Dans un jardin provençal, un vieux figuier peut offrir une surprise que tous les arbres fruitiers ne partagent pas : certaines variétés sont capables de produire deux récoltes distinctes dans la même année. Une première vague arrive au début de l’été avec les « figues-fleurs », puis une seconde apparaît à la fin de l’été ou au début de l’automne.
Ce phénomène ne concerne pas tous les figuiers. Les variétés dites bifères portent deux générations de fruits, tandis que les variétés unifères n’en produisent généralement qu’une seule. La différence tient surtout à l’endroit et au moment où les figues se forment : les figues-fleurs de la première récolte passent l’hiver sur le bois de l’année précédente sous forme de petites structures déjà initiées, alors que la récolte principale se développe sur les pousses de l’année en cours.
Le climat méditerranéen de Provence favorise particulièrement les variétés bifères. Les hivers relativement doux permettent aux futures figues-fleurs de survivre, tandis que la longue saison chaude donne à la seconde récolte le temps de parvenir à maturité. Mais « deux récoltes » ne signifie jamais deux productions garanties : un gel tardif, une taille mal placée, une sécheresse sévère ou une variété mal adaptée peuvent supprimer la première ou retarder la seconde.
Le figuier à deux récoltes est donc un excellent exemple de la manière dont biologie, variété et climat travaillent ensemble.
Sommaire
- Qu’est-ce exactement qu’un figuier ?
- La figue est-elle vraiment un fruit ?
- Pourquoi certaines variétés donnent-elles deux récoltes ?
- Qu’est-ce qu’une figue-fleur ?
- Comment se forme la deuxième récolte ?
- Figuier unifère et bifère : quelle différence ?
- Pourquoi la Provence favorise-t-elle la biférité ?
- La tradition du figuier en Provence
- Le cas particulier de la Figue de Solliès
- Comment choisir une variété adaptée ?
- Guide de plantation
- Arrosage, taille et entretien
- Comment préserver les deux récoltes ?
- FAQ
- Conclusion
Qu’est-ce exactement qu’un figuier ?
Le figuier commun porte le nom scientifique Ficus carica.
Il appartient à la famille des Moracées, la même famille que les mûriers.
C’est un arbre ou grand arbuste caduc, originaire d’une vaste région méditerranéenne et proche-orientale. Il développe un système racinaire puissant, une couronne souvent large et des feuilles profondément lobées, rugueuses au toucher.
Son bois est relativement tendre.
Les rameaux contiennent, comme beaucoup de Ficus, un latex blanc qui apparaît lorsqu’ils sont coupés.
Mais la caractéristique la plus extraordinaire se trouve dans ce que nous appelons sa « figue ».
La figue n’est pas un fruit ordinaire
Botaniquement, la figue n’est pas un fruit simple comparable à une pêche ou une cerise.
C’est un sycone : une structure charnue creuse portant sur sa face interne un très grand nombre de minuscules fleurs.
L’ouverture située à l’extrémité de la figue s’appelle l’ostiole.
Chez les formes sauvages et certaines variétés cultivées, cet orifice joue un rôle essentiel dans une relation remarquable avec un minuscule insecte pollinisateur, le blastophage, Blastophaga psenes.
Toutes les variétés cultivées en France n’ont cependant pas besoin de cette pollinisation pour faire mûrir leurs figues.
De nombreuses variétés dites de type commun sont parthénocarpiques : elles peuvent produire des figues consommables sans fécondation.
Cette distinction devient importante lorsqu’on choisit un figuier pour son jardin.
Pourquoi certaines variétés donnent-elles deux récoltes ?
La réponse se trouve dans le calendrier de formation des figues.
Chez une variété bifère, deux générations différentes peuvent arriver à maturité pendant la même année.
Première génération : les figues-fleurs
Elles sont portées par le bois de l’année précédente.
Elles ont commencé à se former tard dans la saison précédente, mais n’ont pas eu le temps de se développer avant l’hiver.
Elles restent donc sur le rameau pendant la mauvaise saison, sous la forme de très petites structures.
Lorsque les températures remontent au printemps, leur croissance reprend.
Elles mûrissent généralement au début de l’été.
Deuxième génération : les figues d’automne
Elles apparaissent sur les nouvelles pousses de l’année.
Elles se développent progressivement pendant le printemps et l’été avant de mûrir à la fin de l’été ou au début de l’automne selon la variété et la région.
Il ne s’agit donc pas d’un arbre qui « recommence » complètement une fructification après la première récolte.
Les deux productions reposent sur deux générations de figues portées par des bois d’âges différents.
Qu’est-ce qu’une figue-fleur ?
Le terme peut prêter à confusion.
Une figue-fleur n’est pas simplement une fleur visible.
C’est le nom traditionnel donné à la première récolte des variétés bifères.
On la rencontre aussi sous d’autres noms selon les régions et les langues, notamment « breba ».
Ces figues passent l’hiver sur les rameaux de l’année précédente.
Au printemps, elles grossissent rapidement et peuvent mûrir en juin ou juillet dans les régions chaudes.
Elles sont souvent de gros calibre.
Mais leur réussite dépend beaucoup des conditions hivernales.
Un épisode de gel suffisamment sévère peut endommager les jeunes structures et supprimer cette première récolte sans tuer l’arbre.
C’est pourquoi une variété bifère peut théoriquement produire deux fois mais ne donner qu’une seule récolte certaines années.
Comment se forme la deuxième récolte ?
Pendant que les figues-fleurs terminent leur développement, le figuier produit de nouveaux rameaux.
À l’aisselle des feuilles apparaissent progressivement de nouvelles figues.
Celles-ci appartiennent à la récolte principale.
Dans une région bénéficiant d’un été long et chaud, elles ont plusieurs mois pour atteindre leur maturité.
En Provence, elles peuvent mûrir d’août jusqu’au début de l’automne selon la variété, l’exposition et le climat de l’année.
Dans une région plus froide, le problème est différent.
Les figues formées trop tard peuvent ne jamais disposer d’assez de chaleur avant l’arrivée des premières températures froides.
C’est pour cette raison que les variétés bifères donnent leur meilleur potentiel dans les climats aux saisons végétatives longues.
Unifère ou bifère : quelle différence ?
La distinction est fondamentale pour choisir un figuier.
| Type de figuier | Première récolte | Récolte principale | Bois concerné |
|---|---|---|---|
| Unifère | Généralement absente | Fin d’été / automne | Pousses de l’année |
| Bifère | Figues-fleurs, début d’été | Fin d’été / automne | Bois de l’année précédente + bois de l’année |
| Trifère | Exceptionnelle | Plusieurs vagues | Climats très chauds |
Les variétés unifères ne sont pas inférieures.
Dans les régions où les hivers sont froids ou la saison chaude courte, elles peuvent même être plus fiables.
Certaines variétés unifères mûrissent assez tôt pour produire correctement avant l’automne alors qu’une bifère risque de perdre ses figues-fleurs au gel et de ne pas mûrir complètement sa seconde production.
Pourquoi la Provence favorise-t-elle les variétés bifères ?
Le climat provençal réunit plusieurs conditions intéressantes :
- hivers généralement plus doux que dans le nord de la France ;
- beaucoup de soleil ;
- printemps relativement précoces ;
- étés longs et chauds ;
- automnes souvent assez doux pour prolonger la maturation.
Les petites figues destinées à devenir des figues-fleurs ont ainsi davantage de chances de traverser l’hiver.
La deuxième récolte bénéficie ensuite d’une longue période chaude.
Cela explique pourquoi plusieurs variétés bifères sont historiquement associées au sud-est de la France.
La « Noire de Caromb », par exemple, est bien connue comme variété bifère dans les cultures méditerranéennes. D’autres figues traditionnelles du sud peuvent également produire deux vagues selon leur génotype et les conditions.
Mais il faut éviter une généralisation : tous les figuiers provençaux ne sont pas bifères.
Le figuier, un arbre profondément lié à la Provence
La Provence offre au figuier bien plus qu’un climat favorable.
L’arbre fait partie depuis longtemps des jardins familiaux, des bordures de cultures et des vergers méditerranéens.
Sa capacité à produire sur des terrains relativement pauvres une fois bien installé, son ombre généreuse et la forte valeur alimentaire de ses fruits expliquent cette place particulière.
Dans les vieux jardins, le figuier est souvent installé contre un mur, près d’une restanque ou dans un secteur suffisamment profond pour que ses racines trouvent de l’humidité.
Il bénéficie alors de la chaleur accumulée par les pierres et d’une bonne exposition.
Le sud-est français possède aussi une véritable production spécialisée de figues.
La Figue de Solliès : un patrimoine provençal, mais unifère
La plus célèbre production française est probablement la Figue de Solliès, dans le Var.
L’INAO précise que l’AOP concerne la variété Bourjassotte noire, produite dans un territoire délimité de Provence autour du bassin de Solliès. Elle a été reconnue en AOP en 2010.
Cette référence est intéressante parce qu’elle rappelle une nuance importante.
La figue provençale la plus emblématique n’est pas nécessairement un exemple de double récolte.
La Bourjassotte noire, également connue sous différents synonymes régionaux, est généralement considérée comme une variété unifère, récoltée principalement en fin d’été.
La Provence associe donc deux réalités :
des variétés bifères appréciées dans les jardins pour leurs deux récoltes potentielles,
et des variétés unifères remarquables qui concentrent leur production sur une seule récolte particulièrement qualitative.
Comment choisir une variété ?
Avant d’acheter, posez-vous trois questions.
Votre hiver est-il doux ?
Plus l’hiver est froid, plus les figues-fleurs sont exposées.
Si les bourgeons ou jeunes figues hivernantes sont détruits, la première récolte disparaît.
Dans le sud méditerranéen, une variété bifère est donc particulièrement intéressante.
Dans une région plus froide, une variété unifère précoce peut être plus fiable.
Votre été est-il assez long ?
La seconde récolte doit disposer de suffisamment de chaleur.
Une belle exposition au sud ou au sud-ouest peut faire une différence importante.
Avez-vous assez d’espace ?
Un figuier peut former une couronne très large.
Même si son système racinaire peut être contenu en bac ou par certaines contraintes de plantation, il est préférable de penser à la taille adulte dès le départ.
Guide pratique : planter un figuier
Choisir le bon emplacement
Privilégiez :
- le plein soleil ;
- une exposition chaude ;
- un emplacement protégé des vents froids ;
- un sol drainant ;
- suffisamment d’espace autour de l’arbre.
Dans une région située à la limite climatique du figuier, un mur orienté au sud peut créer un microclimat favorable.
La chaleur accumulée pendant la journée est restituée progressivement après le coucher du soleil.
Quel sol ?
Le figuier est assez tolérant.
Il peut pousser dans différents types de terre, y compris sur des terrains calcaires ou pauvres.
Mais pour une bonne production, un sol profond, fertile et correctement drainé reste préférable.
La sécheresse n’est pas sans conséquence.
Un arbre adulte peut survivre à un été sec grâce à son système racinaire, mais un stress hydrique sévère pendant le développement des fruits peut ralentir leur grossissement ou provoquer leur chute.
Quand planter ?
Dans les climats méditerranéens, l’automne est souvent une excellente période.
Le sol reste relativement chaud et les racines peuvent commencer leur installation avant la croissance du printemps.
Dans une région plus froide, une plantation au printemps peut être préférable afin d’éviter qu’un jeune sujet encore fragile n’affronte immédiatement son premier hiver.
Comment planter correctement ?
Creusez un trou plus large que la motte.
Décompactez légèrement le fond et les parois sans créer une fosse remplie d’un substrat totalement différent du sol environnant.
Positionnez l’arbre de manière à ne pas enfouir excessivement son collet.
Rebouchez avec la terre.
Arrosez abondamment après plantation.
Un paillage peut ensuite aider à réduire l’évaporation et la concurrence des herbes.

L’arrosage pendant les premières années
Un figuier récemment planté n’a pas encore développé son immense réseau racinaire.
Il doit donc être surveillé pendant les premiers étés.
Préférez des arrosages profonds et espacés plutôt que de très faibles quantités d’eau chaque jour.
Le but est d’humidifier une quantité importante de sol et d’encourager les racines à explorer le terrain.
Une fois l’arbre bien installé, les besoins diminuent.
Mais un figuier cultivé pour obtenir de gros fruits de qualité ne doit pas être volontairement laissé dans un stress hydrique extrême.
Faut-il fertiliser ?
Une fertilisation excessive, surtout riche en azote, peut favoriser beaucoup de feuilles et de longues pousses au détriment de la fructification.
Dans un sol normalement fertile, il vaut mieux rester modéré.
Un apport de matière organique bien décomposée peut contribuer à maintenir la fertilité et la structure du sol.
L’objectif n’est pas de faire pousser les rameaux le plus vite possible.
Il est d’obtenir un arbre équilibré.
La taille du figuier : attention aux figues-fleurs
C’est probablement le point le plus important pour les variétés bifères.
Rappelons le mécanisme :
les figues-fleurs poussent sur le bois de l’année précédente.
Si vous supprimez en hiver toutes les extrémités de ces rameaux, vous pouvez retirer en même temps une grande partie de la première récolte.
Une taille sévère annuelle est donc rarement nécessaire.
Retirez surtout :
- bois mort ;
- branches cassées ;
- branches qui se croisent fortement ;
- rejets gênants ;
- quelques branches si la couronne devient réellement trop dense.
La taille doit être réfléchie en fonction du type de fructification.
Peut-on provoquer davantage de figues avec une forte taille ?
Pas automatiquement.
Une taille sévère provoque souvent une réaction végétative importante.
L’arbre produit beaucoup de nouveaux rameaux.
Ces pousses pourront éventuellement porter des figues de seconde saison, mais vous aurez supprimé le bois qui portait les futures figues-fleurs.
Une taille excessive peut donc transformer temporairement un figuier bifère en arbre ne donnant pratiquement qu’une récolte.
Comment préserver deux récoltes ?
Il faut réunir quatre conditions.
1. Une variété réellement bifère
Aucune technique ne transformera durablement une variété unifère en bifère.
2. Un hiver assez doux
Les futures figues-fleurs doivent survivre sur le bois de l’année précédente.
3. Ne pas supprimer ce bois
Une taille hivernale trop sévère retire la première récolte.
4. Une saison chaude suffisamment longue
La seconde vague doit avoir le temps de mûrir.
Ainsi, la double récolte n’est jamais le résultat d’une seule « astuce ».
C’est la conséquence de l’interaction entre génétique, climat et conduite de l’arbre.
Le figuier a-t-il besoin d’un pollinisateur ?
Cela dépend du type variétal.
De nombreuses variétés cultivées dans les jardins français appartiennent au type commun et peuvent produire leurs figues par parthénocarpie.
Elles ne nécessitent donc pas la présence d’un caprifiguier et du blastophage pour donner une récolte.
D’autres types de figuiers, notamment certains cultivars traditionnels étrangers, dépendent davantage de la pollinisation.
C’est pourquoi il est important d’acheter une variété adaptée à la région et de vérifier son mode de fructification plutôt que de choisir uniquement sur la couleur du fruit.
Quand récolter les figues ?
Une figue ne continue pas réellement sa maturation comme une pomme stockée plusieurs semaines.
Elle doit être cueillie presque mûre.
Les signes utiles sont :
- fruit devenu souple ;
- changement de couleur selon la variété ;
- pédoncule qui s’incline ;
- figue qui pend davantage ;
- peau plus fine et tendue ;
- parfois apparition d’une goutte sucrée à l’ostiole.
Une figue encore dure et cueillie trop tôt n’acquerra pas la même qualité.
À l’inverse, une figue très mûre est fragile et se conserve peu de temps.
C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles les figues fraîches de jardin possèdent souvent une saveur remarquable : elles peuvent être consommées à un degré de maturité difficilement compatible avec le transport commercial.
FAQ
Pourquoi certains figuiers donnent-ils deux récoltes ?
Parce que les variétés bifères peuvent faire mûrir une première génération de figues sur le bois de l’année précédente puis une deuxième génération sur les pousses de l’année en cours.
Comment appelle-t-on la première récolte ?
Les figues-fleurs, également appelées brebas dans d’autres régions.
Quand mûrissent les figues-fleurs ?
Généralement au début de l’été, souvent en juin ou juillet dans les climats chauds.
Quand arrive la seconde récolte ?
En fin d’été ou au début de l’automne selon la variété, la région et les conditions de l’année.
Tous les figuiers donnent-ils deux récoltes ?
Non. Les variétés unifères ne produisent généralement qu’une récolte principale.
Une variété bifère donne-t-elle obligatoirement deux fois par an ?
Non. Le gel, une taille sévère ou un climat trop court peuvent supprimer la première ou empêcher la seconde d’arriver correctement à maturité.
Pourquoi les régions froides sont-elles moins adaptées aux bifères ?
Les figues-fleurs passent l’hiver sur les rameaux. Elles sont donc exposées au froid. La seconde récolte peut également manquer de chaleur avant les premières gelées.
La Figue de Solliès donne-t-elle deux récoltes ?
L’AOP Figue de Solliès est issue de la Bourjassotte noire, variété emblématique du Var. Elle est principalement cultivée comme figue de récolte de fin d’été et n’est pas l’exemple classique d’une variété bifère.
Faut-il beaucoup tailler un figuier ?
Non. Une taille légère suffit généralement. Chez une variété bifère, supprimer trop de bois de l’année précédente peut détruire les futures figues-fleurs.
Peut-on planter un figuier hors de Provence ?
Oui. Le figuier peut être cultivé dans de nombreuses régions françaises, à condition de choisir une variété adaptée au climat et un emplacement chaud et protégé.
Peut-on cultiver un figuier en pot ?
Oui, surtout avec une variété au développement modéré. Le pot limite toutefois le volume racinaire, ce qui impose davantage de surveillance concernant l’eau et la nutrition.
Conclusion
Le phénomène du figuier à deux récoltes paraît presque mystérieux tant qu’on imagine que toutes les figues se forment de la même manière.
La réalité est beaucoup plus logique.
Chez une variété bifère, la première récolte et la seconde n’appartiennent tout simplement pas à la même génération de pousses.
Les figues-fleurs commencent leur développement sur les rameaux de l’année précédente. Elles passent l’hiver sous une forme très réduite puis reprennent leur croissance au printemps pour mûrir au début de l’été.
Pendant ce temps, de nouveaux rameaux apparaissent.
Ils portent une autre génération de figues qui mûrit plus tard, généralement en fin d’été ou en automne.
Ainsi, sur un même arbre, deux calendriers se superposent.
C’est précisément pourquoi la Provence offre des conditions particulièrement favorables aux variétés bifères.
Les hivers relativement doux protègent mieux les futures figues-fleurs, tandis que les étés longs et ensoleillés permettent à la deuxième récolte d’achever son développement.
Mais le climat n’est pas le seul facteur.
La variété doit être bifère.
La taille doit respecter le bois de l’année précédente.
L’arbre doit disposer d’assez d’eau pour maintenir une croissance équilibrée.
Et la saison doit rester suffisamment longue pour permettre aux dernières figues de mûrir.
Cette logique explique aussi pourquoi deux jardiniers cultivant théoriquement la même variété peuvent ne pas obtenir le même résultat.
Un figuier installé contre un mur chaud à Avignon pourra produire deux vagues bien distinctes.
Le même cultivar dans une région où les gels de printemps sont fréquents pourra perdre ses figues-fleurs et ne donner qu’une seule récolte.
Le cas provençal ne se réduit toutefois pas aux variétés bifères.
L’AOP Figue de Solliès, issue de la Bourjassotte noire, montre qu’une variété unifère peut être tout aussi remarquable. L’INAO souligne l’importance du terroir varois et du savoir-faire local dans la qualité de cette production reconnue.
L’intérêt d’un figuier ne se mesure donc pas simplement au nombre de récoltes.
Le bon choix est celui qui correspond au climat du jardin et à l’usage recherché.
Dans une région méditerranéenne, une bifère permet de commencer à récolter tôt puis de retrouver des fruits plusieurs semaines plus tard.
Dans un climat plus court, une bonne variété unifère précoce peut offrir une récolte plus régulière.
Pour le jardinier, le principe à retenir est finalement très simple :
si l’on veut deux récoltes, il faut préserver deux générations de bois.
C’est toute la singularité du figuier bifère : une partie de la récolte de l’année prochaine est déjà discrètement présente sur l’arbre avant même que l’hiver ne commence.