Thé vert, noir ou oolong : une seule et même plante derrière tout ça

Un thé vert japonais, un thé noir d’Assam et un oolong taïwanais peuvent sembler provenir de plantes totalement différentes. Couleur, parfum, goût et texture en bouche varient parfois tellement qu’il est difficile d’imaginer une origine commune.

Pourtant, tous ces thés viennent principalement de la même espèce botanique : Camellia sinensis, un arbuste persistant de la famille des Théacées. Kew reconnaît aujourd’hui l’espèce comme originaire d’une vaste zone allant de l’est de l’Himalaya au sud de la Chine et au nord de l’Indochine. Deux grandes variétés botaniques ont joué un rôle majeur dans la culture : Camellia sinensis var. sinensis, associée historiquement aux thés chinois, et C. sinensis var. assamica, aux feuilles généralement plus grandes et particulièrement importante dans les régions chaudes comme l’Assam.

Ce qui transforme ensuite une même feuille fraîche en thé vert, oolong ou thé noir est avant tout le procédé de fabrication, notamment la manière dont on contrôle l’oxydation enzymatique des composés phénoliques après la récolte. Une revue scientifique publiée en 2021 confirme que les grands types de thé issus de Camellia sinensis sont largement distingués par le degré d’oxydation de leurs constituants pendant la transformation.

Comprendre les variétés de thé du théier revient donc à distinguer trois choses souvent confondues : la variété botanique de la plante, le cultivar agricole choisi par le producteur et le procédé appliqué aux feuilles après la cueillette.

Sommaire

  1. Qu’est-ce exactement que le théier ?
  2. D’où vient Camellia sinensis ?
  3. Quelles sont ses principales variétés botaniques ?
  4. Thé vert, noir et oolong viennent-ils vraiment du même arbuste ?
  5. Qu’est-ce que l’oxydation du thé ?
  6. Pourquoi parle-t-on parfois de « fermentation » ?
  7. Comment fabrique-t-on un thé vert ?
  8. Comment fabrique-t-on un oolong ?
  9. Comment fabrique-t-on un thé noir ?
  10. Et le thé blanc ?
  11. Pourquoi deux thés noirs peuvent-ils être très différents ?
  12. Guide pratique : cultiver un théier sous climat tempéré
  13. Sol, exposition, arrosage et taille
  14. Peut-on récolter son propre thé ?
  15. FAQ
  16. Conclusion

Qu’est-ce exactement que le théier ?

Le théier porte le nom scientifique Camellia sinensis (L.) Kuntze.

Il appartient à la famille des Theaceae, qui comprend également les camélias ornementaux.

À l’état non taillé, il peut devenir un grand arbuste ou même un petit arbre. Kew indique que certaines formes peuvent atteindre plusieurs mètres et que C. sinensis var. assamica peut devenir un arbre assez élevé dans son état naturel. En plantation, la situation est très différente : les théiers sont régulièrement taillés et maintenus beaucoup plus bas afin de faciliter la récolte des jeunes pousses.

Le feuillage est persistant.

Les feuilles sont généralement :

  • vert foncé ;
  • brillantes ;
  • finement dentées ;
  • plus tendres lorsqu’elles sont jeunes.

Les fleurs sont blanches, relativement discrètes, avec de nombreuses étamines jaunes. Elles apparaissent souvent en automne ou au début de l’hiver. Les fruits contiennent une à plusieurs graines.

D’où vient le théier ?

L’histoire géographique du thé est complexe parce que la plante a été cultivée et déplacée par l’homme pendant des siècles.

Kew donne actuellement pour l’espèce Camellia sinensis une aire native allant de l’est de l’Himalaya au sud de la Chine et au nord de l’Indochine, avec Hainan inclus dans l’aire naturelle retenue.

Mais lorsqu’on regarde les principales variétés botaniques séparément, le tableau se précise.

Camellia sinensis var. sinensis

Kew considère cette variété comme native du sud de la Chine. Elle possède généralement des feuilles plus petites et une meilleure tolérance au froid que les formes de type Assam.

Camellia sinensis var. assamica

Elle est historiquement associée aux régions plus chaudes du nord-est de l’Inde et de l’Asie du Sud-Est.

Kew rappelle cependant que les limites exactes entre populations véritablement sauvages et populations très anciennement cultivées peuvent être difficiles à établir. Certaines plantes trouvées en forêt pourraient descendre de cultures anciennes.

Cette prudence est importante : parler d’une « origine exacte » unique du théier serait excessif compte tenu de sa longue histoire de domestication.

Deux variétés botaniques ne signifient pas seulement deux sortes de thé

On lit parfois :

var. sinensis = thé vert

var. assamica = thé noir.

C’est trop simple.

Kew indique effectivement que C. sinensis var. sinensis est historiquement très utilisée pour les thés verts et les thés noirs chinois, tandis que var. assamica est particulièrement importante pour les thés noirs d’Assam.

Mais une variété botanique ne détermine pas à elle seule le type final de thé.

On peut transformer des feuilles adaptées selon différents procédés.

Ce qui crée surtout les catégories « vert », « oolong » ou « noir » est la transformation après récolte.

À cela s’ajoutent les cultivars.

Comme pour la vigne ou le pommier, les producteurs cultivent de nombreuses lignées sélectionnées pour :

  • leur arôme ;
  • leur rendement ;
  • leur résistance ;
  • leur adaptation au climat ;
  • leur composition chimique ;
  • leur aptitude à un type particulier de transformation.

Kew souligne d’ailleurs que différents cultivars présentent des profils chimiques distincts et que le moment de récolte modifie lui aussi ces profils.

Thé vert, thé noir et oolong viennent-ils réellement de la même plante ?

Oui.

Une revue scientifique publiée dans Food Chemistry: X rappelle que thé blanc, vert, jaune, oolong, noir et pu-erh peuvent tous être obtenus à partir de Camellia sinensis. Leur différence dépend principalement des procédés appliqués aux feuilles et notamment du degré d’oxydation de certains composés phénoliques.

C’est l’une des idées les plus importantes à retenir.

Le thé vert n’est pas une plante verte différente du thé noir.

Le thé noir n’est pas récolté sur une espèce à feuilles sombres.

L’oolong n’est pas une troisième espèce intermédiaire.

Ils peuvent partir de feuilles appartenant à la même espèce, puis suivre des traitements différents.

Qu’est-ce que l’oxydation du thé ?

Une feuille fraîche contient de nombreux composés, notamment des polyphénols tels que les catéchines.

Tant que les cellules restent intactes, différentes molécules et enzymes sont séparées dans les tissus.

Lorsque les feuilles sont flétries, roulées, froissées ou coupées, les membranes cellulaires sont endommagées.

Les enzymes peuvent alors entrer en contact avec les composés phénoliques en présence d’oxygène.

Des réactions d’oxydation enzymatique commencent.

La revue de 2021 souligne précisément que le degré d’oxydation des composés phénoliques est l’un des principaux éléments distinguant les grandes familles de thé.

Pendant la fabrication du thé noir, une partie des catéchines est transformée notamment en composés tels que les théaflavines et théarubigines, qui participent à la couleur, à l’astringence et au profil aromatique de l’infusion.

Pourquoi parle-t-on souvent de « fermentation » ?

Le vocabulaire historique du thé utilise fréquemment le mot « fermentation ».

Kew emploie encore cette terminologie traditionnelle lorsqu’il décrit le thé noir comme « fermented ».

Mais dans le thé noir classique, la transformation majeure est essentiellement une oxydation enzymatique, pas une fermentation microbienne comparable à celle du yaourt, du vin ou de la choucroute.

Pour être précis, on peut donc écrire :

thé noir : fortement oxydé

plutôt que simplement :

thé noir : fermenté.

Certaines catégories de thés post-fermentés font réellement intervenir davantage de micro-organismes au cours de leur maturation, mais il s’agit d’un autre processus.

Comment fabrique-t-on un thé vert ?

Le principe essentiel du thé vert consiste à empêcher rapidement une forte oxydation enzymatique.

Après la récolte, les feuilles sont chauffées suffisamment tôt pour inactiver les enzymes responsables d’une grande partie de cette oxydation.

Selon les traditions, on utilise notamment :

  • chauffage à la vapeur ;
  • chauffage en cuve ou au wok ;
  • autres traitements thermiques.

La feuille est ensuite roulée ou façonnée puis séchée.

La revue scientifique sur les procédés du thé classe ainsi le thé vert parmi les produits ayant subi très peu d’oxydation comparativement au thé noir.

Cette limitation de l’oxydation contribue à préserver davantage de catéchines sous leur forme initiale et produit des profils végétaux, herbacés, marins ou grillés selon le cultivar et la méthode.

Pourquoi un thé vert peut-il être très différent d’un autre ?

Parce que « thé vert » décrit une grande catégorie de transformation, pas une recette unique.

Le résultat dépend notamment :

  • du cultivar ;
  • du terroir ;
  • de l’altitude ;
  • de la saison ;
  • de la maturité des feuilles ;
  • de la méthode de chauffage ;
  • du roulage ;
  • du séchage.

Un thé vert japonais traité à la vapeur et un thé vert chinois chauffé en cuve peuvent donc présenter des profils très différents tout en appartenant à la même catégorie générale.

Comment fabrique-t-on un oolong ?

L’oolong occupe une position intermédiaire, mais il ne faut pas le résumer à « moitié vert, moitié noir ».

Le producteur contrôle une oxydation partielle.

Les feuilles sont généralement flétries puis manipulées de manière à provoquer des dommages contrôlés, souvent davantage sur certaines zones du limbe que sur d’autres.

L’oxydation est ensuite interrompue par chauffage avant d’atteindre le niveau typique d’un thé noir.

La revue scientifique de 2021 situe effectivement les oolongs entre les thés peu oxydés et les thés noirs fortement oxydés.

Mais l’éventail est immense.

Certains oolongs restent très proches des thés verts par leur fraîcheur.

D’autres sont beaucoup plus fortement oxydés et se rapprochent des profils d’un thé noir.

La catégorie ne correspond donc pas à un pourcentage universel fixe.

Le roulage influence également le résultat

Une fois l’oxydation contrôlée, les feuilles peuvent être façonnées de différentes manières.

Certains oolongs sont roulés en petites boules compactes.

D’autres restent en longues feuilles torsadées.

Ces formes modifient leur comportement au séchage et surtout leur ouverture lors de l’infusion.

Comment fabrique-t-on un thé noir ?

Le thé noir subit une oxydation beaucoup plus poussée.

Le procédé classique comprend plusieurs grandes étapes :

cueillette → flétrissage → roulage ou macération → oxydation → séchage.

Une synthèse consacrée à la fabrication industrielle rappelle ces étapes générales et confirme que thé noir, vert, blanc et oolong proviennent tous de la même plante mais de procédés différents.

Pendant le flétrissage, les feuilles perdent une partie de leur eau et deviennent plus souples.

Le roulage ou la macération rompt ensuite davantage de cellules.

L’oxydation enzymatique s’intensifie.

La feuille passe progressivement du vert vers des tons cuivrés ou bruns.

Lorsque le producteur estime le niveau recherché atteint, le séchage stoppe l’essentiel de l’activité enzymatique et stabilise le produit.

Thé noir « orthodoxe » et CTC

Deux techniques importantes existent dans la fabrication moderne.

Méthode orthodoxe

Les feuilles sont roulées de manière à préserver davantage leur structure.

CTC

« Crush, Tear, Curl » : écraser, déchirer, rouler.

Le procédé produit des particules plus petites et régulières, adaptées notamment à des infusions rapides et robustes.

La différence ne correspond pas à une autre espèce de théier : c’est encore une variation technologique de transformation.

Et le thé blanc ?

Le thé blanc provient également de Camellia sinensis.

Il est souvent produit à partir de jeunes bourgeons et feuilles, avec un traitement relativement minimal comprenant essentiellement flétrissage et séchage.

Cela ne signifie pas qu’il ne subit absolument aucune transformation chimique.

Une oxydation limitée peut avoir lieu naturellement pendant le flétrissage.

La grande famille des thés forme donc davantage un continuum de procédés qu’une série de catégories parfaitement hermétiques.

Pourquoi deux thés noirs peuvent-ils avoir des goûts complètement différents ?

Parce que le procédé n’est qu’une partie de l’équation.

Imaginez deux producteurs utilisant exactement la même catégorie « thé noir ».

Ils peuvent travailler :

  • des cultivars différents ;
  • des altitudes différentes ;
  • des sols différents ;
  • des climats différents ;
  • des dates de récolte différentes ;
  • des feuilles plus ou moins jeunes ;
  • des durées de flétrissage différentes ;
  • des intensités de roulage différentes ;
  • des températures de séchage différentes.

Kew a étudié la composition chimique de plusieurs cultivars et confirme que les profils chimiques peuvent être suffisamment différents pour distinguer les cultivars, tandis que la saison de récolte modifie elle aussi ces profils.

C’est pourquoi « noir », « vert » ou « oolong » ne suffit jamais à prévoir exactement le goût.

Guide pratique : cultiver un théier sous climat tempéré

La bonne nouvelle est que le théier n’est pas obligatoirement une plante de serre tropicale.

C. sinensis var. sinensis possède une rusticité intéressante.

Kew indique que des théiers plantés en extérieur dans ses jardins à Londres depuis 1992 ont survécu à la neige et à des températures hivernales atteignant environ –8 °C.

La RHS classe également Camellia sinensis dans la catégorie de rusticité H4, correspondant à une résistance approximative de –10 à –5 °C dans les conditions britanniques.

Il faut néanmoins garder une nuance importante : rusticité de la plante adulte et réussite d’une jeune pousse fraîchement débourrée ne sont pas la même chose.

Un jeune théier en pot reste plus vulnérable.

Quel théier choisir ?

Pour un jardin tempéré, recherchez principalement une forme de Camellia sinensis var. sinensis.

Kew indique que cette variété possède de petites feuilles et est plus rustique que les formes de type Assam.

Var. assamica est mieux adaptée aux climats subtropicaux chauds et humides.

Dans une grande partie de la France, var. sinensis constitue donc généralement le choix le plus logique pour une culture extérieure expérimentale.

Quel sol ?

Le théier est une plante acidophile, comme beaucoup de camélias.

La RHS recommande un sol :

  • acide à neutre ;
  • fertile ;
  • restant frais ;
  • mais correctement drainé.

Kew indique également que les sujets cultivés dans son jardin poussent dans un sol à pH bas.

Un terrain fortement calcaire risque donc de provoquer des problèmes de chlorose et de mauvaise croissance.

Dans ce cas, la culture en grand pot avec un substrat adapté aux plantes de terre de bruyère peut être plus simple que de tenter de transformer profondément le sol du jardin.

Quelle exposition ?

Contrairement à l’image d’une plantation entièrement brûlée par le soleil tropical, le théier apprécie souvent une lumière filtrée ou une mi-ombre lumineuse.

La RHS recommande une situation partiellement ombragée et protégée du vent.

Kew rappelle que son habitat naturel comprend des forêts sempervirentes et que la plante peut pousser sous le couvert d’arbres plus hauts.

Dans un climat tempéré français, une exposition protégée des vents froids est particulièrement intéressante.

Une façade ouest ou sud-ouest peut également réduire le risque que le soleil matinal frappe brutalement un feuillage gelé.

Quel arrosage ?

Le théier n’aime pas dessécher complètement.

La RHS recommande un sol restant humide mais bien drainé.

Kew arrose ses sujets pendant les longues périodes sèches.

Pour un plant de jardin :

  • surveillez particulièrement les deux premières années ;
  • arrosez profondément lors des périodes sèches ;
  • évitez la stagnation permanente de l’eau ;
  • paillez pour maintenir l’humidité du sol.

En pot, la vigilance doit être encore plus grande car le substrat sèche rapidement en été.

Peut-on utiliser l’eau du robinet ?

Cela dépend de sa teneur en calcaire.

Dans les régions où l’eau est très calcaire, des arrosages répétés peuvent progressivement augmenter le pH du substrat en pot.

L’eau de pluie est particulièrement adaptée aux plantes acidophiles lorsqu’elle peut être récupérée proprement.

Il n’est toutefois pas nécessaire de compliquer la culture si l’eau locale est peu minéralisée.

Faut-il tailler le théier ?

Oui, mais pas obligatoirement comme dans une plantation commerciale.

Dans les cultures de thé, les arbustes sont maintenus bas pour former une surface de récolte facilement accessible.

Kew indique qu’en culture ils sont souvent taillés à moins de 2 m, tandis que la RHS rappelle que les plantations commerciales peuvent maintenir les arbustes autour de 1,2 m pour faciliter la cueillette.

Dans un jardin, on peut garder une forme beaucoup plus naturelle.

Une taille légère permet néanmoins :

  • de favoriser la ramification ;
  • de maintenir l’arbuste compact ;
  • de créer davantage de jeunes pousses récoltables.

La RHS recommande surtout de supprimer le bois mort, endommagé ou malade après la floraison.

Quand récolter les feuilles ?

Les meilleurs thés utilisent souvent les pousses les plus jeunes.

La cueillette traditionnelle dite « deux feuilles et un bourgeon » correspond à l’extrémité tendre d’une nouvelle pousse.

La RHS utilise justement cette méthode pour son guide de fabrication domestique de thé vert.

Sur un jeune théier, ne cherchez pas à récolter beaucoup.

Il vaut mieux permettre à la plante de construire suffisamment de branches et de feuillage avant de commencer des cueillettes répétées.

La RHS conseille d’ailleurs de limiter fortement la récolte pendant la première année.

Peut-on fabriquer son propre thé vert ?

Oui, à petite échelle.

Le principe est relativement simple :

  1. récolter de jeunes feuilles ;
  2. les chauffer rapidement pour limiter l’oxydation enzymatique ;
  3. les rouler ;
  4. les sécher complètement.

La RHS propose par exemple un traitement bref à la vapeur dans sa démonstration domestique, suivi d’un refroidissement, du roulage puis du séchage.

L’objectif horticole n’est évidemment pas de reproduire exactement la précision d’un grand producteur professionnel.

Une petite récolte domestique permet surtout de comprendre concrètement la relation entre la feuille et la tasse.

Peut-on fabriquer du thé noir avec le même arbuste ?

Oui.

Il faut au contraire favoriser l’oxydation avant le séchage.

Les feuilles sont flétries puis roulées ou froissées afin d’endommager leurs cellules. On les laisse ensuite s’oxyder dans des conditions contrôlées avant de les sécher.

C’est une excellente démonstration pédagogique :

même arbuste + mêmes jeunes feuilles + transformation différente = thé totalement différent.

Culture en pot : une excellente solution

Pour les régions froides ou calcaires, le pot possède plusieurs avantages.

Il permet de contrôler :

  • le substrat ;
  • le drainage ;
  • l’exposition ;
  • l’hivernage.

Choisissez un contenant progressivement adapté au développement racinaire.

Évitez de placer immédiatement un petit plant dans un énorme volume de terre constamment humide.

Utilisez un substrat pour plantes acidophiles, riche mais drainant.

En hiver, le contenant peut être rapproché d’un mur protégé ou placé dans une serre froide dans les régions les plus rigoureuses.

La RHS rappelle que le théier peut aussi être cultivé en conteneur comme les autres camélias.

Les fleurs sont-elles utiles pour faire du thé ?

Le thé traditionnel est principalement fabriqué avec les feuilles et jeunes bourgeons.

Les fleurs ne constituent donc pas la matière première habituelle du thé vert, noir ou oolong.

Elles sont pourtant intéressantes au jardin.

Le théier peut produire en automne ou en hiver de petites fleurs blanches parfumées portant des étamines jaunes très visibles.

Pour le jardinier, Camellia sinensis est donc à la fois :

une plante utile,

un arbuste persistant,

et un camélia à floraison discrète.

Idées reçues

« Le thé vert et le thé noir viennent de deux plantes différentes »

Faux.

Ils peuvent tous deux provenir de Camellia sinensis. Le procédé de transformation explique une grande partie de leur différence.

« L’oolong est une espèce intermédiaire »

Non.

C’est une catégorie de thé produite par un niveau d’oxydation contrôlé entre les extrêmes typiques du thé vert et du thé noir.

« Le thé noir est forcément fermenté par des microbes »

Pas dans le sens principal du procédé classique. Le terme traditionnel « fermentation » est souvent utilisé, mais la transformation majeure repose sur une oxydation enzymatique des composés phénoliques.

« Le thé vert n’est pas oxydé du tout »

Il vaut mieux dire qu’il est très peu oxydé, car la transformation des feuilles commence dès leur récolte. Le chauffage intervient rapidement pour inactiver les enzymes et limiter fortement le processus.

« Le théier ne pousse que sous climat tropical »

Faux.

C. sinensis var. sinensis est assez rustique pour être cultivé dans plusieurs régions tempérées lorsque sol, exposition et protection sont adaptés. Kew possède des sujets ayant résisté à environ –8 °C.

« Tout théier donne forcément un excellent thé »

Non.

Cultivar, climat, sol, saison, maturité des feuilles et surtout maîtrise de la transformation influencent énormément le résultat.

FAQ

Thé vert, noir et oolong viennent-ils vraiment de la même plante ?

Oui. Ils peuvent tous être issus de Camellia sinensis. Ce sont surtout les procédés appliqués aux feuilles après récolte qui les différencient.

Quelle famille botanique possède le théier ?

Les Theaceae, la famille des camélias.

Quelles sont les principales variétés botaniques cultivées ?

Principalement Camellia sinensis var. sinensis et C. sinensis var. assamica.

Quelle variété est la plus résistante au froid ?

Var. sinensis est généralement considérée comme plus rustique que les formes de type Assam.

Où le théier est-il originaire ?

Kew donne actuellement une aire native globale allant de l’est de l’Himalaya au sud de la Chine et au nord de l’Indochine. C. sinensis var. sinensis est considérée comme native du sud de la Chine.

Qu’est-ce que l’oxydation du thé ?

Une série de réactions enzymatiques se produisant lorsque les cellules foliaires sont endommagées et que leurs composés phénoliques entrent en contact avec les enzymes et l’oxygène.

Pourquoi le thé vert reste-t-il vert ?

Parce que les feuilles sont rapidement chauffées afin d’inactiver les enzymes et de limiter fortement l’oxydation.

Pourquoi le thé noir devient-il sombre ?

Parce que son traitement favorise une oxydation beaucoup plus poussée, transformant notamment une partie des catéchines en théaflavines, théarubigines et autres produits d’oxydation.

Peut-on planter un théier en France ?

Oui, particulièrement C. sinensis var. sinensis, dans un sol acide, frais mais drainant, à mi-ombre et dans une situation abritée.

Résiste-t-il au gel ?

Un sujet bien établi peut supporter des températures négatives modérées. Kew rapporte des plants ayant survécu à environ –8 °C ; la RHS classe l’espèce H4.

Peut-on le cultiver en pot ?

Oui. C’est même une bonne solution dans les régions aux sols calcaires ou aux hivers froids.

Peut-on faire soi-même son thé ?

Oui, en petite quantité. La RHS propose notamment une méthode domestique simple de transformation de jeunes pousses en thé vert.

Conclusion

Le principe derrière le théier et les différentes variétés de thé est finalement beaucoup plus simple qu’il n’y paraît.

Le thé vert, le thé noir, le thé blanc et l’oolong ne correspondent pas chacun à une espèce botanique différente.

Ils peuvent tous commencer sur le même arbuste : Camellia sinensis.

Ce qui change d’abord est le matériel végétal.

La variété chinoise C. sinensis var. sinensis possède généralement de plus petites feuilles et une meilleure résistance au froid. La variété assamica est davantage adaptée à des climats chauds et fournit une grande partie des thés associés à l’Assam et à d’autres régions tropicales. À cela s’ajoutent une multitude de cultivars sélectionnés par les producteurs.

Puis intervient le terroir.

Altitude, température, pluie, sol et saison de récolte modifient la croissance des feuilles et leur composition chimique. Kew a d’ailleurs montré que cultivars et périodes de récolte produisent des signatures chimiques mesurables différentes.

Mais c’est après la cueillette que le contraste entre vert, oolong et noir devient spectaculaire.

Pour le thé vert, le producteur limite rapidement l’activité enzymatique par chauffage.

Pour l’oolong, il laisse une oxydation partielle se développer puis l’interrompt.

Pour le thé noir, il favorise au contraire une oxydation beaucoup plus complète avant le séchage.

Une seule feuille peut donc suivre plusieurs destins.

Cette réalité est particulièrement facile à comprendre lorsqu’on cultive soi-même un théier.

Sous climat tempéré, Camellia sinensis n’est pas aussi inaccessible qu’on pourrait le croire. La forme sinensis tolère assez bien le froid lorsqu’elle est installée correctement. À Kew, des sujets plantés dehors ont survécu à la neige et à des températures proches de –8 °C.

Pour réussir au jardin, le plus important est de respecter sa parenté avec les camélias :

sol acide, humidité régulière sans asphyxie, lumière filtrée et emplacement abrité.

Une fois suffisamment développé, l’arbuste peut produire de jeunes pousses récoltables.

Le jardinier peut alors réaliser l’expérience la plus instructive : cueillir des feuilles provenant du même plant, en chauffer immédiatement une partie pour produire un thé vert, puis laisser une autre partie s’oxyder davantage avant séchage.

On comprend alors que la couleur du thé dans la tasse n’est pas simplement inscrite dans la plante.

Elle est aussi le résultat d’un savoir-faire appliqué après la récolte.

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