Comment le café est devenu une institution à Paris

Le caféier est une plante tropicale africaine. Pourtant, quelques siècles après l’arrivée de ses graines torréfiées en Europe, son nom désigne aussi l’un des lieux les plus caractéristiques de la vie parisienne : le café.

Cette transformation commence bien avant les terrasses modernes. Coffea arabica, l’espèce à l’origine d’une grande partie du café consommé dans le monde, est native d’Afrique orientale, notamment du sud-ouest de l’Éthiopie. Kew situe son aire naturelle principalement dans les forêts montagnardes d’Éthiopie, avec une extension naturelle vers le Soudan du Sud et le nord du Kenya.

À Paris, la boisson est déjà connue de quelques voyageurs et particuliers avant 1669. Cette année-là marque néanmoins un tournant : la réception de l’émissaire ottoman Soliman Aga auprès de Louis XIV contribue fortement à mettre le café à la mode dans les milieux parisiens. Quelques décennies plus tard, un établissement va transformer cette nouveauté en institution sociale : le Procope, fondé en 1686, date confirmée par Paris Musées, la Ville de Paris et l’établissement lui-même.

L’histoire du café à Paris est donc à la fois botanique, commerciale et culturelle. Elle commence dans les forêts africaines, passe par le monde arabe et les réseaux marchands méditerranéens, puis aboutit à ces salles parisiennes où l’on vient non seulement boire, mais aussi lire, discuter, écrire et débattre.

Sommaire

  1. Le caféier vient-il réellement d’Éthiopie ?
  2. Comment le café devient-il une boisson avant d’arriver en France ?
  3. Quand le café arrive-t-il à Paris ?
  4. Pourquoi 1669 constitue-t-elle une date importante ?
  5. Comment naissent les premiers cafés parisiens ?
  6. Le Procope : pourquoi la date de 1686 est-elle la plus solide ?
  7. Comment un débit de boisson devient-il un lieu intellectuel ?
  8. De la cerise de café au grain torréfié
  9. Guide pratique : cultiver un caféier en intérieur
  10. Peut-on récolter son propre café en France ?
  11. FAQ
  12. Conclusion

Le caféier vient-il réellement d’Éthiopie ?

Lorsqu’on parle de « l’origine du café », deux histoires différentes sont souvent mélangées : l’origine botanique de la plante et l’histoire de la boisson.

Pour Coffea arabica, la botanique est relativement claire.

Kew Gardens situe son aire indigène dans le nord-est de l’Afrique tropicale, avec son principal centre naturel dans les forêts montagnardes du sud-ouest de l’Éthiopie. Des populations naturelles sont également signalées au Soudan du Sud et dans le nord du Kenya.

Coffea arabica appartient à la famille des Rubiacées.

À l’état naturel, il peut prendre la forme d’un arbuste ou d’un petit arbre. Ses feuilles persistantes sont vert foncé et brillantes. Ses petites fleurs blanches, souvent parfumées, apparaissent à l’aisselle des feuilles. Elles sont suivies de fruits charnus qui deviennent rouges à maturité et que l’on appelle couramment « cerises de café ». Chaque fruit contient généralement les graines que nous nommons grains de café.

Le nom arabica pourrait laisser croire que l’espèce est originaire d’Arabie.

Ce n’est pas le cas.

L’Arabie, et notamment le Yémen, a en revanche joué un rôle majeur dans l’histoire de sa culture et dans le développement de la boisson avant sa diffusion vers l’Europe.

Comment le café devient-il une boisson avant d’arriver en France ?

Le trajet exact entre les populations sauvages d’Éthiopie et les premières cultures de caféier reste entouré de zones d’incertitude historiques.

Ce qui est beaucoup mieux documenté est le rôle du Yémen et du monde arabe dans le développement de la culture et de la consommation du café.

Kew indique que l’usage cultivé du café arabica s’est très tôt développé au Yémen et que la boisson était déjà bien implantée dans cette partie du monde avant son succès européen au XVIIe siècle.

À partir des ports de la mer Rouge et du Proche-Orient, le café rejoint les circuits commerciaux méditerranéens.

Les marchands vénitiens participent à son arrivée en Europe.

En France, Marseille joue un rôle précoce grâce à ses relations commerciales avec le Levant. Mais la circulation d’un produit entre négociants n’est pas encore la même chose que son adoption dans la vie quotidienne parisienne.

Quand le café arrive-t-il à Paris ?

Il serait trop simple d’écrire : « le café arrive à Paris en 1669 ».

Des témoignages indiquent qu’il était déjà connu de certains voyageurs et particuliers avant cette date.

Un texte historique consacré au café rapporte ainsi que Jean de Thévenot en avait fait connaître l’usage à Paris dans les années 1650. Une source du XIXe siècle citant des travaux plus anciens mentionne même une référence parisienne au café en 1666.

Ce que 1669 représente surtout, c’est un changement d’échelle sociale.

Cette année-là, l’envoyé du sultan ottoman Mehmed IV, Soliman Aga, est reçu en France.

Le Metropolitan Museum of Art, dans ses notices consacrées aux cafetières françaises du XVIIIe siècle, rappelle que sa réception à la cour de Louis XIV contribua à rendre la consommation du café à la mode en France.

Pourquoi 1669 constitue-t-elle une date importante ?

La diplomatie devient involontairement un formidable outil de diffusion culturelle.

Soliman Aga reçoit des visiteurs selon des usages orientaux qui fascinent une partie de la société parisienne. Le café fait partie de cette mise en scène.

L’effet dépasse la simple dégustation.

La boisson acquiert une image nouvelle : exotique, raffinée et associée aux pratiques sociales de l’Empire ottoman.

Les sources anciennes elles-mêmes considéraient déjà 1669 comme une date charnière. Une histoire du café publiée au début du XVIIIe siècle décrit l’ambassade de Soliman Aga comme l’époque véritable de la diffusion du café auprès d’un public parisien plus large.

Il faut donc employer une formulation précise :

Soliman Aga n’a probablement pas fait découvrir le café au tout premier Parisien, mais son ambassade de 1669 a fortement contribué à le mettre à la mode dans la capitale.

Comment naissent les premiers cafés parisiens ?

Une boisson nouvelle ne devient une institution que lorsqu’elle sort progressivement des salons privés.

Au début des années 1670, des vendeurs commencent à proposer le café au public parisien.

Des sources historiques mentionnent notamment un Arménien connu sous le nom de Pascal, qui vend du café à la foire Saint-Germain puis tente d’établir une boutique à Paris. Son entreprise n’acquiert toutefois pas la longévité ni le prestige du Procope.

D’autres établissements suivent.

Le mot « café » finit alors par désigner deux choses à la fois :

la boisson et le lieu où on la consomme.

Cette évolution est décisive.

Le café parisien devient progressivement un espace où l’on peut rester, discuter, consulter des nouvelles et rencontrer d’autres habitués.

Le Procope : pourquoi la date de 1686 est-elle la plus solide ?

Les récits populaires donnent parfois différentes années pour la naissance du Procope.

Pour cet article, la date a été recoupée auprès de plusieurs sources institutionnelles.

Paris Musées indique que le Café Procope a été fondé en 1686.

Le parcours historique officiel de la Ville de Paris donne lui aussi : « Ouvert en 1686 ».

Enfin, le Procope lui-même revendique aujourd’hui une fondation en 1686.

Cette date est donc celle qu’il convient de retenir.

L’établissement est associé à Francesco Procopio dei Coltelli, originaire de Sicile, dont le prénom francisé a donné son nom au lieu.

Situé aujourd’hui au 13 rue de l’Ancienne-Comédie, dans le 6e arrondissement, le Procope devient progressivement bien plus qu’un endroit où boire une tasse chaude.

Comment un débit de boisson devient-il un lieu intellectuel ?

Au XVIIIe siècle, le café parisien appartient pleinement à la vie intellectuelle.

Le Procope se trouve à proximité de lieux de théâtre et attire auteurs, philosophes et gens de lettres.

Paris Musées cite notamment parmi ses habitués Voltaire, Diderot et d’Alembert. La Ville de Paris souligne également son rôle de lieu de rencontre pour les philosophes des Lumières, puis son importance politique pendant la Révolution française.

Le lieu devient ainsi un symbole d’une transformation plus vaste.

Le café n’est plus seulement une curiosité importée.

Il accompagne une nouvelle forme de sociabilité urbaine.

On y vient pour la boisson, mais on y reste pour la conversation.

On y lit.

On y débat.

On y rencontre des auteurs.

Cette association explique en grande partie pourquoi le mot « café » possède encore aujourd’hui en français une dimension sociale que le nom d’autres boissons n’a jamais acquise.

De la cerise de café au grain torréfié

L’histoire parisienne fait parfois oublier que tout commence par un fruit.

Les fruits mûrs du caféier sont récoltés puis débarrassés de leur partie charnue selon différentes méthodes de traitement.

Les graines obtenues — les futurs « grains » — doivent ensuite être séchées et préparées.

Kew rappelle que les graines pâles issues des fruits sont ensuite débarrassées de leurs enveloppes avant leur exportation ou leur transformation. C’est la torréfaction qui produit finalement une grande partie des arômes et de la couleur associés au café tel que nous le connaissons.

Le grain brun présent dans une cafetière parisienne n’existe donc jamais sous cette forme sur l’arbre.

À l’intérieur du fruit, la graine est beaucoup plus claire.

Elle devra parcourir une succession d’étapes — récolte, traitement, séchage, stockage et torréfaction — avant de devenir une boisson.

Guide pratique : cultiver un caféier en intérieur en France

Un caféier peut parfaitement être cultivé comme plante d’intérieur sous climat français.

Il ne faut toutefois pas confondre faire vivre un beau Coffea arabica et produire régulièrement suffisamment de grains pour préparer son café.

Le premier objectif est relativement accessible.

Le second demande beaucoup plus de patience et de conditions favorables.

Quelle espèce choisir ?

Pour une culture domestique, Coffea arabica est l’espèce la plus couramment proposée.

Il s’agit d’un arbuste tropical persistant.

Dans son milieu naturel, il peut atteindre plusieurs mètres. Kew indique environ 2 à 8 m pour l’espèce, tandis que la Royal Horticultural Society donne un potentiel de 4 à 8 m dans des conditions adaptées. En intérieur, la taille et la culture en pot permettent de le maintenir beaucoup plus compact.

Quelle température lui offrir ?

Le caféier n’est pas rustique sous le climat français métropolitain.

La RHS classe Coffea arabica en H1A, c’est-à-dire comme une plante devant rester sous abri chauffé toute l’année, avec des températures supérieures à environ 15 °C dans son système de classification.

Pour une culture d’intérieur, évitez donc :

  • les rebords de fenêtres glacés en hiver ;
  • les courants d’air ;
  • les pièces non chauffées ;
  • les sorties printanières trop précoces.

Une température domestique relativement stable lui convient mieux.

Quelle lumière pour un caféier ?

L’image du caféier poussant sous un soleil tropical brûlant est trompeuse.

Dans son environnement naturel, Coffea arabica est associé aux forêts tropicales montagnardes.

La RHS recommande une lumière en mi-ombre, avec une exposition lumineuse mais abritée du soleil le plus violent.

En appartement français, une fenêtre claire orientée à l’est ou à l’ouest peut convenir.

Un manque important de lumière entraîne souvent une croissance faible et réduit énormément les possibilités de floraison.

À l’inverse, un soleil d’été brutal derrière une vitre peut brûler le feuillage.

Quel substrat choisir ?

Le caféier apprécie un sol riche en matière organique mais correctement drainé.

La RHS recommande sous verre un substrat à base de terreau limoneux, enrichi de matière organique, restant humide tout en évacuant l’excès d’eau.

Le point essentiel est l’équilibre :

le substrat ne doit ni sécher complètement pendant de longues périodes, ni rester constamment détrempé.

Utilisez toujours un pot comportant des trous de drainage.

Comment arroser ?

Pendant la saison de croissance, maintenez une humidité relativement régulière.

La RHS conseille des arrosages plus généreux pendant la croissance et plus modérés en hiver.

Au lieu de suivre un calendrier fixe, vérifiez le substrat.

Lorsque sa surface commence à sécher, un nouvel arrosage peut devenir nécessaire.

Ne laissez pas durablement de l’eau stagner au fond d’un cache-pot.

Le caféier aime-t-il l’humidité de l’air ?

Oui.

La RHS recommande une humidité atmosphérique modérée à élevée et une protection contre les courants d’air.

En hiver, le chauffage domestique peut rendre l’air particulièrement sec.

Éloignez donc si possible la plante des radiateurs.

Un regroupement avec d’autres plantes, une pièce lumineuse naturellement plus humide ou une véranda chauffée peuvent améliorer les conditions.

Faut-il le fertiliser ?

Pendant la période de croissance active, une fertilisation modérée peut accompagner le développement.

La RHS conseille un engrais liquide équilibré pendant la croissance, avec une diminution des apports lorsque l’activité ralentit en hiver.

Évitez cependant de multiplier les doses dans l’espoir d’accélérer la fructification.

Une sur-fertilisation peut endommager les racines sans transformer un jeune caféier en arbre productif.

Quand faut-il rempoter ?

La RHS recommande un rempotage tous les deux à trois ans au printemps lorsque cela devient nécessaire.

Il n’est pas utile de placer immédiatement une petite plante dans un contenant immense.

Augmentez progressivement le volume du pot tout en conservant un bon drainage.

Peut-on le sortir en été ?

Oui, à condition de procéder progressivement.

Un caféier habitué à l’intérieur peut apprécier une période estivale dehors lorsqu’il fait suffisamment chaud.

Placez-le d’abord à l’ombre lumineuse ou sous une lumière filtrée.

Ne le déplacez pas directement d’une pièce intérieure vers plusieurs heures de soleil intense.

Et surtout, rentrez-le avant les nuits froides.

Peut-on récolter son propre café en France ?

C’est possible sous abri, mais cela reste un projet de patience.

La RHS indique qu’un Coffea arabica suffisamment mature peut produire des fleurs blanches parfumées suivies de fruits rouges, généralement après plusieurs années dans de bonnes conditions.

Le caféier arabica possède un avantage pour le jardinier : ses fleurs sont capables d’autofécondation, ce qui rend la fructification théoriquement possible avec un seul individu.

Mais les obstacles restent nombreux :

  • lumière hivernale insuffisante ;
  • air trop sec ;
  • plante encore immature ;
  • température irrégulière ;
  • espace limité.

Même lorsqu’on obtient quelques cerises, elles produisent très peu de café une fois dépulpées, séchées et torréfiées.

La première récolte domestique possède donc surtout une valeur botanique.

Elle permet de voir ce qu’un consommateur parisien ne voit presque jamais : le café est d’abord le fruit d’un arbre tropical.

FAQ

Le café vient-il vraiment d’Éthiopie ?

Pour Coffea arabica, oui : son centre naturel principal se situe dans les forêts montagnardes du sud-ouest de l’Éthiopie. Son aire native comprend également des zones du Soudan du Sud et du nord du Kenya.

Le café est-il arrivé à Paris exactement en 1669 ?

La boisson était déjà connue de certains voyageurs et particuliers avant cette date. En revanche, l’ambassade de Soliman Aga en 1669 a joué un rôle majeur dans sa diffusion et sa mise à la mode auprès de la société parisienne.

Quand Le Procope a-t-il ouvert ?

En 1686. Cette date est confirmée par Paris Musées, la Ville de Paris et l’établissement actuel.

Le Procope est-il vraiment le plus ancien café de Paris ?

Il est traditionnellement présenté comme le plus ancien café parisien encore associé à cette histoire. D’autres vendeurs de café existaient auparavant à Paris, mais leurs établissements n’ont pas connu la même continuité historique.

Voltaire fréquentait-il réellement Le Procope ?

Oui. Paris Musées et la Ville de Paris le citent parmi les figures associées au lieu, avec notamment Diderot et d’Alembert.

Peut-on planter un caféier dans son jardin en France ?

Pas durablement en pleine terre dans la plupart de la France métropolitaine. Coffea arabica est une plante tropicale sensible au froid. La culture en pot sous abri chauffé est beaucoup plus adaptée.

Le caféier a-t-il besoin de plein soleil ?

Non. Une lumière abondante mais filtrée convient mieux. La RHS recommande une situation de mi-ombre et un emplacement abrité.

Peut-il fleurir dans un appartement ?

Oui, lorsqu’il devient suffisamment mature et dispose de bonnes conditions de lumière, de chaleur et d’humidité. Cela n’est toutefois pas garanti dans un logement ordinaire.

Les « grains » de café sont-ils réellement des grains ?

Botaniquement, ce sont les graines contenues dans les fruits du caféier. Les fruits rouges sont couramment appelés cerises de café.

Conclusion

L’histoire du café à Paris commence très loin des boulevards de la capitale.

À l’origine se trouve Coffea arabica, un arbuste des forêts montagnardes d’Afrique orientale dont le principal centre naturel se situe en Éthiopie.

La plante est cultivée hors de son aire naturelle, notamment dans le monde arabe, et ses graines torréfiées deviennent une boisson avant de gagner les routes commerciales européennes.

À Paris, le café était connu avant 1669, mais l’arrivée de Soliman Aga auprès de Louis XIV cette année-là lui apporte une visibilité sociale extraordinaire. Servie selon des usages ottomans qui fascinent une partie de la cour, la boisson passe progressivement du statut de curiosité exotique à celui de mode.

Des marchands commencent ensuite à la vendre au public.

Puis vient 1686.

Cette date est solidement établie pour l’ouverture du Café Procope par plusieurs institutions historiques parisiennes. L’établissement devient au siècle suivant un rendez-vous associé aux écrivains et philosophes des Lumières, puis un lieu politique marquant pendant la Révolution.

Le changement est considérable.

Le mot qui désignait une boisson finit par désigner un lieu.

Et le lieu finit par devenir une institution sociale.

Aujourd’hui encore, cultiver un caféier chez soi permet de remonter cette histoire en sens inverse. Avant le comptoir, avant la tasse et avant la torréfaction, il existe une plante tropicale aux feuilles brillantes, aux fleurs blanches parfumées et aux fruits rouges contenant les graines que nous appelons café.

Sous climat français, Coffea arabica se cultive surtout en intérieur ou en serre chauffée. Il demande une bonne luminosité sans soleil excessif, une température douce, une atmosphère relativement humide et un substrat restant frais sans être détrempé.

Obtenir quelques fruits est possible avec de la patience.

Produire son café quotidien ne l’est guère dans un appartement.

Mais voir mûrir une seule « cerise » rouge sur un caféier cultivé depuis plusieurs années suffit déjà à rappeler l’essentiel : derrière l’une des institutions les plus parisiennes se cache une plante qui, elle, reste profondément tropicale.

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