la fermeture improvisée de son accès.

Avant une rénovation, une isolation ou une intervention sur une toiture occupée, contactez la SFEPM, son réseau SOS Chauves-souris ou une association naturaliste spécialisée.

Un conseil obtenu avant le chantier permet souvent de trouver un compromis entre conservation du gîte et besoins du propriétaire.

Enfin, préserver la Sérotine commune ne se limite pas au bâtiment.

Haies, arbres, prairies, insectes et obscurité nocturne constituent également des éléments essentiels de son environnement.

Conserver ces composantes et réduire les traitements chimiques non sélectifs permet de maintenir un paysage où cette chauve-souris peut continuer à trouver à la fois des refuges et des terrains de chasse.

2 liens internes

1. Accueillir les chauves-souris au jardin sans les déranger
Emplacement conseillé : section « Comment favoriser les chauves-souris au jardin ? »
Ancre suggérée : aménager un jardin favorable aux chauves-souris

2. Jardin Rusé — faune et biodiversité du jardin
Emplacement conseillé : fin de la section consacrée aux aménagements du jardin.
Ancre suggérée : favoriser la faune sauvage autour de la maison

3 sources externes dofollow

1. SFEPM — SOS Chauves-souris
Référence pratique pour savoir comment réagir face à une chauve-souris ou une colonie dans un bâtiment et trouver un spécialiste régional.

2. SFEPM — Opération Refuge pour les chauves-souris
Ressource consacrée à la conservation des gîtes dans le bâti, aux périodes de travaux et aux aménagements compatibles avec les chauves-souris.

3. Muséum national d’Histoire naturelle — INPN
Référence française pour la taxonomie, la répartition et les données naturalistes concernant Eptesicus serotinus.